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Plusieurs ont été orchestrés ultérieurement par Spina

sa pensée. Il dota le piano à quatre mains d'une ànie. Ses mnrclics héroir/ues\ son divertissenictit homjro'm, son grand duo, en sont la preuve. Ce dernier morceau, (jui a lout le caractère d'une symphonie, fut orchestré plus lard par Joachim.

Schubert n'eut ni le temps ni le souci d'être virtuose. Il jouait du violon en quartetlisle, et du piano avec un toucher chantant et assez de technique pour exprimer la fougue de ses œuvres. Son plaisir était d'improviser des danses nationales-, dont plusieurs albums furent publiés. Schumann les appelle u une erreur esthéticjue »■', lUibinstein les admire*, et Liszt donna de plusieurs d'entre elles-' une Iraiiscriplion étoffée. Ces délassements comptent peu dans l'u'uvre de Schubert, mais ils nous permettent une lois de plus de noter son penchant romantique pour la veine populaire. Avant été appelé, à deux reprises, à vivre eu Hongrie, il reçut de la musique magyare une impression que plusieurs de ses œuvres répercutèrent'.

On rapporte qu'à l'âge de 13 ans Schubert s'écria un jour : « Que peut-on faire ajirès Beethoven? » Il était, certes, impossible de le dépasser dans le domaine delà musique purement instiumenlale. Aussi voyons-nous la sonate romantique décliner de l'altitude beethovenienne. Schubert ne renonça point h en écrire; son catalogue compte une vinglaine de sonates, dontdix ont été répandues par l'édition Peters. Exception faile pour quelques mouvements séparés, on y Irouve de la monotonie engendrée par des thèmes sans relief, des répétitions, des triolets bavards et un abus d'octaves lourdes, plaquées ou brisées. Il faut cependant mettre hors de pair le n" 10 en si U, composé en 1828. Ici on ne peut que louer la qualité des sujets, la sobriété des développements, la clarté des encbainemenis harmoniques et rythmiques. Celte sonate ne sufhrail pas à investir Schubert d'une place importante dans l'histoire du piano, mais des pièces d'un caractère libre ont su la lui conquérir. Je ne veux pas parler des Fantaisies, d'un éclat un peu tendu, mais de ses Itnpromptm et de ses Moments miisicaiix. On y sent battre le cœur du musicien poète, tour à tour rêveur ou passionné, enjoué, sombre ou mélancolique. Schubert avait la main particulièrement heureuse quand il écrivait de nonchalants scherzandossur une petite allure de marche à deux temps". IJans ce genre, le célèbre monient manical en fa mineur, op. 94, n° 3, est un chef-d'œuvre; et puisque j'en suis aux citations, je ne puis me défendre d'évoquer ici l'impromptu n" I en ut mineur (op. 90). Jamais avant Schubert l'espoir et la résignation n'avaient été traduits, au clavier, de celte manière sublime. Par la façon dont il sut concentrer une vive impression dans un court mouvement, Schubert se montra réellement novateur : il ouvrit la voie où Mendelssohn, Schumann, Chopin, Heller, s'avenlurérent à sa suite, si poétiquement.

Si Schubert ne logea point son génie dans la so-

1. Auxquelles il faut ajouter les mai'clii;^ mUitairt-s et les marchf.^ earactfristiques.

t. KcnsSiiises, valses allemandes, I.œndler autrichiens.

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