CHAPITRE IV
Les sjslemes.
Le terme de système, tijào^, a déjà élé expliqué, puisqu'il était indispensable à l'exposé de la transposition (p. 07, texte et noie 14); il y a lieu à présent de lésumer les idées des auteurs chinois au sujet des lyào mêmes. On peut dire (p. 90, note 3, et p. 98) que la gamme, yi'm, est suffisamment définie par son initiale et que les t!j(ïo rangés sous une gamme donnée sont les diverses formes revêtues par celte échelle quand l'initiale est successivement prise comme prime, seconde, etc.; la distance- des demi-Ions à l'initiale variant de manière concomitante, ces diverses formes conslituent autant de modes établis sur la même initiale. Tous les tyâo de kOng |1"'=) sont construits de même; tous les ty;io de 2''% tous les tyâo de 3''=, présentent respectivement la même disposition d'intervalles. Les dilTérents tyào de i"" ne dilFèrent que parce qu'ils sont basés sur les différents lyû; on fera la même remarque pour les tyào de 2'''^, de 3'-% etc. C'est ainsi que toutes nos gammes majeures sont construites de même, mais sur chacun des degrés de notre échelle musicale : la nomenclature chinoise considère et dénomme chaque ty;Jo isolément; l'expression (c mode », au contraiie, désigne la forme de toutes les gammes de même structure ; donc tous les tyâo de 1™" appartiennent au même mode, tous les lyào de 2''"' au même mode, etc. La classification usuelle rapproche les tyào ou systèmes non en raison de leur forme et par mode, mais soit pour leur initiale (p. 98), comme si nous réunissions toutes les gammes débutant
par la, toutes celles qui commencent par si, etc., soit suivant une autre loi (pp. 116, 117).
« Bien que la musique' admette 5 degrés, cependant, pour le début et la fin de la mélodie on prend toujours un seul degré qui est dominant. Si l'on joue dans le mode de kOng, l'initiale et la finale de la mélodie sont dominantes et dans le degré 1""=... Si l'on joue dans le système de liwàng-tchông fondamentale, parmi toutes les notes c'est loujouis le hwàng-tchûng qui marque les divisions rhythmiqiies. » L'auteur continue en répétant sous plusieurs formes cette règle dont Tcbofi Hï donne déjà des exemples. " Si le caractère kwân de l'ode Ktviin t&hiiû'* répond au système de woù-yi, pour la finale conclusive paraîtra aussi le son woû-yi à l'unisson du premier; le caractère hù de l'ode Ko thdn répondant au système de hwàng-tchûng, pour finale conclusive paraîtra aussi le son Invàng-tchông à l'unisson du premier. » Le prince Tsài-yu cite un autre passage de Tchoû Hï : « Si la première note est le degré prime % la dernière note sera aussi le degré prime, et ce sera un système de prime. Si dans la mélodie il y a des pauses, les cinq notes, suivant la coutume ancienne, sont toutes en usage [comme finales] et l'on n'emploie pas uniquement et partout le degré prime. » Il résulte de ces remarques que la mélodie classique a la même note comme initiale et comme finale ; cette note, sorte de tonique ou de dominante, est l'initiale du système dans lequel est conçu le morceau ; le système ne sera d'ailleurs déterminé que quand on connaîtra les autres notes de la mélodie, puisque toute initiale correspond à plusieurs systèmes. Dans la période récente, la finale du morceau sert aussi de finale à chaque membre ; au temps de Tchofi Hï cette règle n'était pas impérative. L'hymne donné comme exemple par le prince Tsài-yu et écrit selon les principes stricts, est tiré du recueil officiel de LèngKhyin.
Hymne pour le sacrifice aux Ancêtres impériaux (partie de chant)*.
Texte primitif et 1"^ tr.inspo^ition.
Très lent
.Klûng.yuên fa siâng, chî te wêi tchhông. Tchî wô tsoù tsông.
tf
roi
khai kî kién kôug^ Klng-toû tchi uéi, tshin miao lsâi foiig.
^ u Wêi wo tseîi s\vën, yong h\vâi lsoù tsong. ^ ° Q » il I » ^t
Khi thî tsë th
ong,
TT-
1. Ce mot est parfois remplacé par yîn. son. ou par /ch}/it. mt^lodie, lanitis que ti/no prend le sens de gamme, yni.
'2. l^es intervalles successifs de la gamme type sont les suivants : Incdng thi'ii koi'i jirri Un tn'ni j/in/j hiràiKj \ Ion I ton 1 Ion 1 :; ton 1 Imi 1 Ion l/:i ton
Dans tous les renversements on trouvera constamment une s6rie de ^ tons et inic de :i tons, séparées par dos intervalles de 1/2 ton. Nos gammes majeure et mineure avec note sensible répondent â ;
majeure; 1 ton, Iton, l/3ton, Iton, Iton, lion, l/2ton;
mineure: 1 ton, i/2ton. 1 ton, 1 ton. i/iton, 1 1/2 ton, l/2ton-. elles sont donc plus éloignées l'une de l'autie que ileux modes chinois entre eux.