‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 25 sur 1158 · V. — Le trigoiic · texte numérisé non relu

V. — Le trigoiic

En donnant ce nom à une harpe égyptienne qui présente exactement la forme d'un triangle , je ne prélends en rien empiéter sur un domaine qui m'est étranger et exprimer implicitement une opinion personnelle sur ce qu'était le -:pi-,'iovov des Grecs. J'emprunte seulement à la nomenclature musicale grecque un terme qui est commode et significatif.

Dans le trigone, la tige qui soutient une des extrémités des cordes, et le corps sonore, rectiligne, auquel s'attache l'autre extrémité, forment un angle qui est, danun seul cas, un angle droit, mais le plus souvent un angle aigu.

Les représentations du trigone sont, du reste, aussi rares sur les monuments égyptiens qu'elles sont fréquentes sur les monuments chaldéo-assyriens. Je n'en connais que trois, dont je donne la plus caractéristique (fig. 59).

Des deux autres, publiées par Wilkinson', l'une représente une femme ornée de la coilîure particulière à la fin de la XVIII» dynastie et portant un trigone à angle droit, muni de neuf cordes dont les bouts pendent au-dessous de la tige horizontale inférieure et sont terminés par des floches; l'autre, d'Époque gréco- romaine, dieu Bès (dieu d'origine étrangère gone à angle aigu pourvu de seize cordes-. Ici encore les cordes pendent au-dessous de l'instrument et sont terminées par des floches. 11 en est de même du trigone assyrien, ce qui nous prouve l'origine

asiatique de cet instrument, que les Ivu'ypliens n'ont connu qu'il partir du .Nouvel Empire, ù l'époque des grandes guerres de Syrie. Eiilin, le tri:,'ono ((ue je donne ici et ipii date de l'Epoque saite, semble n'avoir ni cordes ni floches. J'ai déjà indiqué les rai-

FiG. 60. — Le trigone du Musée égyplien du Louvre^.

nous montre le jouant d'un tri-

Page 1