Kubinstein, ouvrage précité
iiisroinE nii la musiqvi-:
ion»
nnliiie los li'S^iliires, lioiilevoisi! li's rvllinies, ciitre- <iui|ii' sii traiiii' iiolviiliDriiqiifi de siliiiccs fiL'iliaiix vX lii/.anos. Scliiiln'i'l as|iii'e toujours ii la plLMiilmli' sonoio, il ri'slo dans li'S limilus de ri;loi|Ui'iici' liiiinaiiie, un jii'u oiatoiie, avec une teinte de bonlnnnie et nn penchant quasi enlanlin poiu' les réeils léf^eiitlalics dans lesquels il sY'Coute parler. C'est la nionaio d'argent ([u'il lui faut payer au ronianlisnie, après avoir eminunlé tout son or. Kcoute/.-la clairement tinter sous l'archet de Schuppan/.i;;li', soit que ce faraud violoniste doinie la réplii|ue aux belles mélodies de VovIikh-, soit ([u'il conduise le iiwiUior fil In iiiiiii'iir^, ou le solennel et dramatique qiiinlcllf dans lequel Schubert revient à la disposition des deu.\ violoncelles'', tant usilée ]iar lioccherini.
l'eu de jiénies ont eu plus de choses à dire que Schubert, et nul n'a écrit autant que lui pour soi seul. De là vient son intensité poétique, libre de toute extériorilé, dé^aj;ée de tous arlilices esthétiques tels <|u'inf;éiiieuses recherches de thèmes, piquants Tuf^atos ou mélanf^es de rythmes. La l'orme extérieure est celle de Haydn, le ton mélodique égale Mozarl, les oppositions de luumces prollteiil de l'école de lieethoven, les surprises de modulation et d'orchestration sont absolument personnelles et d'un pathétique qui emporte tout.
Expression culminante d'une race dans laquelle le f;énie musical est pour ainsi dire à l'état endémique, Schubert éijuisa son énerfjie totale en quinze années d'intense labeur. Lorsqu'il mourut, à 31 ans, il était encore presque inconim. Ce lurent certainement ses lieder qui, en pénétrant dans les salons musicaux, attirèrent l'attention sur l'autre pailie de ses œuvres, f;ràce à laquelle nous pouvons saluer en lui un des musiciens les plus complets qui aient existé.
L'art perdit ici de grandes richesses, Et des espoirs plus grands encore,
écrivit Grillparzer sur la pierre tombale de Schubert. J'aimerais y voir ajouter ces simples vers d'un de ses poètes favoris, llœlty, fauché comme lui dans sa fleur :
du redliclies Jilnslins
Waruni Ijarg dich die Gruft so frUh'?
Weber et l'opéra roniaiitiqno.
i< En 1807, la paix de Tilsitt avail mis l'Allemagne sous le pied de Napoléon... Longtemps immobile sous le bâillon, elle se redressa un beau jour, sombre, frémissante, armée... On vit une nation entière debout sous les armes. Fonctionnaires, artisans, bourgeois, nobles, paysans, professeurs, artistes, marchaient côte à côte... Dans les tavernes on ne chantait que des refrains belliqueux, dans les villages on ne jouait que des fanfares de guerre... Des nuages où elle s'étail perdue la poésie descendit un beau jour comme un coup de foudre sur le champ de bataille pour remplir les soldats de son feu sacré. C'est alors qu'apparut la supériorité du Lied... Portés sur les ailes de la mélodie, des chants simples et vigoureu.x
1. L'interprète favori de la musique de cliainbrc de Beellioven et de ScIiuLert.
2. Daté de 1824, l'un des meilleurs, avec le quatuor en rc inij/eitr (18251 el celui en sol viajfw (1^26).
3. En général nioins heureuse que celle des deux altos, choisie par Beethoven. Mais Schubert se garde d'alourdir sa base harmonique, grâce à sa précaution tl'6crire un des violoncelles dans son registre aigu, procédé dont il était couluniier. ainsi qu'on peut le remarquer dans ses deux jolis trios avec piano, op. 91) et lUO, écrits l'année précédente (en i827).
altei^njaieiit les esprils les plus ignorants, car ils jiarlaient à tous la même iannue primitive, la langue tiuivcrselle à jainais vii-toi'ii'usi- de la musi(|ue. >>
l.e vaillant poetr 'l'hcodor Korner se lit l'éclio de cette <'ll'ervescence si bien décrite par M. lidouard Schuré". iNouveau 'l'yrtée, il s'engagea dans les chasseur» noirs et tomba en 1813 sui' le champ de lialaille de (îadehusch. Lu musicien di! iH ans s'offrit alors pour vengera son tour tous ceux (pii soulhaient de l'oppression na|ioléonienni!. Il ramassa la lyre de Kùrner, l't, l'ayanl arcoiilée sur un mode [dus ample, il s'en .siM-vit pour attiser le goiU de la liberté dans le cujur de tout un peuple. Ci-t homme de ■.■énie n'était aiilre ipie le luliir auleur ilu Ficiscliiilz, Karl-Maria von "Weber.
iNé à Eiitin, en ITSiJ, il mena une vie aussi agitée et brillante ipie celle de Schubeit fut concentrée et monotone. Après avoir suivi l'enseignement de Michel Haydn, puis la discipline sévère et métiiodique de l'ubbé Vof;ler'',il devint capollmeisterà ltreslau,Stuttgait et l'rague. l'iauiste admiié, chef d'orchestie des plus compétents, il lit applaudir à Carlsruhe, Mannhelm, Darmstadt, etc., ses compositions pour piano et ses pièces de clarinette; à iMtinich et à Berlin, ses opéras Aboti-Hassim' et Silvana*. A Stuttgart il partagea les ébats de toute une jeunesse dissolue, parmi laquelle son titre de Freiherr» le lit accueillir; mais d'autre part il fréquenta en mainte occasion des hommes émiiients tels que Voss, Hoclilit/., Wieland, TiecU, Brentauo, Iloll'mann et Jean Paul, Siiolir et Beethoven.
Inikiencé par la nouvelle poésie romantique, Weber fit une élude approlondie du VolUslied, et il médita bientôt d'en tirer parti sur la scène, d'en rafraîchir le théâtre qui parlait italien depuis la mort de Mo- •/.art, malgré l'elfort superbe, unique et incompris de Beethoven'".
Le singspiel Silvana n'avait eu à Berlin qu'un demisuccès. Les nouveautés saillantes de cet opéra avaient passé presque inaperçues, et cependant il était construit sur un sujet attrayant", médiéval et romantique, avec des situations simples et forles; l'illustration musicale en était juste et bien graduée, il n'y manquait ni abondance mélodique, ni puissance dans la comédie, ni grâce dans le pathétique. La caractérisation des personnages était fermement dessinée dans l'orchestre. Mais l'attention du public était ailleurs. C'est vers le chantre de la guerre de libération qu'elle se tourna sans efl'ort. Ainsi Weber, qui n'avait en lui aucun esprit d'intrigue, n'eut qu'à se laisser aller aux courants d'émotion dont chaque artiste est le sensitomètre, et il trouva les magnifiques hymnes de la liberté de Lcier und Schuert^-. Et lorsque la tyrannie fut définitivement écrasée à Waterloo, il composa, sous le titre de Kampf und Sieg", une retentissante cantate qui est un véritable poème symphonique avec chœur, une fresque mouvante remplie d'éléments qui trahissaient déjà le don instrumental le plus rare el le tempérament dramatique le plus siîr. Celte cantate dépeint d'abord la stupeur, la
4. " Loyal jeune homme, pouri|aoi la tombe s'csl-ellc sitôt fermée sur loi'? »