Ibid,, \i. X, n. 1 et lxx
6. P. Ta^nehy, Athénée sur Ctêsiàios et l'hydraulis (dans la fievue des études grecques, Paris, t. IX, 1896).
7. Sur cette question de la date où vécut Ktêsibios, consulter, comme ouvrages les plus récents qui contiennent toute la bibliographie antérieure du sujet, W. SoHïiiDT, 'S\ann tehte Héron von Alexandria? liions Heroms Alexandrini opéra, t. I. is99, p. ix-xxv), et surtout Heruann DEGEniNG, Die Ori/ei, ihre Erfindung itnd ihre Gescitichte bis zur Karolingerzeit, Miinstcr(Weslf.), 1905, p. 1-45.
HISTOIRE DE LA MVSIQVE
h Alexandrie, soit au ii" siècle, soit plutôt mèine au i m* siècle avant notre ère, et que, par conséqiitMit, ! l'ortinc est d'ori;iinc égyptienne et doit <Hre ran;,'» au nombre des instruments de musique de l'ancienne Egypte.
Il semblo que Ktèsibios ait rédigé des ouvrages sur ses inventions. Vitruve (X, 12) le dit très nettement. Après avoir décrit dilTérentes machines inventées par Ktésibios, il ajoute : « heliqua quse non sunt ad necessitalcm, scd ad dclicianim roluptalem qui lupldiores cnint cjtis srditililalis, ex ipsius Ctesiiii commentariis potiTiinl invcnire >>. De ces Commentahrs, rien ne nous est |uu'veiiii. Mais il est certain que l'Iiilon de liyzance, Héron d'Ale.\andrie, Vitruve, lèsent amplement utilisés.
\in ce qui concerne particulièrement la description de l'orgue hydraulique, on trouve, répétés textuellement chez ces trois écrivains, des mots et des e.Kpresfions très caractéristiques qui démontrent que tous trois ont tiré leurs renseignements d'une source commune, qui, en l'espèce, ne peut être que les commentaires rédigés par Ktèsibios lui-même'.
Qu'élait au juste l'orgue hydraulique? Cette question a l'ait le désespoir de nombreuses générations de chercheurs. Déjà, du reste, au temps d'Athénée, on se demandait si l'orgue hydraulique est un instrument à vent, ou un instrument à cordes, ou même un instrument de percussion^. Et le plus curieux, c'est que les gens qu'.\thénée met en scène à propos de l'orgue hydraulique, discutent précisément cette question au son de l'instrument même; ils devaient avoir l'oreille bien peu musicale, quoique l'un d'eux soit interpellé : [xo'j~:yM--x-:t àvopôôv, <( ô toi qui es le plus musicien des hommes! »
Ce qui intriguait surtout les curieux, c'était le rôle que jouait l'eau dans l'instrument. Etait-ce elle qui produisait un son, servait-elle à amortir le choc des leviers, devait-elle être froide ou chaude? Toutes les explications possibles, sauf la bonne, ont été proposées jusqu'en ces derniers temps. Au Moyen âge, certain moine s'avisa de construire un orgue hydraulique que l'on jouait, afin qu'il fût effectivement hydraulique, en déversant des casseroles d'eau bouillante dans des flûtes. Cette opinion sur l'orgue hydraulique à eau chaude eut cours, chose étrange, jusqu'au milieu du xix' siècle^. Encore en 1872, Fétis se débat avec le texte de Vitruve qui décrit l'orgue hydraulique*. Il comprend bien, ou croit comprendre quoique chose au mécanisme, mais il « cherche en vain à découvrir quelle est la fonction utile de l'eau » et se demande pourquoi on a bien pu donner le nom d'orgue hydraulique à un instrument où l'on met de l'eau qui ne sert à rien.
Ce n'est qu'en 1878 que mon père, l'organiste Clément Loret, étudiant minutieusement le texte de Vitruve et dessinant les détails de l'instrument au fur et à mesure qu'il en traduisait la description, réussit enfin à résoudre le difficile problème et formula le principe bien simple de l'orgue hydraulique : « la pression de l'eau remplaçant la charge des réservoirs de nos orgues modernes » ". Depuis, cette explication a été admise par tout le monde, en dernier