Oue iMoscheles avait peine à admettre
13. Rapprochez, par exemple, ia plaiiUe déchirante dont la mazurka op. 17, n-» 1, se fait l'écho, de certains gémissements ilramaliques des oratorios et des cantates de Bach.
HISTOIRE. DE LA MI'SIçrE
|i()rk' dans les Irails du inaili y iiiodci nr, il d.uilile leur dyiiauiisuii'.soil qu'il cmi|i,'iIo soinpIuiMiseiui-iil l'Iiarinoiiie, soil ([u'il so nit"^li> au suave l'iiiiiuK-mout des paities clianlatites, soil iiuil Inirini- i.'liai|»i' repli des basses aus furieuses reptations', ou bleu ijuM aboutisse parfois au trioni[die des mélodies diutoniquiis les plus liirtîes, soit encore qu'il passe sur elles sans altérer leur pureté, coiuuie des modalités trafiques illuminant nu beau visaj-'e.
Celte aptitude sûn'al*-' à créer de la nouvelle couleur sonore, Chopin la devait en grande partie à son atavisme, l-'ils d'une Slave, un peu asiatique par conséquent, il relléta dans son art, inconsciemment, quelque chose de la ianfjueni- voluptueuse, des féroces colères et du pessimisme néaiitisle do l'àme orientale. Ainsi put-il l'aire déeouler sans elfort sa maj^ie musicale de (piehpies chants et danses nationau.K, longuement élaborés |)ar les siècles au sein d'une lace artiste et ralliiiée. Foute la superbe école russe procède de la même origine. Dans les maîtres russes d'aujourd'hui il n'est pas raie de rencontrer des passages olfrant une parenté fiappanle d'accent et de couleur avec le style do Chopin-, qui fut ainsi, avec son contemporain Glinka et mieux encore que lui^, le premier écho de l'orientalisme en musique. Ce qu'il y a de plus notoire dans la musique que nous étudions, en sus de la couleur, c'est le mouvement. Si nous ouvrons la ballade en sol ritineur, nous voyons se dérouler une série de périodes passionnées, toutes plus intenses les unes que les aulri'S, et reliées juir des traits d'une lièrc sonorité. .Après la chevauchée linale, de grandes gammes zèbrent comme des éclairs les derniers épisodes de la légende. Le ileii.viùine impvoniiiUt est une succession de rythmes solennels, d'héroïques octaves et de traits Iréraissanls. Uans le dcu-vièmc scherzo'', la main droite dévale hardiment ilans les basses, en lorniulant de superbes traits diatoniques qui sont comme le geste d'un sceptre péremploirc. 11 faudrait tout citer : les chevaux qui piafîenl et se cabrent dans la sonale en si h mineur, le finale haletant de la sonale en si mineur, avec ses traits sitilants, et les formidables mêlées de la polonaise en la n.
Ces martiales polonaises, évoquant le passé épique et la thi tragique d'une nation, ces touchantes mazurkas, rellétant tinement ses heures insouciantes, joyeuses ou mélancoliques, n'est-ce pas le chant du cygne de la Pologne agonisante? Chopin concentra en lui le frisson de toute une race : turbulente, aventureuse, lîère, prompte aux actions généreuses, prompte à la désolation, et sur le point de sombrer sous les convoitises de ses ennemis. C'est au creuset de ces di'aniatiques circonstances que le génie poétique de Chopin fut formé; c'est à elles qu'il dut sans doute cette intériorité passionnelle qui fait de lui l'un des principau.K héritiers de Beethoven. Antithèse de Mendelssohn qui cherche dans la polyphonie des voix et des timbres l'intégralion de son intelleclualité abstraite et sereine, Chopiri demande à la cantilène, à la polychromie harmonique, aux saccades du rythme, la réalisation de ses impulsions d'âme, de son rêve et de sa soulTrance. Nul besoin de s'adresser à la beauté d'un site ou d'une œuvre littéraire : il n'a que trop de sujets d'inspiration dans la répercussion des évéïie-