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Termiiké eu IS

des variations. Liszt est ici dans son élément. Son inspiration la meillenriNiccnurt il l'appel de thèmes brefs, érner:.'eant d'un antique terroir di! choral on de plaincliaril. Ainsi dans sa ll(in:i(: '/es iiuirt^ iléjà mentionnée, la stabilité tonale l't l'instrumentation iilidne d'elTets originaii!; forment un ensemble des mieux réussis. Plus musical encore est le morceau varié' composé sur nu motif de liach '. C'est un chef-d'œuvre de ciselure harnioniipie, exprimant avec poésie quatre aspects intenses de la douleur liiimaine'.

Les i|uali'e concertos oll'renl un travail thématique analogue à celui de la sonate. Leur unité de structure est obtenue an moyen du procédé favori de IJszt : la transformation des thèmes. Leur (pialité la plus notoire réside dans l'équilibre du piano et de l'orclieslre, admirablement traité. Mais étant venus d.Tns le sillage du merveilleux concerto de Schiimanii", ils ont été dislancés ,'t jamais par celui-ci.

Le même phénomène s'est produit pour les deux polonaises, les deux ballades, les nocturnes''', les impromptus, les valses, la berceuse. La succession de Chopin est trop lourde ù. supporter. Cependant ces morceaux sont déjà des spécimens d'évolution, non d'iniilatioii. Liszt s'y montre le préilécesseur de Franck, de Fauré, de Cdazounow el d'autres maîtres du piano contemporain.

D'im intérêt moindre et do tendances ultradescriptives sont les I.i'ijcndcs' et les Harmonies pui'ti(jues et l'clii/ieuxes'*. Toutefois ces pièces, bien exécutées, sont d'un ell'et certain sur le public, grâce à leur dentelure piauistique, rehaussée d'harmonies dignes de Wagner.

Les treize années que Liszt passa à Weimar furent le miinient capital de sa caiiière de compositeur et lui [lermirent en même temps de donner la mesure de son indé|iendance et de sa libéralité arlisti(iue'. U exerça la [dus liein-euse inllui'uce sur le mouvement musical du temps en se faisant le protagoniste des œuvres de Gluck, Beethoven, Weber, Schubert, Berlioz, Schumaim et Wagner'". Comme Weber l'avait fait à Dresde, il comiueuta lui-même ses programmes en des études pleines de savoir et de sympathie. 11 eut à lutter fréquemment contre le goiU médiocre du public, et c'est à la suite d'une cabale montée contre son ami Peter Cornélius" qu'il donna brusquement sa démission.

Alors commença sa vie romaine. De plus en plus incliné vers le mysticisme catholique qui lui avait dicté déjà plus d'une elTusion musicale, Liszt se fit investir du Tiers Ordre et domicilier dans la Ville Eternelle. .Son prestige s'accrut de la soutane qu'il portait avec l'élégance seyant à un ultime représentant du Romantisme, égaré par la vieillesse dans l'inclémence d'une tin de siècle.

Lorsque la princesse de Wittgenstein'- entendit Liszt, à Kiew, jouer sa fantaisie sur la Soiitnunibula : a C'est un étonnant virtuose, <• pensa-l-elle. A quelque temps de là, il recréa devant elle une sonate de

6. Liebes Tyaixme (Rêves d'amourl sur des \ers de Uldaud et de Frei ligrath.

7. Saint Ft-ançois de Paille marcliant sur les /lots. Saint François d'Assise prêchant aux oiseaux.

8. Dont les plus connues sont : /ncucation. Cantique d'amour, BènMiction de Dieu dans la solitude.

'}. 11 donna des leçons gratuites a un grand nombre d'élèves. !0. Le Taunliauser {ut monté en iï<40, tolieni/rin en 1851). 1 1 . Dont il avait voulu faire jouer le lîavbier de llagdad. t-. Oui fut pour Liszt l'amie de sa maturité.

EXCYCLOPÉDIE DE LA MISIQIE ET DICTIOXX.MIiE DU r.nxSEnVATOIHE

Beethoven, et elle s'avoua : i< C'est un artiste vérital)le. » Enfin, lorsque, à rét;lise, elle sentit planer sur son cœur (le fidèle les harmonies d'un Pater no$tn- de Liszt, elle s'écria: ■< Cet homme est un profond créateur'. » Sans ratifier coniiilétement ce dernier jugement d'une femme qu'attirait un vivant magnétisme, la jeune postérité place la musique religieuse de Liszt en un haut rang parmi ses autres œuvres. Dans cette branche encore la place était vide. En 1834, deux ans après la mort de Schuniann, que le sujet de la messe avait médiocrement inspiré, Liszt écrivit sa Mc^sn de (Wan. 11 y apporta sa maîtrise chorale, son sentiment du coloris et l'usage déterminé du leitmotiv-. Cependant cette œuvre a une enflure solennelle qui la rend, ce me semble, tr-ès inférieure au psaume XIII composé à la même époque et contenant, outre un délicieux aria, deux mouvements fugues d'une réelle éloquence'.

On doit à Liszt deux autres messes. La Miasa choralis, a capella*, et la hcss*? du cotiroiutciiiettt^, où il réalisa la cur ieuse intention de fondre ensemble sa foi religieuse et son sentiment national. On peut dire qu'il y réussit assez bien. Le mode hongrois'', avec ses accents et ses cadences particuliers, n'eut point, sous la main du mondain abbé, les résonances profanes qu'on aurait pu craindre.

Liszt revient encore à l'élément liturgique gi'égorien dans son Christiis', oratorio composé sur un texte ayant pour centre celui des Béatitudes. Il y a là de grandes tresques d'un impressionnant réalisme. Quant à l'autre oratorio Sniuïe Elisabeth de Hongrie't son caractère demi-profane et théâtral, ses épisodes lyriques et pittoresques, sa mélodie plus abondante et plus développée, lui valurent de satisfaii'e davantage le goilt du public; aussi est-il resté au répertoire des sociétés chorales '.

Le fait que Liszt, comme Mendelssohn, n'écrivit point d'opéra'" est un gage en faveur de sa sincérité et de son esprit sagace. Il se contente d'être Valler eijo de l'auteur de ParsifaI, et c'est un beau rôle qui l'englobe à jamais dans l'immortalité wagnérienne.

En contraste frappant avec Schuniann, ce silencieux, dont l'àme était pleine d'attitudes, Liszt, lui, les posa toutes. Voyageur infatigable sur les roules de la terre et sur le chemin de la vie, il embrassa d'un geste grandiose, en la double échelle de l'espace et du temps, la totalité du Uomanlisme.

Heller. poî-!e.

Heller! Liszt!... Il est piquant de réunir dans les pages d'un livre ces deux artistes qui n'eui'entrien de parallèle, sauf trois circonstances estérieur-es à leur intime personnalité: l'origine, l'époque, la résidence. Stephen Heller naquit en Hongrie" en 1813. Il ré-

1. liapporic par M'"» Liiia Ifatiiann [liioqraphie de Liszt).

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