Op. 6 9, n° 1 eu la
'i. Maria Woricinska, rcnconlrée à Leipzii;.
4. Chopin a laissé 18 niL'ioJies sans autre inlérùt que d'ôlrc une contribution au follv-lore polonais.
3. La sonate posllmmc (op. -i) n'a qu'un inlérct documentaire. Ctiol)in. aussi hautement consciencieux que Mendelssohn, n'eût point laissé piller de son plein gré ses manuscrits de première jeunesse.
t». Comme ses confrères es romantisme, Chopin ne se suffit pas des danses de son pays. 11 écrivit un boléro espagnol, une tarentelle italienne, des écossaises. Simples emprunts de rythmes qui lui semblaient piquants, et qu'il traita avec son ànie polonaise. Beethoven avait comjiosô des écossaisi'S, Mo/art et Weber avaient produit îles <« lurquorics ». i, 'école russe, â la suite de Chopin, s'intéressa au folk-lore espagnol. /Voyez Glinka, Ijalakircvv, itimsky-KorsakolT, etc.)
Le premier, op. 29, et la fantaisie -impromptu ont une certaine ressemblance entre eu.\ dans les traits et la coupe générale. L'op.ol est une divagation pleine de charme; l'op. 36 une page d'une vraie grandeur. Ouant aux scherzos, ce sont encore des caprices qui ne se rapprochent en rien du sclu-rzo classique. A leur façon ils évoquent aussi des récits légendaires ou des ballades guerrières.
En imaginant ces formes diverses et les développements qui leur conviennent, Chopin tient à leur orthodoxie; elles répondent pour lui à tel ou tel idéal déterminé; et quand la délicieuse troupe incohérente et bariolée du carnaval de Scbumann passe devant son regard, il n'en voit pas la beauté, parce qu'il n'en saisit pas l'unité de composition'". Voilà bien l'éternelle équivoque des mots assassins de la pensée. De son côté Mendelssohn condamnait sans appel le finale terriliant de la sonate de Chopin op. 3"), toujours au nom de la forme. 11 ne s'aperçut pas, selon la remarque de Dannreulher", (]uece finale reste strictement lidèle au plan d'une Toccata. En réalité les formes ne sont que les accessoires, les véhicules respectueux des sensibiiilés nouvelles que l'évolution du monde l'ait éclore successivement. Chaque centre vibrateur émet ses propres ondes, et ces ondes vont choquant et traversant celles émanées d'un autre centre. Telle est la loi. Toutes les formes trop accusées sont sujettes à une prompte décrépitude si elles ne sont rajeunies et renouvelées de temps en temps par des pensées vivifiantes et novatrices, des pensées d'avant-garde, quel que soit le domaine où elles se meuvent. Or Chopin fut un précurseur, au suprême degré. Avant de rechercher à quelles sources s'abreuva son originalité, je veux encore parler de la matière dans laquelle il modela sa pensée.
Chopin portait en lui un sentiment entièrement neuf de l'harmonie, du rythme, de la mélodie et du trait. Ses premières pièces, déjà mentionnées, et toute sa musique empruntent leur coloris intense et non encore vu à l'usage du chromatisme. Grâce à son génial emploi du demi- ton, Chopin prend une immense avance sur ses contemporains. L'inllexion, la brisure de ses lignes chantantes, la sou- [ilesse, l'imprévu de ses modulations'-, le dotèrent d'une palelte nouvelle qui lui fournil toutes sesdemileintes, ses nuances les plus complexes et mille conlrastes de valeurs, sans jamais préjudicier aux tonalités générales imposées par les sentiments qu'il exptime. Le cliromatisme de Spohr n'est qu'ingénieux, celui de Chopin est l'éloquence même; c'est une extension subite du domaine musical, un lerrain conquis une fois pour toutes et sur lequel évolue toute création conlemporaine digne du nom de musique. Est-ce l'étude de Bach — lolal précurseur — i|ui ouvrit les yeux de Chopin sur les perspectives du chromatisme'? C'est possible''' : métamorphosé, Irans-
7. Field entend son successeur à Paris, en 1 S2i, et l'appelle un pianiste « pour chambre de malade », ce qui est une façon comme une autre de laisser percer sa frayeur du génie qui le supplanta.
s. Comparez le même procédé dans le nocturne op. 32, n" 2, dans la il' Itallade en fa, dans l'étude en mi viajeur, etc.
tt. IJui furent d'ailleurs ainsi baptisés par l'éditeur, après la mort de Schubert.
10. Si ces pièces avaient été groupées sous le titre do « ])réludes », Cbopin les aurait peut-être examinées avec la s; mpathie qu'elles méritent.