‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1071 sur 1158 · Qui fut cependant représenté une fois â Weimar en · texte numérisé non relu

Qui fut cependant représenté une fois â Weimar en

IIISTOflir DE I.A MlSlnVE

groupes insiriimenlaux. Chef de chœur à Dilsseldorf, puis à Drpsile*, Schumnnn eut l'ocrasion d'y acciuérir une helle ninitrise dans l'ai t de nu'lrr les voix. Là encoïc il ne reiroiiva pas l'incomparable aisance lie Meiulelssolin, mais il dépassa souvent son initiateur dans la rareté et riiilensité des etfels ohlenus. Quelques pièces de Uiickfit, le iici/iiic/ii de .Wij/HOH et le Siichtlifil do Hehliel, doivent Ure tirés hors de pair. Quant aux ballades traitées dans celle forme', elles ne produisent pas l'etlel que leur auteur comptait en tirer, soit que le ijeiire supporte mal ce déploiement de moyens, soit à cause du manque d'équilibre eiitie les élémenls lyriques et dramatiques. Il y aurait un loiif; chapitre ^ écrire sur l'orientalisme dans la musique romantique. Avec Weber et Spohr. I.ivwe et .Marschner, Schumaun se montre vivement impressionné par les feux multicolores du prisme levantin. Déjà, dans l'Alhiiin pour les jruiu-s, la plainte ininterrompue d'une petite voix langoureuse et discoureuse frappe nos oreilles : c'est la craintive Shéhérazade. L'n peu plus lard, Schumaun s'intéresse au </ii(iii oiUiitnl de (ùellie, aux chants /icôniii/Hfs de lîyroii, aux poésies de l'orientaliste Huckert : ses lieder en portent le témoiiinage'. En 1843, après sa riche production de quatuors à archet, il s'adonne à la musique d'un srand poème, mi-oratorio, mi-cantate, extrait de Lalla liookh ', sous le nom : le Pariidis et la Péri. Cet ouvrage valut à son auteur une prompte popularité, sràce au style chantant et presque trop exquis de ses solos et de ses ensembles. Huit ans plus lard, Schuraann revint à un genre analogue en composant le Pelerinaije de ta rose pour solo, orchestre* et chœur. Le texte, d'un jeune poète nommé Horn, n'est qu'une idylle un peu douceâtre, et la musique s'en ressent. Entre .Maiifred et la Péri, c'est aux scènes de Fatifl' qu'il faut donner la place d'honneur. Cette partition, qui s'étend jusqu'à la Iranslîguration du second Faust, est considérée en Allemagne comme un éloquent commentaire de la pensée de Gœthe. Composée à diverses reprises, elle n'a pas de prétention à l'unité musicale, au sens ancien de cette expression, mais elle jette de puisseyites clartés sur les pensées subconscientes du poète, tout en restant pleine de fraîcheur et d'invention au titre purement musical.

J'ai gardé pour la lîn de mon chapitre sur Schumaun l'étude de ses lieder. Dans ce genre, auquel il contribua de si importante manière et auquel il revint à diverses époques de sa vie*, il est aisé de retrouver les traces les plus brillantes et les plus diverses de son génie si profondément littéraire et si plein d'aftinités pour l'expression vive et condensée des poètes lyriques de son temps.

« Vers 1830-34, — nous dit lui-même Schumann^, — l'amélioration du style piauistique, due à l'intliience grandissante de Beethoven et de Bach, pénétra bientôt les autres branches de la musique. Schubert avait

Page 1