Écrits sur tu mttsique et les musiciens
6. 11 dut apprendre l'anglais spécialement pour celle occasion.
iirsTornE de l\ musique
XIX" SIÈCLE. — ALLEMAGNE l'iTl
ment (lus timlii'os. lirùco à son si^is di; riiistiiiiueMtiUiùn, Wl'Ik'i- fui un dos piincipaiix faclenis do l'rvolulion roinaiiliiini'. Arrivé à point poiu- ouvrir à la foulo les trt^sors de la veine nationali', il l'ut aussi le premier îi donner à l'inspiration lef^cndairo, à la lua^ie des paysages eiicliantés, leur expression la plus idéale, celle de l'orchestre. Coninie autrefois le Danle, il créa sa lan^;ue do toutes pièces, .\vant lui Haydn avait été descriptif, lieetlioven piltniesque. Il Allant plus loin, dit ingénieusement Lavoix lils', Wehei' ne rendit pas seulement la nature et les sensations qu'elle inspire, mais, ressuscitant les dieux qui l'animaient, il créa une nature nouvelle dont les vois ont i|uelque chose d'humain, tout en restant en dehors de l'Iuimanité. » .Vussi dut-il faire appel aux qualités les plus secrètes des tîntes persuasives ou sifllantes, des cors éclatanls ou voilés, des archets mugissants ou plaintifs, des clarinettes angoissées ou mélancoliques-.
Avec Weber, nous voyons la symphonie descendre un degré du trône de la musique puie pour se faire plus dramatiijue et plus pittoresque. Dans certaines pagesdu l'ivUcliiitz, par exemple'', nous avons devant nous une tourmente sonore d'où ne surgit aucune mélodie dominante. C'est une grande nouveauté ; c'est l'avènoment dans l'orchestre de la virtuosité, dangereux fadeur dont actuellement l'antimusicalilé ne coimait plus de bornes.
Il faut en prendre son parti. Avec Weber nous nous éloignons de la musique « linéaire » dont Bach est le dieu et dont Mo/arl, lîeethoven, avaient dit le dernier mol symphonii|nement. Les ouvertures de Weber sont des fantaisies dramati(]ues su|ierbes, de frémissantes prophéties de ce que le poème lyrique contiendra. Certes on peut goûter au concert la beauté de leurs idées, la magie de leur réalisation orchestrale, mais ce ne sont plus, comme l'ouverture d'£(/mont et celle de Fidelio, des symphonies « où passe le souftle d'un drame^ ». La pensée ne se développe pas, elle procède par sauts, par contrastes, par antithèses-', procédé essentiellement romantique et des plus attrayants lorsqu'il est » souligné par l'instrumentation^ ».
C'est bien là d'excellente peinture, mais ce n'est pas du dessin. Nous nous en apercevons lorsque Weber aborde la musique de chambre, ce qu'il lit d'ailleurs avec la plus sage modération. 11 n'écrivit pas un seul quatuor à cordes. Son trio, son quatuor, son quintette, ne sont pas sans intérêt, parce qu'ils mettent en avant les ressources expressives de ses deux instruments favoris, le piano et la clarinette.
A Munich, en 1811, Weber s'était lié avec le grand clarinettiste lîo-rmann, pour lequel il composa deux concertos avec orchestie et trois morceaux avec piano, s'essayant ainsi aux effets et aux traits nouveaux qu'il sut obtenir d'un instrument dont Beellioven n'avait pas découvert toutes les capacités''.
Weber fut un des rois du piano. Mais ici encore c'est par le coloris, le contraste, la chaleur entraînante des idées, qu'il subjugue. Il jouait magnilique-