I1I< ballade
2. Vojcz. par cxempli', le motif Je l'Intermezzo de Borodinc (petite suite), cl coniparcz-le au l'^'" thème de la. polonaise-fantaisie. On pourrait multiplier les exemples.
3. Ctlcz GItulva ilSOi) comme cliez Ëatat^irew, tt-rudit et l'intuitif se
riients sur sa vie intérieure. Comme Heelliovin éiiivant \'llrriiK/it'\ et d'une façon plus directe encore, il rend, en miisiipie, le choc du monde extérieur sur sa sensibilité, il pense musicalement et sans autre médium plastique que le piano, l.a musique s'oll're à lui avec une si jaillissante abondance et cela dépasse tellement les ca[iacités physiques de sa fragile incarnation humaine, qu'on comprend à merveille sa naïve léponse à un intendant de l.ouis-l'hilippe le piessanl d'écrire à son tour un opéra : " Ah ! Monsieur ! laissezmoi composer de la musique do piano... C'est tout ce ipie je sais faire ■. »
Oui, son piano lui suffit à rendre des élans d'àme aussi passionnés et fougueux que ceux de lieethoven, aussi graves, élevés ou tendres parfois que ceux lie Schiiliert. Sans grandiloquence comme le plus souvent sans affectation, Chopin exprinu! tour à tour dans son leuvre la révolte, l'abattement, la tiislesse, le désespoir, la si'rénilé, l'humour.
Où peut-on trouver une mélancolie comparable à celle qui émane de ]a première polonaise en ul dièsr mineur? Ou bien à celle qui volette, plus légère, dans les croches de Vélurle op. 2ï, n" 2? Kt les préludes élégiaques n"" l et 6! Kt la poignante hantise du prélude de lapluie'^'. La sinistre hallucination du dfu.riéme prélude! Nous la retrouvons plus elfrayante encore dans le tourbillon à l'octave du finale de la sonate op. 3.) .
Cette page éniginatique que Mendelssnhn abhorrait, Sclinmann n'y voyait qu'une boutade. On a dit poétiquement que c'était une rafale nocturne tordant les arbres du cimetière au-dessus des tombes dos vaincus que vient de célébrrr la marche funèbre. Seul un pseudo-oiiental pouvait nous mettre ainsi face à face avec le néant : avec .Maïa. Le scherzo de la même sonate extériorise la plus sardonique, la plus stridente harmonie. Ici l'ironie de lieethoven est dépassée. Chopin donne une signification analogue à son premier scherzo, otirant, à rencontre de la ballade en fa. le contraste de deux mouvements passionnés, qui encadrent une vision céleste. Après une page tumultueuse survient un épisode très beethovenien qui prend le tour d'une question faite à la destinée. Le dcit.iièiiie scherzo commence de même par un triolet inquisiteur qui se présentera plusieurs fois dans le cours du morceau, coinine le premier motif de la symphonie en tit mineur, comme le Muss es sein? du célèbre quatuor.
Pour trouver de l'enjouement il faut feuilleter le quatrième scherzo en mi bémol. 11 est conçu dans une manière légère, féerique, donnant un avaiU-goùt de lleller et de Lalo. Le scherzo de la troisième sotiate est animé du même esprit.
Parfois, Chopin aime à peindre l'indolence, le doux a dégingauJage » d'une exquise adolescence. Le scherzando de Schubert a quelque chose de cela, mais en plus fruste. Les études op. 19 n" 6 et op. iH n° 9, le second thème de la ballade en la bémol nous représentent la fuite preste et féline d'un .Ulcquin gouailleur, avec un corps charmant et souple, sous l'aniplfur du costume.
Parfois encore, Chopin nous découvre une âme sereine et comme exilée dans un au delà mélaphy-
balanccnt. C'est au génial Borodine (fils d'un prince du Caucase) qu'il fut donné de succéder â Cbopiu dans toute ta saveur de son orientalisme.