‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 26 sur 1158 · Op. cit., l. 1. p. 469, fig · texte numérisé non relu

Op. cit., l. 1. p. 469, fig

2. U serait possible de retrouver d'autres représentations du trigone ea étudiant de près l'iconographie du dieu Bès, mais elles n'auraient

sons de semblables lacunes : cordes et floches étaient ])eiiites, tandis que le reste est sculpté, et les couleurs se sont effacées, faisant disparaître floches et cordes. Mais on voit distinctement la silhouette d'ensemble des cordes, qui forme un vaste triangle, et celle des floches, qui dessine un long rectangle au-

qu'uiie iniporlaiiri' rfiativL-, liuiagerie religieuse se piquant peu de réalisme et éLaiit. la plupart du temps, fort sclléiuatique. 3. D'après un dessin de l'auteur.

Esr.yr.LOPÉDiE de la mvsiqve et dictiowaire du conservatoire

dessous de la tige horizontale d'attache des cordes.

On a trouvé assez souvent, dans les tombes égyptiennes, des barres d'attache de trigone, le reste de linstrument avant été détruit par le temps ou enlevé par les voleurs antiques, à cause de la ricliesse de son revêtement de cuir. Le Musée de Leyde, au coniraire, détient le corps sonore seul d'un trii-'one dont la barre d'attache des cordes n'a pas été retrouvée. Mais le Musée égyptien du Louvre possède un trigone complet, dont les cordes et les floches ont été restaurées d'après les quelques débris qui adhéraient encore à l'instrument lorsqu'on le découvrit.

Le trigone du Louvre (fig. 60), par ses formes et par ses proportions, ressemble tellement au trigone d'Époque saïte (fig. 59) qu'on croirait presque qu'il a servi de modèle au sculpteur du bas-relief. La comparaison du bas-relief avec l'instrument ori;;inal nous enseigne, dès le premier coup d'œil, une chose assez piquante : c'est que le trigone du Louvre, reproduit bien souvent, a toujours été publié à l'envers, et que c'est également à l'envers qu'il est exposé dans la vitrine du musée (à moins qu'on ne l'ait retourné depuis la dernière fois que je l'ai vu). Le trigone, en effet, est une harpe renversée, dont le corps sonore est en haut et dont la barre d'attache des cordes est en bas. Dans cette position, les floches sont décoratives et non gênantes, puisqu'elles pendent sous l'instrument; dans la position inverse, la barre en haut, elles pendraient contre les cordes et empêcheraient toute vibration.

J'ai examiné et étudié longtemps le trigone du Louvre. Le dessin que j'en donne, dont chaque détail a été minutieusement mesuré, ne ressemble en rien aux figures qui ont, jusqu'ici, été données de l'instrument. Je le regrette pour mes prédécesseurs. La négligence avec laquelle, dans les ouvrages de vulgarisation, souvent même dans celui de Wilkinson', on reproduit les dessins d'instruments de musique égyptiens, est une chose que j'ai remarquée depuis longtemps et qui m'a bien souvent gêné au début de mes recherches. J'ai perdu bien du temps, pour ne citer qu'un exemple, avant de découvrir que la fenmie aux longs cheveux qui joue de la harpe dans le Dictionnaife des antiquités de Rich (s. v. Sambuca) n'est autre chose que le prêtre harpiste à la tête rasée du tombeau de Ramsès III.

Le trigone du Louvre mesure l'",125 de hauteur. Le corps sonore est recouvert de maroquin vert orné, çà et là, de découpures de cuirs de diverses couleurs. L'instrument est pourvu de vingt-deux cordes, dont la plus petite mesure 0"",2b8 de partie vibrante, et la plus grande 0",94. Ces cordes sont montées sur des chevilles qui sont alternativement en ébéne et en bois clair (cf. la fig. 50).

J'ai mesuré soiirneusement chaque corde, mais je me garderai bien de donner ici une longue liste de chifl'res, ayant montré que, faute de connaître la tension antique des cordes, ces mesures ne servent absolument à rien, qu'à suggérer des hypothèses sans portée sérieuse.

1. Comparer, par exemple, avec ma figure 50, la figure 217 de Williinson, qui va jusqu'à donner en grand des détails d'atlachc de cordes qui n'ont jamais existé sur le document original.

2. Les rares renseignements que l'on connaît sur Kliîsibios nous sont fournis par Athénée {Deipnosoph., IV, 75) et Vitruve [De architect.. IX, 9; -K. lit.

3. Philonis Mech. Synt., 77,42. 6d. R. Schœne .- xïi vjo i^;' ^f ç cûpiYïo; t'f,; xpo-JO^svT,; T2Î; y^pTiv, ■?,•/ X=vo;jlev ■j£pau>,iv.

4. Cf. sur ce sujet W. Schmidt, Heroitis A'exandrim opéra qux superiunt omnia, Lciijzig, t. 1, 1899, p. il et 459, n. 2.

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