a même une saveur de Wagner et de Cliabrier
7. Comparez ce tUéme a celui de ifcr AbenJ de Scbumann, qui s'y apparente, et voyez ce qu'il donne à l'êlal « mélodique ».
a, Ùii l/erccau ii lu. tumbf, 13" poème syinptioniquc, fut écrit en 1881. '■). Voyez la polonaise de kermesse de Fcsthlàntje (Rumeurs de fêle).
indigence mélodique. Orphée, assez joli d'atmosphère dans l'ensemble, manque des lyriques envolées que le sujet faisait attendre. Dans les Préludes', comparez l'hymne incertain de l'andante maestoso avec la chaude aposirophe du Printemps d'amiuir de Scbumann ; Mer, soleil et rose! Cette dernière cantilène est d'une verve entraînante; celle de Liszt n'est qu'un froid assemblage de notes, enfilées sur une ligne sans contours expressifs.
Assez souvent Liszt écrit des marches à signification héroïque, ou pompeuse, ou funèbre. En écoulant leur peu d'ampleur et leur monotonie hachée, on ne peut s'enipêcher de songer aux poignantes trouvailles de Beethoven, de Chopin, de Scbumann et de Wagner. Force nous est de reconnaître que Liszt est dépourvu, du moins dans son style instrumental, du don essentiel qui fut commun, sans exception, à tous les génies de toutes les écoles: celui de la mélodie. Pour trouver quelque chose d'expressif il lui faut — le fait est curieux — employer une phrase préalablement adaptée à des paroles. Ainsi le début de son Inferno expose un motif écrit eNactement sur le premier tercet du
Dante :
Per me si va nella cittii dolente, Per me si va nell' eterno dolore.
Ferme .si va tra la perduta gente.
Lasciate ogni speranza, voi eh' entrate !
Ce thème ne manque ni de précision ni de fermeté, et le reste du morceau en reçoit une heureuse intluence".
Pour représenter l'épisode de Paolo e Francesca dans la même partition nous avons un motif composé de trois notes descendantes et d'un ^rupetlo. il emplit deus pages entières de son charme pénétrant'"; cependant il n'est pas développé : sa courte arabesque se répète mélancoliquement à diverses hauteurs de l'échelle sonore, comme une cristallisation géométri(]ue''.
Dans les douze poèmes symphoniques île Liszt' je ne vois guère que l'allégro paslorale des PrétudfS à citer comme échantillon d'un heureux amalgame de mélodies assez bien développées. Le Dante, Faust et y'/'0/;(i'(//''e présentent quelques bons fugatos. Du côté harmonique il y aurait à noter une abondance d'intéressants détails, comme aussi des crudités qui faisaient dresser l'oreille aux pédants de Leipzig, et ce n'était pas toujours à tort, car Liszt, visant d'abord à l'ellet général, n'était pas un écrivain châtié, et de plus il ne craignait pas de tomber dans des trivialités antimusicales quand cela lui semblait justifié par les intentions'. Cette même recherche lui inspira, il est vrai, de véritables tours de force dans l'art de transformer un thème et de lui donner des [diysionomies diverses. Berlioz ici encore s'était montré précurseur'", mais Liszt le dépasse en subtilité et en puissance dans sa remarquable Danse des »(0)'(s" et dans sa capitale Faust Sy)nphonie'-, où il nous dépeint Méphisto à l'aide d'une caricature du thème de l'aust : et cela produit un scherzo terriblement sardonique, transcendant échantillon d'ironie ficlitéenne'-'.