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Histoire du Théâtre-Français, t. XIV

4. Adrê du Bos, Héfiexions critit^ues sur la poésie et sur la peinture, l'iSS, III, 1-U.

D. Lemazurier, Galerie historique des acteurs du Théâtre-Français, ISIO.

6. Boileau et l'abbé Dti Bos apporleol leurs témoiguageâ à l'appui de cette assertion, dont il ne paraît pas possible de douter.

7. Haciue faisait paraître Bérénice, Bajazet, Afithridnte, Iphifjénie et Phèdre, précisément dans les années où Lnlly faisait jouer ses premiers opéras, c'est-à-dire dans les années où il formait son style récitatif; et ces tragédies de Racine servaient de débuts à la Champmeslé.

les Ions » de Racine, sur la déclamation personnelle tle Racine, el que c'est cette déclamation qu il a notée en musique '.

La première chose qui frappe dans la tragédie do Lully, c'est la place émiiicnic qu'y lient le récitatif. Il n'en est pas un accessoire, une sorte de lien factice (|ui unit les dilVérenls airs; il est le cœur de l'iiMivre. Dans ce siècle de l'intelligence, le récitatij' représcniait la partie raisonnable de l'opéra, le raisonnemi'iil mis eu musicpic; on s'en déleclail. Ce fut principalement par là que Lully établit sa supériorité. « Après lui, dit la Viévilb;, ou pi'Ul trouver des airs el des symphonies qui valent ses airs el se» symphonies. Mais sou recitalif est inimitable. Nos mailles d'aujourd'hui ne sauraient attraper une certaine manière de réciti;r, vive, sans être bizarre, que Lully donnait à son chanteur. » — La première loi de ce réi;itatif, c'est la stricte observation du style syllabique. La ligue déclamée est nettoyée de toute Cl végétation mélodique », comme dit M. L. de la Laureiicie. Lully réagit vigoureusement contre le goût italien des vocalises, des <c roulements », des « doubles » (c'est-à-dire, des répétitions ornées), que son beau-père, Lambert, avait contribué à mettre à la mode; non seulement il évilaitd'en écrire, mais il se mettait en fureur, quand les cliauleurs, suivant la coutume, ajoutaient quelques liorilures k la partie qui leur était conliée. « Point de broderie 1 leur criait-il. Mon rccitalif n'est fait que pour parler, je veux qu'il soit tout uni*. » — Le récitatif de Lully épouse donc lidèlement les mouvements du discours. .Mais, avant tout, il en épouse les rythmes poétiques, il se moule sur les vers; et c'est là souvent, il faut bien le dire, une graiiile cause de monotonie. Quelle que soit l'habileté de (Juiuault à varier dans ses vers les accents rythmiques, sa di'elamation, traduite eu musique par Lully, est dominée pai l'acccntualiou exagérée de la rime dans les vers courts, de la césure et de la rime dans les alexandrins. On trouve souvent des steppes de récitatifs et d'airs, scandés de la façon suivante :

Il n'est rien

dans les cioux,

Il n'est ricQ 1 ici - bas

C c ' \tt c

De si charmaat que vos appas.

Arrêtez, belle Iris, différez un moment

D'accomplir

en ces lieux

ce que Juoon

dé-si-re.

bU' b

Lully mit en musique l'Idylle sur la Paix de llacine ; el, d'après le internent de Louis Racine, il y > avait parfailemeat rendu le l>uèie ". Le Prévost dExmes raconte aussi, d'après un récit do Louis Racine, que LuUy mit un jour en musique et uhauta les vers d'Jphigénie :

.' Un jirètrc environné d'une foule cruelle Porlcru sur lua IJlle une niaiu criminelle, etc. >

et (ju'il lit frissouoer l'auditoire par la vérité et la véhémence tragique de ses accents.

S. Lecerf de la Viéville.

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