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LES INSTRUMENTS A CORDES

Généralités.

Les instruments à cordes sont très fréquemment

figurés sur les monuments et sont représentés dans nos musées par un certain nombre de spécimens découverts dans les tombes. Malheureusement, l'étude de ces instruments est à la lois extrêmement malaisée et absolument décevante. Si l'on veut se contenter de décrire les harpes, cithares et guitares peintes sur les parois des tombeaux ou des temples, la besogne, en somme, se réduit à accompagner de quelques mots plus ou moins superflus et inutiles un

recueil, qui peut être très volumineux, de dessins d'instruments relevés sur les monuments. Dans ce cas, lo dessin est tout et le texte n'est à peu près rien. Mais si l'on veut aller plus loin et chercher à se rendre compte, comme nous avons essayé de le faire pour les ilùtes, du rùle pratiiiue que jouaient les instruments à cordes dans les orchestres égyptiens, on est immédiatement arrêté par mille difficultés presque insurmontables.

D'une part, en elIV't, les artistes égyptiens ne se souciaient pas beaucoup de rendre scruimlcuscment tous les détails techniques d'instruments compliqués dont le mécanisme leur paraissait chose indifférente. Combien de fois n'ai-je pas rencontré des harpes auxquelles les peintres pharaoniques ont donné dix chevilles pour six cordes, huit chevilles pour douze cordes'? On ne peut donc, en somme, se fier ni au nombres des chevilles, ni au nombre des cordes représentées. Comment s'attachaient ces cordes? Il est tout à fait impossible de s'en rendre compte d'après les représentations. Quels rapports de longueur existaient entre les cordes? Parfois toutes les cordes sont de même dimension et devaient par conséquent, toutes choses étant égales d'ailleurs, donner la même note. D'autres fois elles présentent tant de différence entre elles que, sur six ou sept cordes, la plus petite, quatre ou cinq fois moindre que la plus grande, devait sonner à plusieurs^octaves d'intervalle de la première. Plusieurs octaves pour six ou sept cordes, c'est bien invraisemblable. Il n'y a donc, on le voit, rien à tirer, au point de vue acoustique, des représentations d'instruments à cordes. Sans compter que les dessinateurs modernes de ces peintures antiques viennent ajouter bien souvent leur dédain ou leur ignorance du détail important à rendre, à la négligence ou à l'incompétence musicale de leurs confrères d'autrefois.

D'ordinaire, un sculpteur égyptien venait, sur un croquis dessiné légèrement à l'encre, exécuter en bas-relief les détails d'une harpe. Il ne prenait pas toujours la peine de graver les cordes, travail pénible et peu intéressant, et laissait au peintre qui devait achever l'œuvre le soin de les tracer lui-même en couleur. Mais il se trouve que, dans la plupart des cas, les couleurs ont disparu avec le temps : et voilà pourquoi nous nous trouvons si souvent en présence de harpes sans cordes, où les mains de l'exécutant semblent jouer dans le vide (fig. 46 et 39).

D'autre part, l'étude des instruments à cordes exposés dans les musées est impossible à faire de loin. Des photographies, même très nombreuses et admirablement réussies, laissent toujours dans l'ombre et dans le doute des détails d'importance capitale. Des descriptions, des mensurations, n'ont de valeur que si celui qui les donne est très compétent en matière de facture d'instruments à cordes, ce qui est rarement le cas parmi les conservateurs de collections archéologiques. L'aider de loin et lui préciser les points spéciaux à étudier? Mais comment le renseigner à ce sujet, puisque, précisément, on lui demande des renseignements sur un instrument qu'on ne connaît pas'? Pour les llùles, la chose est des plus simples; il suffit d'envoyer un croquis théorique avec indication des mesures à prendre. Pour les instruments à cordes, il n'y a qu'à se résigner à faire un voyage à Berlin , Londres , Turin ou Leyde.

1. Vuir dans J. Gardner Wilki?(son. op. cit., t. I, p. 192, Cg rcprésenUtioa d'exercices de marche au son de la Irompelle.

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