Dictionnaire de (jrove. article Weber
7. II ne l'employait pas dans son registre grave. Comme exemple du contraire, voyez l'ouverture dal'reisc/iiitZf et suitûut la me^^c en nui de Weber.
ment, parait-il, les sonalesde Heethnven. Les siennes, sans avoir autant de solidité ni d'intériorité, sotil irrésistibles de fougue i.-t de r(>verie". Le célèbre cnuccrlutiivli a plus de maturité tpin les deux premiers concertos écrits eu 1810 et ISII. Weber acheva de le composer le jour de la répétition gi'nérale du Freiscltitlz, dans la plénitude de son talent par conséquent. Comme sa cantate Kaiuiif uiid Sic;/, c'est déjà un iiit(''i'essanl s|)écim(;n d'illtistialion musicale ponctuelle. L'auteur imafiiue une châtelaine assistant au retour di: son«chevalier ipii lui rapporte des croisades, au milieu d'un brill.'int cortège, les palmes de la victoire et de l'amour lidele.
Véritable poi'ine sympboniijue pour piano et orchestre, ce bouillant coiici'ilo'' l'ut le cheval de bataille de [dtisieurs généralioiis de pianistes. En sus de ces morceaux, Weber publia une dizaine de miialidiia dans lesquelles il emploie nonilire d'heureuses formules pianistiques, larges accords, sauts hardis, tierces, sixtes et octaves rapides; mais les pièces les plus conimes à juste litre sont deux polonaises, un rondo brillant, le Moinenlo caprlccioso, enlin la charmante et spirituelle Invilalion à la valse.
Les Lieder de Weber sont assez nombreux. On en compte une centaine, dont soixanto-dix-huit pour une voix. (Juand il ne composait pas lui-même ses paroles'", il les empruntait à llerder, Biirgi'r, Voss, ou à des poètes de son entourage tels (|ue Tieck, Kôrner, Matthisson, Sehenlieiuloiff, etc. La |ilus grande partie sont de vrais VolUsIieder, écrits sur des stances parallèles avec des accompagnements de guitare, instrument dont Weber jouait avec prédilection. Il y a là mainte page d'un élan magistral. .Mais ce genre trop primitif pour l'ère moderne a été détrôné par le Dui'chUompoiiistes Lied de Schubert, de Schnmann et de l'ranz. (Juant aux mélodies de Weber écrites en mode continu, ce sont — tels les Chants de la lyre et de l'épée — des épisodes que leur grande puissance d'évocation classe sans conteste au livre d'or du Lied".
Afin de passer en revue l'œuvre complète de Weber, il faut citer encore six petites sonates pour piano et violon et six grands airs de concert sur des paroles italiennes'-; enfin, comme œuvres d'occasion, huit cantates et deux messes d'un style curieusement Il séculier », monlrant à la fois l'unité et la qualité objective de leur inspiration. Dans l'une d'elles, écrite pour le cinquantième anniversaire du roi de Saxe, Weber observe d'un bout à l'autre un ton pompeux et solennel. L'autre, composée à l'occasion d'un festival de famille, possède un caractère idyllique qui la pourrait faire baptiser Miss.^ DosiEsriCA.
Dans la dernière partie de son existence, Weber se distingua comme réorganisateur du théâtre allemand à Dresde. Avec une belle indépendance de caractère et une louable fermeté, il accueillit des pièces d'un haut mérite, propres à relever l'art germanique, en face de l'art italien envahisseur.
Weber avait épousé en 1817 la cantatrice Caroline Brandt. Il mourut à Londres'^, loin de sa femme et de ses enfants. W précédait dans la tombe Beethoven et Schubert. Ainsi, en l'espace de trois années, le
8. Il y en a quatre. Tout le monde connaît les géniales envolées de la fameuse sonate l'n ta \j op. 39.