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déjà traité la forme du lied, mais un peu dans la manière beelhovenienne, tandis que l'inlluence de Hach se faisait sentir dans le nurd de l'Allemagne. La nouvelle école poétique vint alors à la rescousse avec Kicheiidorlf, HiicUerl, Uliland et Heine; ainsi prit naissance un six le de lieder plus profond, rellet musical d'un esprit poétique que les anciens compositeurs n'avaient pas connu. »
En écrivant ces ligues en 1843, Scliumann indiquait les tendances auxquelles il avait lui-même obéi dans sa (iévre mélodique de l'année 1840. et nous voyons tout de suite en quoi son tempérament de Lieuer- KoupoNisT se distin!:ue de celui de Schubert. Ce dernier s'était contenté de mettre des poèmes en musique. Scliumann était lui-même un si grand poète qu'une simple translation du monde îles mètres dans celui des sons ne pouvait lui sulTire. L'extraordinaire novateur qui avait mis, par le truchenian du piano, tant de musiques en poèmes, ne pouvait se faire l'adaptateur des pensées de ses contemporains; dès qu'il aborda l'expression musicale de la phrase verbale, ce ne fut pas seulement pour en étayer les courbes sur l'essor de ses mélodies, mais pour lui donner un sens nouveau, complément aire, obtenu sans peine grâce au soin qu'il avait eu d'approfondir les ressources psychologiques — je dirai même philosophiques — du piano, l'inséparable compagnon du Kunstlied.
La douce dualité dans la sympathie qu'on appelle l'amour est la source de l'inspiration la mieux jaillissante à travers toute l'œuvre des lieder de Schunianu"*. Dés son premier recueil", un hommage au talent savoureux et prime-sautier de Heine, le musicien expose avec une touchante sincérité le> émotions variées qui passent en alternatives lumineuses et sombres sur son cœur sensitil, exalté par la tendresse. Nous le voyons tour à tour plaintif, ardent, extasié, désespéré, amer jusqu'au sarcasme, résigné jusqu'à la grandeur. Nous pouvons lire entre les portées son roman personnel. L'heureux aboutissement de ses liançailles chante avec une ferveur superbe dans trois pages célèbres du second recueil : Du bist uie eine Blume^- Zuin Sclilufs^^ el Widmung^^, incandescente apostrophe d'amour dae.s laquelle les mots De bist DIB Hlu'-' se posent en pliant leurs ailes sur le rythme apaisé d'une rafraîchissante enharmonie. Ces trois admirables mélodies sont comme la consécration, l'admission délînitive d'une ànie féminine d'élite dans l'idéal empyrée où planent les pensées des poètes.
Cette àme a choisi de dignes parrains : l'étincelanl paladin Heine, le somptueux voyageur Riickert, et le doux magicien Eichendortf. La gloriflcation du printoiips d'amour échoit à lUickert :
11 est venu
Dans la pluie et la tourmente.
Il a pris mou cœur,
chante la bien-aimée, et son ami lui répond :
La rose, la mer, le soleil.
Sont l'image de mon aimée.
L'idée de faire parler à tour de rôle les deux amou-