‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1068 sur 1158 · l'ièccs nocltirnes, op · texte numérisé non relu

l'ièccs nocltirnes, op

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à peine, de rares lioull'ées de veiil cl des étoiles qui clifjiioleiil, lointaines, l-a première des U'd/i/scfnfrt ' jette sur nos (''paiiles ce manteau de fraîcheur et île silence qui nous aciMieille à l'oiée du palais leuillu. La pri'mi(''re Fanlaairsiiicii évo(iue la rosour évanescenle d'un soir mystique où toutes les formes s'idéalisent, impalpaliles. Celle page hyper-romanlique, faite d'un olianl cpii plane sur des accords luises, se pourrait cornpanr ;"i mainte production de Cliopiu : la vaporeuse étude eu lu bémol, par exemple. L'iui comnie l'autre, les ileux maîtres suient baigner parfois leurs harmonies ilans un halo d'étrangelé calme dont ils onl emporté le secret.

Jusqu'ici nous avons éludio Scluiniann dans sa manière la plus personnelle et la plus spontanée. Nous avons vu, dans ses pièces de caractère d'une construction et d'une essence si nouvelles, l'homme et le musicien parler un même langage, aussi plein d'élan — sinon de naïveté — que celui de Schubert dans le lied. I.cs moyens techniques employés par Schuinaim marchent de pair avec sa conception. Comme harmnnisle il est presque aussi téméraire que Chopin; de plus, il traite le piano polyphoniquemenl, l'étoile de thèmes superj)osés, l'eniichit des ressources élaborées à l'école lie lîach, de Heethoven et de Mendelssohn. Avec de tels moyens qui sont du domaine musical de tous les temps, Scluunann n'édilie plus, comme sesprédécesseurs, des architectures suivant des plans consacrés; il imagine des développements dans lesquels se confondent curieusement le lien poétique et le lien musical. Or, quel est le style qui pouvait s'offrir à Schumann comme le mieux apte à rendre la fantaisie prime-sautiere de sa pensée? Le plus ravalé, le plus démonétisé de tous, celui de la Variation, dans lequel un ou plusieurs thèmes se présentent sous des jours dilTérents, avec des signilicatioiis diverses. Produit naturel de l'évolution de la science harmonique, dont la complexité et les facultés expressives ont grandi sans cesse, la variation devient l'auxiliaire habituel du génie de Schumann, elle joue un rôle important dans la plupart des œuvres que nous avons examinées jusqu'ici, et lorsqu'elle accuse franchement ses formes, comme dans les Etudes stjinpUoniijiies ou VAndante varie ti deux pianos, c'est pour traduire à merveille une somplueuse série d'étals d'àme-.

Mais l'amliilieux génie de Schumann ne se suffit point d'avoir créé la pièce de caractère, ni d'avoir porté la variation au zénith de sa destinée. Il aborda résolument des œuvres de longue haleine el de vastes proporlions, pour lesquelles l'unité d'inspiralion lui lit défaut. Sauf sa belle Fantaisie qui est presque une sonate et fut écrite d'un seul jet, Schumann conçut toujours à parties divers morceaux de ses suites classiques^. Souvent plusieurs années niellaient entre eux leur intervalle. La juste popularité du Concerto en la et de la Sonate en sol mineur lient sans doute à la beauté de leurs mouvements détachés plutôt qu'à leur cohésion. On pourrait en dire autant de la mu-

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