Au Gewandhaus, le 2 avril
Jettri's de la rnusiciuo. La n-putalion et l'oii^'inalité de llellor lui donnent droit à une éturlo spéciale par laipielle je lermiiierai, après celle de Liszt, ce travail d'ensemble sur le romanlisrne. Le premier nom qui se piêsenle ici maintenant l'st celui de Ferdinand Hiller', Ibrmant avec "Wilhelm Taubert' et Julius Rietz" ce que j'appellerai la tiinitê pseudo-mondelssoliiiienne. La sage pondération de ces trois artistes cultivés, l'équilibre de leurs facultés multiples de compositeurs, chefs d'orchestre et virtuoses, leur assurèrent dans la vie ces situations considérables auxquelles cependant les rc^mplacants ne font jamais défaut. (;e furent des maîtres de conservatoire, dépositaires de toutes les bonnes traditions conservatrices.
Leurs opéras n'eurent que des demi-succès. L'n oratorio de llillor» fut imposé à l'attontinn du public par Mendclssnhn^ ; Scliumann en prise la couleur, les tendances, tout en appelant l'auleur « un lin (b'corateur de chapelles latérales'" ». Et à propos d'une ouverturedeconcert", le même critique faitobserver qu'elle contient une sorte d'humour « excitant la rétlexion plutôt que l'enthousiasme ». Parmi les pièces de chambre, mentionnons les trois premiers trios. Dans la musique de piano, Hiller se montra trop sensible à l'influence de Chopin'-, et il ne sut passe créer une manière personnelle; mais il conf|uit une belle réputation de pianiste di caméra au cours des séances qu'il donna avec Haillot pendant son séjour à Paris. Il y resta sept ans '\ au bout desquels il poursuivit sa carrière à Dresde et à Dtisseldorf.
« Herr Taubert avance d'un pas puissant, mais mesuré, avec son passeport dans sa l'oclie... Il ne montre point remportement d'un homme hypergénial... Il possède le sens des modérations, des convenances... et quand la poésie lui donne des ailes, il se contente de les mouvoir avec lenteur '*. » Ses trois svmphonies, sa musique de chambre, ses éludes, sont à la fois inégales, réminiscentes et habilement triturées en beaucoup de leurs parties. Les Minnctieder'-' pour piano ont la prétention de créer une atmosphère musicale aux petits poèmes de Heine, Uhland, Millier, cités en exergue. Il n'ei'lt point fallu les écrire dans un style en recul sur celui des romances sans paroles. Les meilleures pages de Taubert se trouvent dans ses Sotivenirs d'Ecosse"', ses .Viniulwes^' et sa Suite ancieune^^. Donnons-lui encore acte de la musique de scène qu'il écrivit à Berlin pour la Médée d'Euripide et la Teinpcte de Shakespeare.
Julius lîietz était élève de Uomberg'''. 11 éciivit d'excellents concertos de violoncelle et les fît valoir à merveille. Ses ouvertures de concert, bien instrumentées, alertes et d'un travail achevé, n'auraienl pu naître avant celles de Mendelssohn, qu'il eut l'honneur de remplacer dans ses deux postes de Dtisseldorf et de Leipzig. Il composa de la musique d'église, des chœurs, une symphonie el un quatuor. Il fut docteur en pbilosopliie, conduisit plusieurs festivals et se montra assez éclectique, malgré son traditionnalisme, pour s'intéresser à l'ascension wagnérieniie.