N» 85 (Y. 1. t., liv. 62, f, i v
ESr.YCLOPÈDIE DE LA MIJSIQVE ET DICTIO.WAinE DV COXSEHVATOinE
fabrique encore le tuyau tà-lyii en deux exemplaires semblables, de même circonférence el de même diamètre que le hwàng-tchông; que Ton coupe l'un des exemplaires en deux moitiés et que l'on fasse souffler par deux musiciens dans le tuyau complet et dans le demi-tuyau : il n'y aura pas accord, et au contraire le demi-tuyau tà-lyù sera d'accord avec le tuyau entier hwàny-tchùnc, ou l'écart sera peu considérable. Aussi l'on dit que les demi-lyù sont tous d'un lyû au-dessous des lyû entiers correspondants, n Pour que le lyû de demi-longueur donne l'octave du lyû entier, il faut en effet que la section soit plus petite. A la suite de ces expériences el par divers calculs, le prince fixa la section des lyû exacts. Nous indiquerons plus loin les diamètres établis de la sorte; l'étude îles diamètres ou des sections, plus complexe que celle des longueurs, a moins attiré les musicologues chinois.
<i Le hwàng-tchûng a 9 pouces de long, 0 lignes de circonférence interne; son volume est représenté par 810'. » Tshâi Yuèn-ting remarque ensuite quelques concordances. Le son fondamental est l'expression de l'influx yùng à son début; or les nombres impairs 1, 3, 5, 7, 9 sont yàng et 9 est la perfection du yàng; si le bwcing-tchOng mesure d'une part 9 pouces, d'autre part 9 lignes, ce n'est pas une coïncidence, c'est l'expression même d'une loi. Le hwâng-tchông servira donc de base non seulement à la musique, mais aux poids et mesures; si ces rapports fixés par le Ciel sont exactement observés, les rites et les mesures sont conformes à la nature, le gouvernement sera bon et l'Etat prospère. Pour suivie l'indication providentielle, on applique en général au hwàngtchong et aux autres lyû l'ancien système de mesures attribué à Hwàng ti, l'un des souverains mythiques; le pied let ses sous-mulliples sont divisés en 9; les 9 pouces du hwàng-lchOng forment alors 1 pied et sont divisés en 9 X 0 = 81 lignes. Mais ce système n'est pas toujours suivi; sous les premiers Hân,Seû-mà Tshyên accepte le nombre 81 avec la division décimale; il dit que lehwàng-tchông a 8 pouces l/IO^. Plus tard Lyeoû Hln, qui à la fin de l'ère ancienne el au début de l'ère chrétienne prit une grande part à la restauration des livres classiques, ensuite Tchéng Hyuên divisent le pouce en 10 lignes et trouvent 90 au lieu de 81 ^. Tsbdi Yuên-ling, lui aussi, qui annonce employer le pouce de 9 lignes, n'est pas conséquent en suivant Lyeoû Hîn pour le nombre 810 répondant au volume : il y admet le facteur 10.
La détermination du hwàng-tchûng est de première importance en raison des croyances rappelées plus haut, elle domine l'histoire de la musique en Chine. Pendant plus de dix siècles, les dynasties voulant assurer le bon gouvernement, el par là se perpétuer sur le trône, ont cherché le hwàng-tchûng exact : le nombre des réformes, la chute des dynasties successives montrent que le problème est ardu. Dans les troubles qui ont si souvent suspendu ou terminé l'existence des gouvernements, il est arrivé tantôt que les lyû ont élé détruits, tantôt que la théorie a été oubliée ou obscurcie; dès la pacification, l'un des premiers soins des ministres était de rechercher le