‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1086 sur 1158 · TO!)V · texte numérisé non relu

TO!)V

ENr.yr.LOPÈniE de la ^frsIQVE et nir.rinwMRE or cnxsEnvATninE

Celles réalisées par LiszL répondent bien à ces deux litres. Les textes dont il s'inspire sont tantôt figuratiTs d'actions', tantôt de rêveries- moins précises; le plus souvent, des symboles abstraits se présentent à l'esprit commentateur du musicien. Ainsi le poème appelé Lamentai ions et triomphes du Tasse a pour objet de nous rendr(^ sensibles deux grands courants de la destinée des poètes : « Si on fait peser la malédiction sur leur vie, nous dit le compositeur dans une préface de plusieurs pages, la bénédiction ne manque pas à leur tombe. » Noté sur place par Liszt, un chant mineur de gondolier lui sert de tbème principal, mais au lieu de le développer normalement selon les exigences de la langue musicale, il n'eu tire que des dérivations et des transformations forcées, dont la monotonie plastique est à peine déguisée sous les artifices de l'iiarmonie, du rythme et de l'instrumentation. Ce chant s'éternise en répétitions constantes, tantôt à l'état de fragments chroraatisés, tantôt attifé à la hongroise; il s'enveloppe de gammes, prend une allure de menuet, parcourt divers tons, diverses parties et divers instruments, jusqu'au moment où il passe en mode majeur, et du coup devient lianal. Mais l'idée du triomphe est sauve. Grâce à cet élémentaire procédé, n'est-elle pas rendue claire aux plus récalcitrants?

Prenons maintenant la Bergsymphonie écrite en illustration de la poésie de Hugo appelée Ce qu'oti entend sur la montagne. Nous sommes en présence de formes musicales sans consistance, sans relief et sans dynamisme, stérilemeiitiraaginéespour exprimer la voix sereine de la NATL'RE-MATiÈREet les murmures farouches de l'HoMSiE-E-ii'RiT. Une marche maestoso, un choral, des fanfares et des harpes interviennent en vain dans ce programme. Les idées de Hugo, si tant est qu'on les reconnaisse, n'y gagnent aucune force, et le tissu musical n'a ni fermeté ni souplesse. La meilleure partie est le début impressiouniste qui a pour objet de nous faire entendre

Ce bruit larfie. immense, confus, Plus vague que le vent dans les arbres touffus. Plein d'accords éclatants, de suaves murmures, Doux comme un chanl du soir, fort comme un clioc d'armures.

Ici Liszt se montre à son avantage. 11 brosse avec maestria les fonds de tableaux, les éléments décliainés, les mêlées rapides. Il évoque avec puissance la bataille des Huns, la chevauchée de Mazeppa, les angoisses fulgurantes de Prométhée et la désolation de l'enfer. Il possède pour cela un arsenal de formules frusies, élémentaires, dont le manque d'expression individuelle passe dans le brouhaha général. De même que les décors peints à larges coups doivent être regardés de loin, la musique de Liszt doit être entendue vite, brûler les pupitres de l'orcheslre^.

Ce n'est pas à dire que les pages symphoniques de Liszt soient un perpétuel défilé d'allégros échevelés. On y trouve aussi, quand c'est voulu par le sujet, les langueurs un peu Irainantes de la musique tzigane et quelques arias qui sont, il faut le dire, d'une grande

1. Mazeppa, ilunuen:icitlttcht (combat des Huns). Promcthcus.

Page 1