‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1033 sur 1158 · iJer Tauclier, 1S · texte numérisé non relu

iJer Tauclier, 1S

li. La bien-aiinée absente {A>t die ferilf Oeliebte).

J3. Du pécheur, dumatelot, du laboureur, du pâtre, du voyageur, etc.

insroiiiK nt: la miskiie

XIX" SIECLE

ALLEMAGNE lim"

I>a;.'iu'iiienls sont tantôt tns simples, tantôt remarilu.iMcinfint ouvraviés, ci; qui t'Iait du nonveaii et les faisait rojctiT par les (•ditcnis roinnie trop difliciles. Iltant donnée la rapiililt'; de coniposilion de ces centaines de paf,'es, on est émerveillé d'y trouver si peu de II lAclié >i dans la facture. Les clian;;emi'nts de ton paraissent quelquefois trop fréquents, mais Scliubert sait aussi en tirer ses plus beaux elTets, ainsi ((ue des lialanremenls caractéristiques entre les deux modes. Il emploie les octaves de renforcement avec goût, varie ricliemenl ses basses; il n'a besoin ni d'arlilices conlrapuntiques, ni île rappels de motifs, ni de rytlimus i-lievaucbés pour oiner sa palette îles couleurs les plus vives et des nuances les pluslines, traduisant daiK sadiveisité la i)rodii:ieuse mêlée de sentiments qui avait bouillonné dans les cieurs de plusieurs génélatiotis de poètes.

Scbiibert (et bien d'antres maîtres après lui) s'est chargé de pr-ouver que le texie d'un bon Lied musical n'est pas chose iliflicile à découvrir. Il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'un poème d'opéra, requérant l'adresse et la vivacité scéniques sui- lesquelles l'habitué des théâtres ne transige pas, fiM-il par ailleurs le plus patient auditeur de cantates et d'oratorios.

(jrand compositeur vocal et grand symphoniste (ainsi qu'on le verra dans la suite de cette éludel, Scluihert fut nalurellemenl hanté par l'idée de réussir dans le genre puissant que ses modèles, (iluck, Mozart, Spontini et son maître Salieri avaient illustré. Mais c'est à Weber que devait revenir l'honneur d'intioniser le romantisme sur la scène. Lorsque le Frei/sclititz fut salué avec enthousiasme par les fierlinois en 1S2I, Schubert n'avait encore produit que des pièces d'un caraclère léger — opéiette ou Sim;spihl'. — Il travaillait, il est vrai, à un opéra en trois actes. Alffinsn nncl Estrflla,qm eut une étrange destinée. Terminé en 1822, il ne fut acceplé ni à Berlin ni à Gratz. Trente-deux ans plus tard, Liszt le moula à Weimar, sans grand succès; et après un nouvel intervalle, de vingt-cinq ans cette fois, cet opéra trouva une certaine faveur auprès du public allemand-, grâce au remaniement complet du libretto de Schober, opéré par le Capellmeisler Fuchs.

En 1823 Schubert redoubla ses elTorts du côté du théâtre. 11 ne lit pas moins de trois tenlatives, malheureusement vaines. La première fut un mélodrame' appelé die Verscliirùreiu'ii.'. Cet acte — une adaptation française, par Castelli — eut un sort analogue à celui tVAIfomo; il ne connut la r'ampe qu'en 1861, à Vienne, puis il fut joué à Francfort, Salzbourg, même à Paris^ et en Angleterre^.

Knsnile Schubert composa un drame « héroïcoromantique », de Kupelwieser, intitulé Fi'vabms, suffisant pour justifier à lui seul toutes les attaques de Wagner contre les livrets de l'ancienne école". Fi'er- (ibras resta dans les cartons du maître, qui avait pris la peine de l'illustrer d'un millier de pages de partition !

1. Sorte de vauileville dans lequel la musique n'a qu'un rôle ^pisodique, ne concourant pas à la psychologie des caractères ni au dénouement.

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