Détail emprunté au même bas-relief que la figure
Exr.yr.Lnpicnn-: de la MisrorE et dictiowaire dv coxsEnvATnrnE
deux malt, que l'on jouait à la fois, et non pas un ^ instrument spécial.
Enfin, les Arabes d'Egypte emploient encore de nos jours une flûte double absolument semblable à celle des anciens Égyptiens, llùte ù laquelle ils don- j nent le nom de zùummanih. Or ils se servent de cette flûte, non pas pour jouer deux notes difTérentes a la fois, mais bien pour doubler chaque note en bou- ! chant toujours ensemble les deux trous correspondants de la paire de flûtes. Pourquoi ce dédoublement d'embouchures et de trous? Uniquement parce que, > d'un côté, le son propre de chaque embouchure diffère tant soit peu du son de l'embouchure voisine, et, en second lieu, parce que, les trous n'étant pas percés à des distances l'un de l'autre mathématiquement identiques, il se trouve que les deux notes produites par les trous correspondants sont très légèrement dissemblables. Différence dans le son propre de chaque anche, différence dans le nombre de vibrations des notes se correspondant, tel est le but recherché ; le résultat en est, pour la sonorité, plus de force et plus démordant. En fait, l'exécutant joue deux flûtes et non une seule, non pas pour faire entendre deux parties distinctes à la fois, mais pour tenir à lui seul l'emploi de deux exécutants jouant ensemble un même air sur deux instruments différents.
Il est donc vraisemblable que, si les anciens Égyptiens donnaient à la flûte double le même nom qu'à la flûte simple, c'est parce qu'ils se servaient de cette flûte double comme les Arabes se servent de la zownmarah. On doit remarquer, d'ailleurs, que le mot zoummarah appartient à la même racine que zamr, qui est, comme nous l'avons vu, le nom moderne de l'ancienne malt simple égyptienne. La zoummarah est pour les Arabes, philologiquement et pratiquement, un simple développement du zamr, tout comme, pour les Égyptiens, un seul et même instrument, la mait, pouvait avoir tantôt un, tantôt deux tuyaux.
La 7nail double était employée aux mêmes époques et dans les mêmes conditions que la màit simple.
1). La flûte double à tuyaux formant un angle. — Cette quatrième espèce de flûte ne se rencontre figurée sur les monuments qu'à partir du début du Nouvel Empire. C'est l'époque où l'Asie fut révélée à l'Egypte, grâce aux conquêtes de ses jiharaons. Ce fut alors, par tout le pays, comme une orgie de sémitisrae; on éprouva un besoin affolé de se repaître de toute chose nouvelle apportée d'Asie. La musique se ressentit de cet irrésistible caprice de la mode. Quelques instruments d'origine asiatique vinrent enrichir les orchestres égyptiens.
C'est à cette époque que, parmi les instruments à cordes, on introduisit en Egypte le trigone, la cithare et la guitare; les Égyptiens ne possédaient que la harpe, et ces emprunts se comprennent. Mais on s'explique moins que les musiciens égyptiens aient cru devoir ajouter une flûte nouvelle à celles qu'ils possédaient déjà et que, dédaignant l'ancienne flûte double à tuyaux parallèles, ils l'aient remplacée par une flûte double plus gracieuse peut-être de forme, mais beaucoup moins riche en notes et, par surcroit, bien plus difficile à jouer et d'un maniement bien moins commode.
Cette double flûte asiatique, que l'on voit à partir de la XVIIIe dynastie représentée à profusion sur les bas-reliefs, presque à l'exclusion de toute autre flûte, ne différait de l'ancienne double flûte égyptienne que par la disposition de ses tuyaux (fig. 42). Au lieu d'è-
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