‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1034 sur 1158 · En 1868, sous ce titre : la Croisatle di's dames · texte numérisé non relu

En 1868, sous ce titre : la Croisatle di's dames

6. En 1875, au Cristal l'alace, sous ce titre : TUe Conspirators.

Kn l'aulomne de celle année i82:t, Weber élait venu h Vienne avec sa cnllaboralrice, la poétesse llelmine de Clié/.y, auteur de l.i lé^'ende i\' lùdi/iiiithc. Celle pièi-e tomba, an Karnllierlhortliealer", dés la troisième représentation. Ilelmiui! do Cliézy, bénéllciant d'un froissemeut qui avait surgi entre Seliiibert et \\eber avec qui elle était au plus mal, sut-elle persuader au jeune Franz que le théâtre allemand pouvait prenilre, avec elle et lui, une revanche'.' C'est probable, car deux mois plus tard le théâtre rival an der Wien montait lioscmnnde princesse de Ciiijpre, pièce empruntée à la niémi; collection de fabliaux i\\i'Euri/aiitlif. Les importants mélodrames de Schubert ([dusieurs de ces morceaux inspirés sont devenus célèbres au concerli ne sufllreut [loint h sauver Uosnivinile, dont l'alTabulalion parut invraisemblable et ennuyeuse. Ils donnent setiliMnent à penser combien il est regreltalde que Silinbert n'ait jamais rencontré un dramaturge capable de lui olfiir des occasions dignes de soti génie. Peut-ftre manquait-il de la compréhension dramatique nécessaire pour ne pas prodiguer son art à quelque chose de médiocre'; mais il faut aussi constater'" que la situation modeste et elfacée de Schubert limita singulièrement son choix et ne lui permit guère d'avoir recours qu'à des collaborateurs ine.xpérimenlés.

Fn ce temps-là, un seul poète, à Vienne, possédait l'intelligence scénique : c'était (irillparzer". Schubert ne paraît l'avoir connu que sur le lard. Crillparzer lui fournit en 1827 un poème d'oratorio : ^■ Chant de victoire de Miriam'-, pour soprano et chœur avec un simple piano d'accompagnement. Cet ouvrage, de modestes proportions, est peu connu. L'instrumentalion terne de E. Lachner n'est pas faite pour lui ouvrir 'accès des concerts sympboniques. L'n autre oratorio, écrit en 1820, Lazarus, est malheureusement resté inachevé.

Schubert avait débuté à 17 ans dans la symphonie chorale avec une messe qui avait été une des premières annonces de son génie. Il a laissé cinq autres messes et un certain nombre de pièces religieuses d'un style expressif, mais d'un coloris sensualiste par opposition aux blanches ferveurs des anciens maîtres. La couleur est bien la constante caractéristique de l'ère musicale moderne. Le premier, Beethoven la découvre et s'en grise; il trempe son pinceau dans la gloire des soleils tragiques, mais il laisse à son successeur la rêverie des aubes, des lueurs lactées et des reflets lutiaires; Schubert en imprègne ses ensembles vocaux : psaumes, alléluias, chœurs d'anges et d'esprits, cantiques au printemps, au matin, hvmnes exprimant l'allégresse de l'amour et de la nature, le mystère de la mort et de la nuit.

Schubert s'est contenté d'esquisser l'accompagnement instrumental de la plupart de ses chœurs au moyen du piano'', qu'il sut employer — ainsi que tous les gratids compositeurs — tantôt comme une ébauche, tantôt comme une réalisation complète de

7. Dictionnaire de Grove, article ScHcarBT. .S. Ttiéàtrc de la [)Orle de Carintliie.

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