Op
8. Le quatuor, le quinlelte (tS4SI, le Irio en ré mineur, op. 03, celui en fa majeur, op. 80, les 2 sonates de violon, op. 105 et 121 .
9. Citons aussi les délicieuses Esquisses pour le môme insiruuieut, et leur remarquable arrangement â 2 pianos par M. D. YzcUn.
10. Schumann écrivit un motet, 2 hymnes, une messe et un Itequiem. C'était pour lui des pièces d'occasion, adaptées au culte catholique de Dresde, un dernier rellct du romaulisnic médiéval dont Novalis avait doté l'Allemague.
EXr.yr.LOPEDŒ de la musique et DICTIONSAIRE nu CONSERVATOIRE
de titres de piano, de lieder, de ctiœurs, d'orchestre. ^' Lille part le sentiment religieux, correspondant au culte des belles liiérarchies de l'univers, n'est plus évident que dans la Si/mphome op. 38 dite rhénane. Elle fut composée en 1860, à l'occasion des leles de Cologne. Daimrenther nous dit avec raison qu'elle évoque les scènes rurales et les mystiques légendes des bords du Hhin. On peut y voir plus encore. Les svmplionies de Schumann ne nous ouvrent point, comme la Pastorale ou l'Ecossaise, le frais éventail des paysages terrestres; il s'y joue plutôt des perspectives d'âme où l'air serait irrespirable et la lumière invisible à tous ceux qui ne savent s'élever au-dessus des conlingences.
C'est en 1841 que le grand maître se lance hardiment à la conquête de ce nouveau domaine : l'orchestre; la symphonie devient la noble conlidente de sa maturité. Il est depuis un an docteur en philosophie, il a fait acte de volonté virile en épousant sa liaiicée malgré l'opposition de W'ieck'. L'èredes impulsions lyriquesiudividualisles est passée, après leur ell'usion dans une centaine de lieder. La carrière de Schumann se dessine, son milieu ambiant l'inlluence. Sous la magique baguette de .Mendelssohn, l'orchestre du Gevandhaus a donné la \ie à l'Italienne, à la grandiose symphonie en ut majeur de Schubert-. Ce sont ces illustres devanciers et l'uicomparable Beethoven que Schumann prend pour modèles lorsqu'il crée sa première symphonie connue sous le nom symbolique du Printemps. Ce poème admirable d'ampleur et de carrure dut sembler aux contemporains l'entrée au port d'un vaisseau de haut bord, chargé des tleurs et des fruits d'une terre inconnue, où seul jusque-là le rêve avait fait voile. Jamais rien de plus grandiose ne fut dédié à la gloire du perpétuel renouveau.
Dans la seconde symphonie^, datant de la même année, on pourrait trouver que le musicien-poète chante à plein cœur une sorte d'épanouissement estival, une apogée des êtres et des choses, surpris dans leur impossible vœu d'éternelle jeunesse. Ces trois svmplionies et les deu.K autres, moins connues du public, ont le double don d'exciler à la fois l'enthousiasme des auditeurs qui se laissent aller à leur éinolion,et la critique sévère des pédagogues qui voudraient nous édilier sur les défauts de Notre-Dame de Paris inspectée- en détail, par une nuit opaque, à la clarté d'une lanterne sourde. Ceux-là font observer que Schumann double souvent les parties de son orchestre, dont il emploie à chaque instant toute la masse massive. Us en concluent naïvement que Schumann ignorait l'abc du métier et ils le renvoient à l'école, sans s'apercevoir que « son orchestration robuste el solide traduit éloquemment la pensée générale de sa musique' ».
En réalité, Schumann était parfailement conscient de ce qu'il écrivait. Quand il aborda l'orchestre, sa nature patiente et studieuse avait depuis longtemps scruté et comparé cent partitions °. De plus, il eut maintes occasions de s'entendre exécuter; et l'on cile plusieurs inexpériences qu'il corrigea derechef, après une première audition. Heprendre Schumann sur ses effets voulus d'instrumentation me semble un
t. A qui le talent et l'avenir de Schumann paraissaient trop incertains.
i. Retrouvée en manuscrit à Vienne par Sctiumann lui-m^nie.
3. Appelée d'abord fantaisie symphonigue. Les mouvcmculs s'y encbninent.
4. Alfred Bruneau, article de presse quotidienne sur les concerts.
5. Voir par cicniplc les comptes rendus qu'il donne dans son journal.
comble de prétention pédante. Tout au plus pourraiton dire que son génie se plie imparfaitement au genre sympbonique selon le canon Beethoven-Schubert, heureusement imité par Mendelssohn et stérilement démarqué par Lachner et les maiires de chapelle. Si nous délaissons la symphonie du Printemps, ou la Rhi'nanc aux belles sonorités d'orgue avec peu de mélange de timbres, et si nous passons aux Ouvertures, nous retrouvons Schumann sur son propre terrain, guidé par des idées romantiques d'ordre à la fois musical et littéraire, et nous avons la révélation d'un subtil maniement d'orchestre où le maître fait alterner les touches vigoureuses, en pleine pâte, avec la transparence des coloris"^.
Dans son traitement de l'ouverture, Schumann revint à la conception heethovenienne. Il y concentra des facultés dramatiques dont le dynamisme, tout intérieur, ne pouvait trouver d'éclat sous les feux artiliciels de la rampe. Il s'en aperçut en 18ri0, à l'accueil réservé tait à son opéra Creneviève, par les habitants de Leipzig, où il comptait cependant de nombreux admirateurs. Ce fut un nouvel exemple du peu de convenance du tempérament germanique, tout en profondeur, à la forme théâtrale, toute en combinaisons superlicielles. En lisant les écrits de Schumann, on voit que l'opéra était loin de le laisser indilTérent, mais il ne s'occupait guère du côté scénique. Son désir de prendre la succession d'Êunjanthe, qu'il admirait, et d'établir une action psychologique intense, lui fit rejeter tous les livrets fertiles en déploiements extrinsèques. Il choisit une légende médiévale que Tieck, Hebbel et Mùller avaient traitée, chacun à sa façon. Hebbel refusant de s'intéresser à l'adaptation, il s'adressa au poète Robert Ueinick, et. non satisfait du travail, il se tailla luimême un librello pour lequel Wagner, consulté, ne lui cacha pas son antipathie. L'élément dramatique y est constamment subordonné à l'élément lyrique, et dans la réalisation musicale la suppression du récital if, louable en ses tendances, n'est pas faite pour dissimuler le défaut de monotonie, la surcharge des détails intéressants accumulés sur un plan unique".
Tout aussi peu ■■ théâtre » est le poème de .l/(infred^, mais le lyrisme subjeclif de Byroii et l'âme touimeiitée de son héros devaient trouver un écho profond dans le cœur de Schumann. Aussi la partition et ses seize numéros, y compris la magnifique ouverture, nous offre-t-elle ce que Schumann écrivit de plus pathétique et de plus puissant.
Parmi les couches slratiliées, pour ainsi dire, de la production schumanienne, le traitement du style choral apparaît en 1S43, avec le Païadis et la Pi'ri. et c'est un coup de maître. Irois ans plus tard, tout imprégné des triturations contrapuntiques dont il a donné de si beaux exemples dans sa musique pour piano pédalier, il écrivit deux chœurs a capella, et pendant les années qui suivirent un certain nombre de pièces chorales de foules dimensions, dont la moitié avec accompagnement d'orchestre ou de divers
6. Les principales ouvertures de Schumann sont : d'abord la véhémente préface écrite pour son mélodrame de Mitnfred , ensuite eelh' d-' son opéra Geiieiiève et celle de I^atist ; puis, comme morceaux détachés, la J'iatteêe de Messine, Nermann et Dorothée, Jules César.
7. 11 y eut une reprise de cet ouvrage à Weimar. sous la direction de Liszt, et une en .\nglelerre, au Drury Lane Théâtre, en 1803.