‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1083 sur 1158 · Publiés en 3 cahiers chez Kahnt à Leipzig · texte numérisé non relu

Publiés en 3 cahiers chez Kahnt à Leipzig

'6. Voyez Anijiolini tial biomie crino, Ktintj tetse et Es muss. 6. Le jeune pêcltew. Le berger. Le cliasseur des Alpes.

avait déjà fait à diverses reprises l'essai de son terapéramenl de Liederkomponist. U avait montré du premier coup une réelle aptitude au style vocal, de la simplicité, de l'animation ainsi que beaucoup de diversité dans la trituration harmonique et l'emploi des timbres du piano"'. Ces moyens combinés, suppléant au peu d'originalité et de consistance des idées mélodiques, produisirent des effets poétiques et entièrement nouveaux à cette époque.

Trois pièces de Schiller', composées en triptyque, semblent une parfaite réduction d'orchestie oii des trémolos en sourdine, des frottements adoucis aux cordes, des réponses d'instruments à découvert, tissent l'ambiance la plus délicate. C'est déjà de l'impressionnisme réaliste. Le lluide appel des sirènes, le chant précis des trompes et des coucous, enfin le chaos géologique des hautes régions sont rendus par des taches de couleur locale habilement disposées, et cela réussit à nous intéresser, si ce n'est à nous émouvoir.

Aux antipodes de Mendelssohn musicien avant toul, Liszt est d'abord illustrateur. A l'encontre de Schumann, il s'attache aux particularités extérieures du sujet, et s'il en donne parfois une réalisation poignante, elle est d'ordre plus sensoriel que psychique. En comparant, par exemple, l'interprétation donnée par chaque maître au même texte de Heine, le fameux Am Rhein, in Sclionen Slrôme'', nous voyons Liszt symboliser dans son dessin de barcaroUe les Ilots du Rhin, et avec eux le reilet, l'accessoire, tandis que Schumann réalise ce miracle d'édifier sur nos tètes les voûtes et les arceaux de la cathédrale même où se centralise l'action. 11 mè semble difficile de ne pas donner la palme à l'extase mystique de sa mélodie, en regard du ton de fierté chevaleresque de Liszt qui semble déjà faire parler le paladin Lohengrin, plutôt qu'un modeste pèlerin perdu dans la piété de ses intimes souvenirs.

La rencontre musicale, sans doute fortuite, de Schumann et de Liszt sur un même terrain poétique SB renouvelle à diverses reprises. Du Insl uie eine Blume* — une des rares pièces de Liszt où les dièses et les bémols n'échangent point d'enharmoniques étreintes — pourrait plaire si l'on n'avait pas dans le cœur la ferveur immortelle des accents schumanniens. En revanche, plusieurs autres mélodies s'opposeraient sans désavantage aux inspirations de l'auteur de Dirliterlicbe. Tel est le lied de .)li;inon, d'un chromatisme plein de langueur persuasive; Anfamjs wollt'ich fait verzagen'-', où le chant est une déclamation vibrante, entrecoupée de sanglots, et surtout Uber allcii tUpfeln ist Ruh">, qui atteint à la surhumaine grandeur des plus belles pages de Schubert". Liszt composa trois mélodies sur des poésies de Hugo. La première. Comment, disaient- ils, est d'une charmante facilité. Signalons encore un beau cri de passion, Vergiftet sind meine Lii'der'- et la liallade du roi de Thuté, admirablement venue dans sa franchise d'accent et sa distinction de coloris. Tous ces morceaux et d'autres encore dédommagent amplement le chercheur d'une exploration un peu aride à travers

7. Le n» G de Dichtertiebe, composé par Schumann en 1B40, par Liszt en 1841.

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