Scène et Ariette, jouée au Théâtre royal de Leipzig le 22 avril
Les Soces, opéra en trois actes, texte composé en 1832; composition commencée en décembre 1832.
Allegro pour l'ariette d'Aubry dans le Vampire de Marschner, texte et musique de Wagner, septembre 1833.
L'Heureuse Famille des ours, opérette comique en deux actes, texte écrit et composition commencée au commencement de 1838 (fragment).
Frédéric Barherùussc, drame (sans musique), 1848.
Jésus de Nazareth, 1848 (projet complet publié par Breitkopf).
Wielnnd le Forgeron, 1849 (projet complet imprimé dans le volume III des œuvres complètes .
Les Vainqueurs, 1836 (esquisse publiée dans Projets, Pensées et Fragments).
Les Fées, texte et musique, 1833.
La Défense d'aimer, première représentation, à Magdebourg, le 29 mars 1836.
liienzi, le dernier des tribuns, première représentation, Dresde, 20 octobre 1842.
Le Vaisseau Funtùmc, première représentation à Dresde, le 2 janvier 1843.
Tannhxuser et la guerre des Cha7iteurs sur la 'Wartbourg, première représentation à Dresde, le 19 oclobre 1843.
Lo/ie)iyrùi, première représentation à Weimar, sous, la direction de Liszt, le 28 août 1830.
Les Maiircs Chanteurs de Nuremberg, première représentation, Munich, 21 juin 1868.
L'Anneau du Sibclung, première représentation à Bayreutli, du 13 au 17 août 1876.
Tristan et Iseull . première représentation à Munich, le 10 juin 1863.
Parsifal, première représentation à Bayreuth, le 26 juiOet 1882.
Les conicuiporains de Wagner.
Johannès Brahms. — Des contemporains de Wagner aujourd'liui disparus, mais très distingués dansl'art où le maître de Dayreutli conserve une si éclatante prééminence, le plus remarquable fut sans conteste Johannès Brahms, né à Hambourg en 1833, mort à Vienne en 1S97. Il passait déjà, dès 1847, pour un grand pianiste, et en 1833 Schumann le saluait comme l'élu au berceau duquel les grâces et les héros semblaient avoir veillé : « Son nom est Johannès Brahms, il vient de Hambourg. Au piano, il nous découvrit de merveilleuses régions, nous faisant pénétrer avec lui dans le domaine de l'idéal. Son jeui, empreint do génie, changeait le piano en un orchestre de voix douloureuses et triomphantes. C'étaient des sonates où perçait la symphonie, des Lieder dont la poésie se révélait, des pièces pour piano unissant un caractère démoniaque à la forme la plus séduisante, puis des Sonates pour piano et violon,, des quatuors pour instruments à cordes, et chacune de ces créations si ditîèrentes l'une de l'autre qu'elles paraissaient s'échapper d'autant de sources différentes.» Et le chantre de Manfred ajoutait : « Quand îl inclinera sa baguette magique vers de grandes œuvres, quand l'orchestre et les chœurs lui prêteront leurs puissantes voix, plus d'un secret du monde de l'Idéal nous sera révélé. »
Cette prédiction devait se réaliser, mais à la suite d'un long et tenace ell'ort. La carrière de Johannès Brahms fut toute de labeur. Fils d'un excellent contrebassiste de Hambourg et ayant reçu de solides lei'ons de Cossel et de .Marxsen, directement formé à l'école de Bach et de Beethoven, familier avec Joachim et Liszt, remarqué et « lancé » grâce à la re^ commandation chaleureuse de Schumann, il lui fallut cependant travailler pendant bien des années avant de conquérir quelque chose de plus que la grande notoriété. Ces années furent du reste bien remplies, soit chez le prince de Lippe-Detmold, dont il fut maître de chapelle en 1834, soit en Suisse, où il lit plusieurs voyages, soit à Vienne, où il fixa sa résidence en 1862 et où il revint en 1869, sans esprit de départ cette fois, après divers séjours à Heidelberg,. à Hambourg, à Zuiich, à Baden-Baden.
Ce fut d'ailleurs à Vienne que Brahms fit exécuter l'œuvre qui devait l'imposer à l'admiration du public : le Hequiem allemand. L'œuvre est uniqueen effet, d'un sentiment large et pénétrant, d'une incomparable noblesse et d'ailleurs d'un style traditionnaliste.
Le critique allemand Hermann Seiters écrivait dans une étude sur Brahms : « Seul parmi les ar-
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ALLEMAGNE ini
listes de co siècle, Itrahms a des points de resseni- Haiicc avec Heolhovcii, aussi bien par sou stylis que par les formes (|u'il donne à ses créations et par sa facture. Itralinis, é{;al il ce ^rand inaitro par les dons innés, s'est engagé dans la même voie pour atteindre l'idéal auiiuel aspire tout véritable artiste. « C'est précisément une sorte de réincarnation lieetliovenienne que la critique française a reconnue ù. son tour dans le Ueijuicm. Cette musique, a écrit M. Camille Hcllaigue, Il apparaît très pure, très pieuse, à la fois puissaiit(' et douce. Volontairement isolée, contemporaine el ii\dé|)eridante de la réforme wapné^ ricuue, on dirait qu'elle l'ignore ou la dédaigne- Elle ne proti'stc pas; elle atteste seulement qw'i'.n dehors d'un mouvement en apparence irrésislihlc-, au-dessus d'un Ilot qui menaçait de tout engloutir, quelque chose de grand a pu naître et demeure. Le iicqukm alleinand, c'est un sommet très haut, très fier, et non submergé. » Et il conclut que rien ne s'y rencontre qu'on ne trouve déjà dans lieethoven : « Si \\ agner peut, d'un certain point de vue, être regardé comme l'héritier sous bénélice d'inventaire de Beethoven, sous des angles beaucoup plus nombreux il se révèle son inconscient mais irréconciliable contradicteur. Pour son disciple, ou son successeur i lo litre d'héritier est si lourd!), Beethoven eût plutôt reconnu parmi nous un Saiul-Saéns, un iîralims parmi ses compatriotes. Dans l'œuvre que nous étudions aujourd'hui, rien ne se rencontre qu'on ne trouve chez lieellioven. Entre l'auteur de .la Meuse solennelle et celui du Hcquiem allemand, la difl'érence est de degré, mais non pas de nature. Les noies sublimes de l'un donnent chez l'autre leurs harmoniques. Wagner est un grand novateur, Brahms est un gardien auguste, et l'analyse de son œuvre l'era mieux sentir que d'abstraites définitions tout ce que, de la forme classique, son génie mcjderne a pu tirer encore de vie impérissable et d'éternelle beauté. »
On ne saurait mieux dire, d'une façon générale. Quant au détail, constatons avec Hugo Iliemann que la rythmique de Brahms peut être considérée ii juste titre comme la continuation de celle de Beethoven autant qu'elle s'éloigne de la manière de Schumann (rythme marqué, maintenu pendant toute la durée d'un morceau cjui, naturellement, ne peut être que de dimensions restreintes) et recherche de nouveau la variété organique et le raflinement de la figuration dans le travail thématique. Beconnaissons d'ailleurs avec Hugues Imberl, qui fut un des meilleurs scoliastes de Brahms, que, tout en respectant les traditions classiques, le musicien de Hambourg a introduit dans ses œuvres des effets harmoniques si nouveaux qu'on peut le classer parmi les audacieux. « n n'y a pas jusqu'aux accompagnements de ses Lieder qui, tout en se tenant rapprochés de ceux imaginés par Schumann, ne s'écartent des sentiers iattus. Au-dessous du texte habilement traduit, il a placé une maquette musicale d'une ingéniosité et d'une liberté extraordinaires. »
En outre du Hequiein allemand signalons les Symphonies, les deux sextuors en si bémol et en sol, les quintettes, le concerto en ré, la cantate de Rinaldo. un Ave Maria pour voix de femmes et orchestre •ou orgue, les valses, les danses hongroises, deux rhapsodies, les œuvres chorales religieuses et profanes, les deux sérénades pour orchestre, les Lieder. Cette musique, essentiellement et excellemment musicale, est de plus une musique durable et dont la
réputation ira sans doute en s'accroissant dans l'avenir. Brahms est, comme Itaili, un des lares grands composili'urs qui n'aient jamais écrit pour le théâtre.
Joachim Raff. — BalT (Joseph-Joachim), né en 1822, à l.achiii, au bord du lac de Zurich, mort en 1882, fut aussi un comiiositeur de réelle valeur. Ses débuts se firent sons les auspices de Mendeissohn. l'ils d'organiste, le manque do ressources l'avait contraint h se l'aire maître d'école, mais l'appui de Mendeissohn, à qui il avait soumis ses pnniieis essais, l'aida à publier chez Breitkopf et llœrtel des morceaux de piano immédiatement remarqués. Ce fut la délivrance; Balf dit adieu à l'enseignement primaire eu se pt'omeltant de ne jamais reprendre la férule, et il devait se tenir parole en di'pit des épr'euves à traverser. En effet, après une tourrrée de concerts où il acconrpagna Listz, la mort de .Mendeissohn lui enleva la plus précieuse de ses protections effectives au moment oi'i elle lui était encore indispensable.
De même le contre -coup de la révolution de d848 et les troubles populaires de Stuttgard mirent ii néant les préparatifs déjà faits au théàtr'e de la Cour pour la repr'ésentation de son opéra Konig-Alf'rcd. H lui restait beui'eusement l'appui de Liszt, qui eut toujours une âme si fraternelle pour les corrfrères. Il le suivit à Weimar, oi'r se c(jncenti'ait alors l'école néo-allemande, et Koniij-Aljrt-d y l'ut repr'ésenti', mais n'obtint qu'un succès d'estime. Ayant éjiousé l'actrice Doris Gcnast, il se fixa, de 18jii à 1877, à Wiesbaden, où il écrivit la plus grande partie de son oHivre, puis devint directeur du Conservaloii'e Floeli de Francfori, ville où il se lîxa et demeura jusqu'à sa mort.
Pianiste et violoniste, il a écrit huit grandes symphonies (la troisième. Dam la f'oréi, est la plus connue), deux suites d'orchestre, des concertos de violon, de violoncelle, de piano, un ottetto, un quintette, etc. Sa musique ne révèle pas toujours une grande puissance d'invention; elle est parfois obscure ou précieuse, ce qui, sans doute, a empêché le compositeur de réussir au théâtre où, après KOnùj Alfreil. il a donné de la musique, de même pour Dernard de Weimar (18o8), Dame Kobold (1S70), Benedetto Marcello et Samxon. Esprit orné, Raff avait pris une part active à la rédaction de la Cœciliâ et de la tourelle Gazette ainsi que de VAnntiaire de Weimar, auquel il a fourni un travail sur la place occupée par les Alloiiands dans l'histoire de la nmsique. Partisan du mouvement waguérien, Ralf l'a soutenu dans ses articles et dans une brochure intitulée la Question de Waijner.
Ferdinand HiUer, né à Francfort en 1811, mort à Cologne en 1885, auteur de /iomi/tk 1 1839), de Traum in der Christnaclit (1845), de Konradin (1847), de Der Advolial (18o4), de Der Katahomben (1862), de Der Dese7'teur[[86o), de plusieurs oratorios, de compositions diverses atteignant le chiffre de deux cents, musicographe averti dont les feuilletons parus dans la Gazette de Coloqne ont été réunis eu volume. Il offre cette double particularité : 1° d'avoirfait un premier séjour de sept ans à Paris de 1828 à 183b, période pendant laquelle il fut quelque temps professeur à l'institut Choron et se lit une grande réputation comme pianiste: 2" d'avoir dirigé de 1851 à 1852 notre Opéra Italien.
Hugo Wolff (1860-1897). — Hugo Wolff, dont la re-
ENCYCLOPÉDIE DE LA MISIQUE ET DICTIOXyAlRE DU C0.\SER\'ATOIBE
nommée est restée considérable et sur lequel a été écrite toute une bibliothèque par les musicographes d'outre-Uhin, naquit le 13 mars 1860 à Windischpraz, en Styrie. Quatrit'nie fils d'un corroyeur qui faisait, en famille, delà musique de chambre, jouant du violon, de la guitare, du piano, il dut cependant vaincre la résistance paternelle pour entrer au conservatoire de Vienne en 1873. Il n'arriva pas à s'y accliraaler, fut renvoyé pour indiscipline et dut compléter lui-même son éducation musicale, tout en gagnant le pain quotidien. Instruit par l'étude directe des textes, il trouva aussi un précieux réconfort dans l'amitié d'Antoine Bruckner, symphoniste abondant cl modeste, de Motte et d'Adalbert de (joldschmidt. Ce dernier lui obtint en 1881 une place de second kapellmeister au théâtre de Salzbourg. Il n'y resta pas longtemps à faire répéter des chœurs d'opérette, revint à Vienne, y devint en 1884 critique d'un journal sportif et mondain, le ^alottblatt, où il combattit assez violemment les Italiens, et dont l'entourage exerçait en effet une iniluence ultra-réactionnaire dans le domaine musical. Entre temps il composait un poème symphonique sur Penlhésilée de Kleisl, composé en 1883.
La production effective de Hugo WollT dale de 1887, époque où son ami Eckstein fit éditer ses premiers recueils de Lieder. Vinrent ensuite (1888-1889) 53 lieder sur les poèmes d'Edouard Morike, une autre suite sur les poèmes de Gœthe (le Gœlhe-Liedcrbuch, 51 lieder), le Spanisches-Liederbucli, (44 lieder sur des poésies espagnoles). — 1890, Alten-Wcisen, un cycle de lieder sur divers motifs du poète suisse Gottfried Keller elle commencement de Vltalienisches Liederbuch, au lotal deux cents morceaux d'une robuste personnalité, écrits en deux ans avec une ardeur frénétique.
Des symptômes morbides allaient se révéler tout à coup. M. Romain Rolland, qui a témoigné à la mémoire du compositeur styrien une sympathie émue, cite ce passage caractéristique d'une lettre désespérée écrite par WolffàOskar Grohe en mai 1891 : n ...De composer je n'ai plus la moindre idée ! Dieu sait comment cela Unira! Priez pour ma pauvre àme!
« ... Depuis quatre mois, je souffre d'un marasme d'esprit qui me donne, très sérieusement, la pensée de fuir ce monde pour toujours... Seul doit vivre qui véritablement vit. Je suis depuis longtemps déjà un mort. Si c'était seulement une mort apparente! Mais je suis mort et enterré; la force de gouverner mon corps me prouve seule que je vis, que je semble vivre. Puisse la matière suivre bientôt l'esprit qui s'en est allé! C'est mon intime, c'est mon unique vœu. Depuis quinze jours, j'habite à Traunkirchen, la perle du l'raunsee... Tous les agréments que peut souhaiter un homme sont réunis pour me préparer un heureux sort... Le repos, la solitude, la plus belle nature, l'air le plus rafraichissanl. Bref, tout ce qui peut être au gré d'un ermite de ma sorte. Et pourtant, pourtant, mon ami, je suis la plus misérable créature de cette terre. Tout respire autour de moi le bonheur et la paix, tout s'agite, et palpite, et fait ce qu'il doit faire... Seul, moi, ô Dieu!... Seul, je vis comme une bête sourde et stupide. A peine si la lecture me distrait encore un peu! Dans mon désespoir, je m'y jette. Pour la composition, c'est fini : je ne peux même plus me figurer ce que c'est qu'une harmonie et une mélodie, et je commence presque à douter que les compositions qui portent mon nom soient vraiment de moi. Bon Dieu ! à quoi
bon tout ce bruit... à quoi bon ces magnifiques projets, si c'était pour en arriver à cette misère ! »
WoUf composait cependant 15 lieder italiens à la fin de cette même année; puis venait une interruption de quatre ans. En mars 1893, il composait la partition d'un Correrjklor tiré par M™'' Rosa Mayreder d'une nouvelle espagnole de Pedro de Alarcon. La pièce tomba. Mais WollF n'était nullement découragé; en 1896 il écrivait les 22 morceaux de la seconde série italienne, puis le commencement d'autres lieder sur des poésies de .Michel-Ange traduites en allemand par Walter Robert Tornovo. En 1897 il abordait furieusement la musique d'un nouvel opéra. Au milieu de ce travail il était terrassé par un premier accès de folie; on l'internait jusqu'en janvier 1898 dans la maison de santé du docteur Svetlin; il semblait entrer en convalescence, mais au retour d'un voyage il fallait le transporter dans une maison de fous, à Vienne; la paralysie générale se déclarait en 1899, el le malheureux musicien ne faisait que se survivre jusqu'au 16 février 1903, où il était enlevé par une péripneumonie.
Pendant cette longue et affreuse agonie, la renommée du compositeur avait grandi; ses lieder étaient devenus populaires, et après sa mort se fondèrent partout des Hugo-Wolffvereine. Mais la série qui a gardé la plus grande vogue, celle qui figure sur les pianos des plus pauvres maisons de Souabe, à côté des œuvres de Schubert, c'est la première publiée : 33 Gediclile von Eduard Morike Komponiert fur eine niir/st und Klavier. Suivant la très juste observation de M. Romain Rolland, tous ces lieder sont caractérisés par l'apidication à la musique lyrique des principes établis par Wagner dans le domaine dramatique. « Il ne s'agit pas ici d'une imitation de Wagner. On retrouve çà et là, chez ^\■olff, des formules wagnériennes mon moins d'ailleurs que des réminiscences évidentes du Berlioz) : c'est là la marque inévitable du temps, et chaque grand artiste, à son tour, contribue à enrichir la langue courante de tous. Mais le wagnérisme profond de Wollf ne consiste pas en ces ressemblances inconscientes; il est dans sa volonté de faire de la poésie le principe de la musique. « Montre avant tout, écrivait-il à Humperdinck en 1899, montre la poésie comme la source de ma musique. »
Friedrich Lux, organiste, chef d'orchestre et compositeur, né àRublaen 1820, mort à Mayence en 1895, a laissé de nombreux lieder et trois opéras. Mentionnons encore Albert, dont la carrière eut des débuts romanesques à Weisheimer; le critique et musicien Ehlert, qui a dirigé à Florence la Société de chant Societa C/ientbiiii et a écrit des morceaux pour piano, des lieder et des chci'urs; les symphonistes Grimm, Jadassohn, Anton Bruckner, dont on a pu comparer l'orchestration à celle de Wagner. Adolf Jeusen, né à Kœnigsberg en 1837, mort à Bade en 1879, a composé des iiedertrès nombreux, tantôt par simples séries numérotées, tantôt en groupement de cycles (notamment Dolorosa d'après les Larmes de Chamisso) et un Eratikon (recueil pour piano dont les sept pièces sont mises sous l'invocation de noms antiques, E>os, Electre, Galatée. Le grand pianiste Reinecke a été peut-être moins célèbre comme compositeur que comme virtuose, comme éditeur des œuvres de clavier de Bach et comme dirccleur demusique d'abord à Breslau, puis au Gewandliaus. Signalons aussi Franz Doppler, né à Lemberg en
//IsrallllC DE I.A MUSlnl E
1821, mort à Badcn en 188:), qui lit représenler plusieurs «pi'i-.is au IIk'.iIil' iIi' l'iTtli, cl :'i ViiMine un opéra allcniand, Juilitli; Karl August Fischer, né k Kbersclorl' en I8;ÎS, ruorl a Dresde en I8'J2, auteur de qualrc syin[ilioiiies pour orijue et orchestre, île trois lonci-i tos pour or-^ue l't de ro|(éra I.orclci/: Ernest Frank, ik' à Muuirh eu 1847, mort à Olierdoblin;^ eu 1889, cliel' d'orchestre cl compositeur, a écrit divers opéras : Ailuin île lu llullr i|S80\ liera itSSU, Der Slurm (1S87); Heinrich Frankenberger, né à Wiimbach en 18i4, mort àSoiiJcrcliaurcu on I88;i, auteur de trois opéras : /)iV llochzcsl zu Vcnctiiij, Viiifta. Der Gilnfilini/: Robert Franz, né à Halle en 18lo, mort dans la niénic ville en 18'.i-2, auteur de 250 lieder et célélire par sa très adroite révision des ceuvres de Bach et de llaendel : Willhem Fritze, né à Brème en 1842, mort à Stiitt?,'ard en issi. auteur des oratorios Fiiifinl et fidrù/; Karl Grammann, né à l.ubeck en 1844, mort à Dresde en 1897, auteur de trois opéras, Meltisiiie (1875 , Tlni^iieliler (18Si;, Dax Andrenglist (I88i ; LudovigGrùnberger, pianiste compositeur, né à Prairue eu I8,!9, moi t dans la même ville en 1896, auteur de nombreux morceaux de |iiano, d'une Sorilische Suite et d'une lliiinorcsquc pour orchestre; Franz Holstein, né a lirunsnick en 1826, mort à Leipzii; on 187S, a composé trois opéras très représentés : Ik'j- llaidoichaclit (1868), Ucr Erhe von Morlei/ (1872\ l>ic lloiltldivtcr ({Sld); voici également l'organiste Homeyer il8o3-189P, auteur de Canins Grvijorianits: August Horn, né ii Kreiburg en 182S, mort à Leipzii; en iSO.i, auteur d'un opéra Oie Sachburn (18751 ; Joseph Huber, né en 1837, mort en 1886, auteur de deux opéras. Die Rose von Lihanon et Irène; Martin Rœder, né à Berlin en 1851, mort à Boston en IS'.Ki, auteur de deux mystères, SanUiMnria et Maria Maydulina. et trois opéras, Pielro Candiano IV, Judilh et Vera.
Groupons entin de notoires disparus : V/oldemar Bargiel, le demi-frère de Clara Scliumanu ^1828- 1897 :FranzBehr(1837-1898i:KarlBendll8:fS-l897 ; Emile Breslaur 1 1836-18901; Hans de Bulow, également célèbre comme pianiste, clief d'orchestre et compositeur 1 1830-18941 ; Alexandre Dorn, pianiste et compositeur (1833-190Il; les trois compositeurs tchèques Antoine Dvorak 1841-10041: Suretanai 1824- 1884); Zdenko Fibich (1850-1900): Henri Ehrlich !l822- 1899); Félix Dreyschock IS'iO-l'.iOO: ; Franz Erkel fl810-lS931; Siegmund Goldschmidt (18Io-In77i; Herzogenberg I8'i:>-1900 ; Henri Hoffmann 1842- 1902 :Frédéric Kielil821-18S5):Kirchner (1823-1903); Kleinmichel 1846-1901 ; Klughardt (1847-1902); Kôhler 1820-1880 ; Krause 1834-1892); Krug (1820-
1880); Kullaki 1823-18621 ;Ki8llerl8VR-l'.imir,Loerchhorn (1819-190;;): Mcinardus i |S27- iM'ir, ; Merkel (1827-188.1); Gustave Malher, Ernest Pauer i |n26iyo;;i; Rhelnberger ilHim-f.Mii ; Schachner l>^2l- 189()|; Schad ls2:;-IS'i8i; Stark i Is.ii-Ins'.i ; Vierling (l82o-i',Mi| ; Volkmann IH15-|h8:! ; Wilraers ( 1821 -1878); Wollenhauplils27-lsr,3i; Franz Wullner 1832-19021; Julius Zellner (1832-1900).
11 convient de ne pas oublier la séduisante et spirituelle musique de danse en honneur k Vienne, ainsi que l'opérette viennoise, qui est en quelque faeon une application de cette musique de danse à l'art tlié.Ural. De tout temps, le pul)lic autrichien a vivement f;oûlé la musique i.'aie, parfois même parodique, comme celle d'Adolphe MùUer, avec sa Dame yoire, son Barbier de Siiirriii'j, son Velil Othello, son Robert le Diantre. Mentionnons aussi les danses alertes, rythmées, dans le izenrc que l.anner mit en valeur avec tant de relief et de richesse inventive. Dans la même série ligure le fécond et élégant Joseph Gung'l. On sait enfin quels succès furent remportés par deux dynasties, celle des Strauss, d'abord Jean le père, né en 1804, puis le fds, Jean deuxième du nom), l'auteur de la Reine Indii/o, de Cuylioatro, de la C/iaurc-Soi/ris (devenue dans l'adaptation française la Tzigane), et celle des Fahrbach.
En ce qui concerne l'opérette, observons que c'est en Allemagne, à Cologne, qu'était né Jacques Offenbach, parent d'un « hazan » de la synagogue qui s'est signalé par des travaux analogues à ceux de M. Naumbourg, l'auteur de la curieuse collection désignée sous le nom de Sernirot Israël. Mais, par sa carrière, Oti'enbach appartient à la France. Son rival vraiment allemand aura été Franz von Suppé, né à Spalattro, en Dalmatie, eu 1820, mort à Vienne en 1895. Suppé s'est essayé dans la composition grave.; il a écrit une Messe, un Requiem, une symphonie, des ouvertures, mais c'est à son bagaije d'opérateur léger : Fatinitza, Tricoche et Cacolet, lioccace, la Darne de Pique et autres opérettes dont plusieurs ont été traduites et portées sur notre scène, qu'il aura dû sa véritable renommée. Gustave-Adolphe Hœrtel, né à Leipzig en 1836, mort à Hambourg en 1S70, a également composé trois opérettes.
Karl Milloccker, né à Vienne en 1842, chef d'orchestre et compositeur du théâtre « An derWien», a écrit un grand nombre d'opérettes, et un non moins grand nombre de vaudevilles. Mais sa réputation, considérable on .Allemagne, n'a pas eu de rayonnement par delà les frontières.
Camille LE SENNE, 1013.