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Jlème système, que plus haut. Ces trois dernières mélodies sont peut-être coréennes d'origine.

Du jour où la musique chinoise fut introduite, l'orchestre officiel, outre la section indigène dont l'origine a été rappelée, compta deux autres sections, d dk, orchestre rituel, tdng dk, orchestre chinois, sans que toutefois la distinction des trois styles musicaux fût toujours très nette'. Le premier orchestre^ servait surtout dans les rites religieux du temple des Ancêtres, à l'autel des Dieux protecteurs du sol, à l'autel de l'Agiiculture, au temple de Confucius, etc.; il figurait aussi dans les assemblées plénières et les cérémonies de la Cour. A l'imitation de la coutume chinoise, il exécutait des hymnes portant des titres de même forme (terminés en dn, paix) et deux danses, l'une civile, l'autre militaire, qui, modifiées par la suite, reçurent des noms spéciaux, iîye/ moun et So mou, en 1431, Tyeng tdi ep et Po lliâi pliyeng^ en 1433. A ce répertoire s'ajoutaient des hymnes spéciaux pour les divers Ancêtres royaux. Le roi Soi tchong, qui réorganisa l'orchestre rituel (1431), admit encore, comme cela se faisait avant lui, que l'orchestre indigène fût entendu alternativement avec l'orchestre rituel vers la fin des sacrifices, à la dernière offrande et à la desserte; dans les banquets et les assemblées de la Cour, l'orchestre rituel jouait le l°'et le 16 de la lune, l'orchestre indigène jouait les autres jours du mois; le bureau des Hèglements rituels demandait alors une répartition ditférente. Mais bientôt le confucianisme intransigeant des lettrés blâma et interdit définitivement ce mélange, qui a déjà disparu du grand rituel 0 ryei eiii, rédigé de 1430 à 1474 : tout y est réglé à la chinoise.

Pour le règne de 'i'choung tchong*, à la date de doH, il existe une liste officielle des poésies et des chœurs de tàng àk qui étaient exécutés dans les banquets, depuis ceux qui étaient présidés par le Roi

i. Composilioii des trois orchestres d'après le Ko rye sa. — Orchestre rituel, liv. 70, ff . 1 à 5 : cloches isolées et en carillons (p. 211), lilhophones isolés et en carillons {p. 211), auge (p. 212), tigre (p. 212), claquettes (p. 212); keum à 1, à 3, à ,■), à 7, à 9 cordes (p. 213, etc.), seul (p. 213); flûte tyek (p. 212), flûte Ichi (p. 212), orgues saing, ou, hoà (p. 213), ocarina Ip. 213), flûte de Pan (p. 212) ; tambours de divers genres (p. 212); soun (p. 211), thâk, tcheng. nyo (p. 211), à {p. 212), sang jp. 212} . Les nombres et la disposition varient selon les cérémonies.

Orchestre chinois, liv. 71, f. i :

pâng hyàng à 16 plaques (p. 211). â tchaing à 7 cordes (p. 216). long so à 8 trous (p. 212), tâi tchaing à 5 cordes (p, 213).

tyek à 8 trous (p. 212). tchâog ko Ip. 212).

phil-ryoul â 9 trous (p. 213). kyo pàng ko (p, 2121.

pi-phâ à 4 cordes (p. 215). paik à 16 feuilles (p. 212).

Remarquer les différences avec quelques instruments décrits d'autre part.

Orchestre vulgaire, ou indigène, liv. 71, ff. 30, 31 : hyen keum à 6 cordes (p. 213). mou ko fp. 212).

pi-phâ à 5 cordes (p. 216). hyei keum à 2 cordes (p. 216, hai

kâyâ keum à 12 cordes tp. 213). keum).

hoà keum à 12 trous (?). phil-ryoul à 7 trous {p. 213).

tchàng ko ip. 212). tchoung tcham à 12 trous (p. 212).

â paik à 6 feuilles (p. 212). so tcham â 7 trous (p. 212).

mou tchen ('). paik à 6 feuilles (p. 212).

2. Ko rye sa, \\\-.ia. — Moun hen pi /.o.Iiv. 40, fl'. 5, etc., 10, 11,21, etc., 24, etc., 33, 34, 33; liv. 41, ff. 2, 3, 4, etc., description des sacrifices el cérémonies en 1372. 1431, 1433, 1465, 1491.

3. Les deuï dernières danses se rattachent au Uyonçi pi e tfujen kà dont il sera question plus loin (.)/oun hcnpi ko, liv, 50, ff, 33, 34).

i. Moun lien pi ko, liv. 41, ff. 8 à 12.

5. Ces programmes de fêtes ressemblent assez à ceux de la cour de Chine (pp. 197, 198). Voir, par eiemple, J/oun hen pi ko, liv. 41, f. 10 r°

jusqu'à ceux qui réunissaient de simples lettrés^. Un très grand nombre de pièces sont tirées du Chl klng et pour la plupart figurent dans les recueils chinois du prince Tsùi-yil'>; celles dont l'air est indiqué, sont en majorité. Les airs sont marqués par des titres de poésie, ainsi « l'hymne Sin kong sur l'air du So» ryong eum, chant du dragon aquatique » ; à l'exception d'un seul qui est douteux, ces airs proviennent du Korye, soit de l'orchestre tàng àk, soit de l'orchestre sok àk. Plusieurs chants de la même époque se retrouvent dans les programmes de 1311, et parmi eux quelques-uns qui, d'autre part, prêtent leur musique à des poésies chinoises : ainsi'' Ek tchhû so, se souvenir et jouer de la Ui^le ; Son ryong eum; Thdi pliyeng nyen, années de grande paix; Song sân teho, chant du Song sàn. Pour d'autres chants du Korye, par exemple Tclten hoà tchi. transmettre la branche fieurie; Rdk yâng tchhoun. le printemps à la Capitale, de la section tàngàk; 0 koân sàn. la montagne 0-koàn, de la section sok àk, l'air seul est encore employé au xvi° siècle, mais le poème primitif reste enfoui dans les histoires ilynastiques; le Pdng leung sàn. la montagne Pàngteung, dont l'air était conservé, remonterait même au Paiktchei. On rencontre donc un procédé identique à celui qui a été signalé pour la Chine, et l'on en peut suivre la trace dans les documents dilférents conservés par le Moun hen pi ko : une chanson, une pantomime, souvent d'origine populaire', est adoptée, arrangée par les orchestres officiels; les paroles primitives sont remplacées par une poésie lettrée, cette poésie est à son tour accommodée à un autre air; de telles substitutions se succèdent à plusieurs reprises, suivant le caprice des musiciens, l'inspiration originale se mélange et s'elface : et c'est ainsi qu'il est impossible de savoir s'il ne se trouve pas quelque mélodie ancienne parmi les airs coréens très peu nombreux qui sont écrits dans les recueils.

« [Programme] musical du banquet offert par le Roi à ses agnats et alliés. [1] Quand le Roi s'assied dans lasallo, on exécute \(i Hdseng tcho tijo, air de félicitation à la Cour; [2j quand on présente les plateaux, on joue le Tlidi phi/en/j nyen, les années de grande paix ; [3] quand on présente les fleurs, on chante le fling oui {Hing wéi) sur l'air Keum kànij sent/, la citadelle de Keum-kàng, ou de diamant; [4] au premier service du bouillon, on chante le Koàn tche {Kwdn tsityû) ; [5] à la première coupe, [on exécute] la pantomime Sou po rok, offrande de la corbeille précieuse; [6] au second service, on chante le Rin tclti {Lin trh'i); [7] à la seconde coupe, [on exécute] la pantomime Monij keum tclihek, rêve du pied (mesure) d'or; [8] au troisième service, on chante le Kâl tâm {Ko thàn) sur l'air Tclia hà tong, grotte des nuages pourprés; [9] â la troisième coupe [on exécute] la pantomime 0 ydngsen, les cinq immortels montés sur des béliers; [10] au quatrième service et à la quatrième coupe, [on exécute] la pantomime Plio kou dk, musique du jeu de paume; [11] au cinquième service, on chante le Sin kong {Tclilién kônij) ; [12] à la cinquième coupe, [on exécute] le ballet Mou ko, danse et tambour; (13} au sixième service et ii la sixième coupe, on chante le Moun tekkok, chant de la vertu civile ; [14] au septième service et à la septième coupe, on chante le Nom sàn you tai {j\iin chdn yeoù thdi). » Les a"' 3, 4, 6, 8, 11, 14 sont des pièces du Chtkïng; les autres numéros sont coréens. 0. Comparer p. 123, note 8. Titres des poésies chantées à Séoul : Syào y à, I, 1 Loii mîng; ^Sen meoii; 3 Hwdng hwdng tchè hwd ; 7 Tshàiwéi; — Il, 3 yûtî;h Ndnyeoii kyàyû;! Xdn chnn yeoit thdi ; — Tnyà, II, 2 Hing wèi;— III, 2 Yi; — 7'ckenù song, II, 1 Tchhên kông ; — Kivë fông, I, iKu'dntshyù; IKothdn; 11 Lin tch'i; — X, 6 {ov,Sydoyd, \, 9) Ti toù.

7. Moun hen pi ko, liv. 48, ff. 9 à 11 ; liv. 50, ff. 8 à 12; — Ko rye sa, liv. 71, f. 1, etc. {Idng dk\, S. 30, etc. {sok dk).

8. La pantomime avec accompagnement musical est encore très populaire en Corée ; en 1 890 il m'a été donné d'assister â une représentation de ce genre à Séoul ; j'en ai rendu compte dans le Journal asiatique, }uiHei-Boùi 1897, p. 74 iLa complainte mimée et le ballet en Coréen. et j'ai noté la simplicité du sujet, mésaventures d'un \ieillard qui a une jeune femme, aussi bien que la variété et la vivacité des rhythmes.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

Les

proijraniim'S de l.-ifl ne mentionnent à part qu'un liynnie d'orif^ine coréenne nioilcnie, le Moun tek kdii. pour UmuicI il ('xisle quatre poésies ditl'érenles' datant du règne de Tliài tclio (I3;i2-1398) ou de celui de Tli:ii tcliuiif,' (1100-1418); mais il y en avait d'autres, tels que le Hijouikj <in, paix éminenle, et le Ilyou lin. paix lavoralde, le Moun mi/rnii. éclat civil, le Mou rijd. gloiie militaire-, qui dataient deSei Iclionf; (1H8-14;)0), sans parler des chants acconipaynant les danses anciennes ou récentes qui seront étudiées plus loin, ni de ceux que l'on composa pour des rites

trouvé dans un rocher un écrit merveilleux, vinrent le lui offrir. Les deux danses commémorent ces événements par des évolutions lentes et par l'ollrande du pied d'or et de la corbeille précieuse. I,e Keun thyen tijeng, audience dans la salle impériale; le Sou mijeng mijemi, réception des ordres brillants; le //</ lionmj cun, réception des bienfaits augustes; le lin senr/ ;«//<'«:/ (ou Icho), félicitalions de Cour; le Sfng tliail:, bienfaits souverains; le Rijouk hoà lai, six troupes lleuries, rappellent divers incidents de la vie de Tbài Ichong et de son séjour en Chine''. Quelques pantomimes

moyens célébrés par le Uoi ou la Heine, tir à l'arc, j datent du xviii» siècle : ainsi le l'ung rai eui, cérébanquel des vieillards, labourage, cueilletle des feuil- j monie de la venue du phénix; le À puik, les claies de mûrier^. Après deux siècles d'assoupissement, ' quelles d'ivoire; à cette danse un chanta été ajouté l'activilé poétique reprit Danse Kâi in Ichen mon lin {Tcliiii tchhàn eui kouei, liv. préliminaire, f. 18).

sous le roi Yeng Icho (1724- a,

me), un souverain énergi- i^ î^^t

que et inslrnit qui fit beaucoup pourlesloiset pourles arts: des chants nouveaux remplacèrent ceux du xV siècle, quelques-uns sortaient du pinceau royal'.

Parmi toutes ces poésies une mention spéciale est due au Uijong pi e tlnjen kà, chant des dragons qui s'élèvent au ciel, qui fut composé par trois dignitaires, Kouen Tyei, Tcheng Rin-tchi, An Tchi, à la suile d'un décret de 1443 : ce long poème en v^^ 124 strophes glorifie sous ^\ forme poétique et allégorique les origines miraculeuses et les mérites de la dynastie régnante; mis en musique et exécuté par fragments dans lessacriflces, au Palais, danslesbanquetset réunions des lettrés, on en voulut faire pour le Tchosen c'est-à-dire pour la Corée moderne, ce que lesdiverses parties du Clii Ath 9 auraient été pour les Tcheoû , une collection de chants ofliciels et domestiques, un recueil national et loyaliste^.

Plusieurs danses pantomimes, tcheng Ichai, sont portées aux programmes de toit, mais il en existe un grand nombre d'autres; la plupart ont un poème ou plusieurs poèmes d'accompagnement, un petit nombre seulement est privé de chant. Le Mong keum tchhek, rêve du pied d'or, et le .Sou po rok, offrande de la corbeille précieuse, appartiennent à la même inspiration que le Ryong pi e thyen /ci; le premier de ces chants date de la période 1392-1418, le second du règne de Sei tchong (1418-1450); de nouveaux textes sont donnés par le Ak hàk kouei pem''. Thài tcho, avant son avènement, vit en songe un esprit qui lui remit un pied (mesure) en or, symbole de vertu et signe d'élévation; à la même époque, des paysans qui avaient

I. Afoun hen pi Ao, liv. 46, IT. 4, 5. î. ilowl hen pi ko, liv. 46, ff. 5, 6.

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