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De Iside et Osiride, cap

ESCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.X.XAIRE DU COXSERVATOinE

Enfin, — et c'est là qu'après les dillicultés plus ou moins heureusement suimonfées apparaît la déception, — comment, même si on a une harpe égyptienne entre les mains, à sa disposition absolue, même si on la possède en toute propriété, comment se rendre compte des notes qu'elle pouvait donner?

Pour les flûtes, le procédé n'a rien de difficile. On peut, même de loin, par le calcul, savoir quelle note une flûte doit donner. D'après la loi d'acoustique 11=:-—-, on sait que si une flûte mesure 0™,96o,

on n'a qu'à faire l'opération

; = 174 pour

'2xo.y63

en conclure que la note fondamentale de cette flûte, ayant 1"Î4 vibrations à la seconde, est exactement au diapason de notre fa^, qui a 174 vibrations. Or, c'est justement le cas pour la flûte n» 0 : elle mesure O^.Oeo et aurait certainement donné le /'Oj si, on l'allongeant d'une embouchure de quelques centimètres, on ne l'avait fait baisser d'un demi-ton, ce qui a amené un mi,.

Mais, pour les cordes, les lois physiques sont bien plus complexes. Outre la longueur de la corde, il faut prendre en considération : 1° son diamètre; 2° sa densité; 3° sa tension. Or, ces éléments nous font totalement défaut, les harpes nous étant la plupart du temps parvenues sans cordes, et d'ailleurs la tension primitive, qui est le point principal, étant absolument impossible à déterminer dans un instrument détendu par le temps.

11 n'y aura donc pas lieu de dresser, pour les instruments à cordes, une liste descriptive analogue à celle qu'il était indispensable de donner pour les flûtes. Est-ce à dire qu'on ne peut tirer aucun parti, concernant les principes de la musique égyptienne, des représentations de harpe sur les monuments"?

Ce serait aller trop loin. Je crois, au contraire, que, lorsqu'on aura résolu complètement les divers problèmes que nous offre l'étude des flûtes, on pourra utiliser avec avantage les scènes dans lesquelles des harpistes sont représentés en train de jouer en même temps que des flûtistes.

En effet, étant donné, par exemple, telle scène où un flûtiste est accompagné d'une harpe à 22 cordes, comment expliquer cette union de deux instruments dont l'un ne possédait en pénéral que quatre ou cinq notes, tandis que l'autre en possédait quatre ou cinq fois plus'?

Je sais bien que « qui peut le plus, peut le moins >■, et que le harpiste pouvait, accompagnant à l'unisson une flûte à cinq notes, n'utiliser que cinq cordes de sa harpe. Mais l'explication est peut-être trop simpliste, et il y aura lieu, vraisemblablement, d'examiner ces deux points : 1° le harpiste ne faisait-il pas, sur un chant très simple de flûte, un accompagnement plus compliqué; 2° le flûtiste, — et c'est là une question extrêmement intéressante à étudier, — ne pouvait-il tirer de sa flûte, outre les cinq notes fondamentales, les premiers et seconds harmoniques de ces notes,

en la faisant octavier et " quiiiloyer», comme écrit Fétis à propos de la flûte de Florence?

Notre travail, en somme, doit donc se borner à l'énuméraiion chronologique des quelques instruments à cordes connus des anciens Égyptiens, avec quelques remarques sur les particularités intéressantes que, par hasard, peuvent nous fournir les représentations.

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