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n'a pas écrit une seule œuvre de musique de cha mbre

table équivoque. Il ne peut pas y avoir de symphoniepoéme viable au sens cm Liszt l'enlendil et le [iiatiqua. ("ost-à-dire que la pensée musicale et la pensée littéraire, ou philosophique, ne sont pas faites pour se minutieusement correspondre, s'cmholter dans toutes leurs parties. Ce sont deux organisations différentes, susceptibles de se prêter un mutuel appui dans le lied ou dans le drame par l'intermédiaire obligé, l'alliage nécessaire du verbe. Et encore n'est-ce qu'un compromis, une déchéance de la beauté strictement musicale, un(^ draperie qui atténue la splendeur de sa nudité. Il est aussi iiu|)0ssible de cak|uer un discours musical sur des pensées conçues verbalement, que de rytlimei' un morceau d'éloquence sur des arabesques décoratives ou des mouvements d'architecture. Il y a entre ces formes d'expression un antagonisme invincible, et Liszt nous en donne un fra|)pant exemple. Il ne sait pas faire usage de ci^tte logique sui i/encris qui surgit intense, pressante, formidal)le, des fugues d'orgue de Bach ou des symphonies de Beethoven, des ([uatuors de Scbumann, des scherzos de Chopin ou des préludes de Wagner; il ne trouve pas dans la qualité de son inspiration ces mélodies palpitantes qui se gonflent et s'abaissent, se superposent et rejaillissent transformées comme les vagues d'une mer changeante. Il veut suppléer à cette force primordiale qui lui manque par des emprunts aux idées philosophiques el littéraires de son temps; le plus cultivé des musiciens, lettré jusqu'à l'érudition, il croit faire bénéficier son art de la précision de ses enthousiasmes, et il tombe dans le piège récemment couvert de fleurs par Berlioz'', celui de la musique à programme. Le procédé qu'il croit nouveau n'est qu'un retour décadent aux essais de certains primitifs du moyen âge : tel Kuhnau, l'auteur des Sonates biiliqucs; tels les nail's imagiers qui orn.-tient de légendes le soulile de leurs personnages'.

On a fait beaucoup d'honneur à Liszt du terme de poème symphoni(iue inventé par lui. Après avoir réprouvé catégoriquement, au nom de la musique, le genre d'art auquel il l'adapte, je tiens à faire remarquer qu'il convient à certaines œuvres postérieures — ou même antérieures — qui restent, elles, parfaitement musicales. Plusieurs symphonies et ouvertures de Beethoven et de Mendelssohn'\ les maîtresses pages de César Franck et de la jeune école russe'", sont dans ce cas. Lnissons-les sous l'appellation commune de poème symphonique pour les dilïérencier de la symphonie classique, en forme de sonate, dont la genèse ne réside pas dans un texte ou une vision plastique, et imputons leur durable succès à leur valeur comme plan et développement musicaux, indépendant du titre ou de la légende qui nous sont donnés comme orientation générale. Quant au genre inauguré par Liszt et malheureusement cultivé par quelques contemporains, il devrait être désigné plus justement sous le nom de symphonie descriptive ou de symphonie symbolique.

7. Il^ioyc/. les programmes détaillés de lîomi'o el Juliette, lîarotd en Italie et la Si/mplionie fantastique.

S- Lisez sur ce sujet les e^tcellentes pages de M. Schweilzer dans son livre : Bncft le musicien poète.

y. L:i Pasturnlp, la Bntaille de Vittoria tombée en désuétude, mais fort impressionnante à entendre si l'on en juge par le rapport de Zelter dans sa correspondance avec Gœtlie, la Grotte de J-'ingal, VBeureuse traversée, etc.

10. Ihins tes steiipes. T/iamar, Sclteherazade, Autnr, Stenba fiftnzinr, etc. On peut aussi mentionner la Danse macabre de M. Saiol- Saëns, Irlande d'Augusla Holmes, etc.

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