‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 447 sur 1158 · taghu-vamçn. I, 40; trad. Fauche · texte numérisé non relu

taghu-vamçn. I, 40; trad. Fauche

9. Onomatopée du cri du paon, comparée à la première note de l'octave hindoue. Voir ch. IV, p. 2S8.

10. Cet oiseau fa\ori du fds <le Çiva, Kàrtikeya, était communément dressé pour la danse. Le Itatjhu-vamça (XVI, 14} met en scène des paons " que l'exil des timbales a dégoûtés de leurs danses, [et qui] retombent dans la condition farouche de paons des bois ». Voir, plus loin, p, 203, une citation du Meyha-dùta sur le même sujet.

lIIsroinE DE LA MVSIQl'E

de musique, donnaient h présager pour lui, sous d'heureux auspices, une descendance impérissable ». Pour un marinai' (XVI, 87|, « le son des instruments de musique remplit jusqu'aux l'xlrémili's des places célestes ". — D.ins les palais, des lonclionnaires spéciaux {vaitiUikuf'i l'iaient chargés d'éveiller le roi au son de la niusiciue el des chants, aussi bien que d'annoncer de même les dilTérenles portions de la journée royale. « Au point du jour, les lils des bardes, ses égaux d'âge aux nobles voix, de réveiller à. leurs chants ce [royaP adolescent au réveil illustre » (V, 65). — « Au malin, le prince, accoutumé (dans son palais) à sortir du sommeil aux sons perçants des palalins, au bruit de la paume des mains frappée sur l'oreille des tioupeaux d'éléphants, se réjouit d'entendre (au milieu des bois) les doux compliments de ses bardes chaulés par les gazouillements des oiseaux » (IX, 71). — Le Sanja IX décrit la vie de plaisirs d'un prince ])assionné pour la musique, Agnivarna, « dans les palais tout résonnants de tambourins, où ce voluptueux avait pour compagnie des femmes luxurieuses » (3). — « Deux choses, accoutumées à reposer sur le sein, ne laissaient pas iin moment le sien vide : c'était un lulh aux sons enchanteurs et une belle à la voix douce, aux yeux charmants » (13). — " Frappant le tambourin de ses mains, agitant ses guirlandes et ses bracelets, musicien habile, lavissant l'âme, il faisait rougir les danseuses, qui oubliaient entièrement leur pantomime sous les yeux mêmes de leurs maîtres » (14). — « Au milieu de femmes qu'il avait formées à l'art dramatique, il jouait des drames avec le sentiment, le geste el la voix, el rivalisait, en présence de ses amis, avec les plus fameux comédiens » (36).

Dans une autre épopée de Kâlidâsa, le Kiawîrasambhava, « Naissance de l'enfant », Çiva et Parvati, après les cérémonies nuptiales, assistent à des fêles que leur offrent les dieux. « Sarasvati loua ce couple dans une déclamalion en deux parties : l'époux dans une langue pure et correcte [le sanscril\ l'épouse dans un langage facile à saisir ^le pràcrif. Ils regardèrent quelque temps une œuvre dramatique de premier ordre [un witaka', où les diverses manières dramatiques se combinaient avec les jointures, où les modes de la musique correspondaient aux variétés du sentiment, et où les Apsaras montraient la grâce de leurs attitudes » (VII, 90-91). — Un chant d'authenticité douteuse mentionne encore, dans le même poème, une représentation par les Apsaras (XI, 36) : « Aux sons profonds des multiples instruments de l'orchestre, les Apsaras jouèrent une œuvre où les jointures étaient bien agencées, et où les vers et la musique exprimaient admirablement les sentiments des personnages'. »

La poésie lyrique. — >'ous pourrions étendre ces citations par des emprunts tout aussi probants aux œuvres de lillérature lyrique. Nous retrouverions, dans un autre ouvrage de Kâlidâsa, le Mcijha-dùta, c< Nuage messager », la descriplion des paons danseurs 1^77). i< C'est là qu'après la fuite du jour habite le paon votre ami, que ma bien-aimée fait danser en lui battant la cadence avec sa paume, au gazouillement harmonieux de ses bracelets. » — Nous relè-

!. Nous emprunlons encore celte citation à l'excellent ouvrage de M. S. Lévi sur le ThMtre indien, p. 182, comme, du reste, la plupart des renseignements suivants relatifs â la scène.

i. Ce livre a frté édité par la Nirnaija-Sâgara Press (for private cir-

Irulation onlv), Bombav, tS9l, et traduit en allemand par M. Richard

verions à chaque pas ces comparaisons poétiques empruntées à l'arl de la musique : « Les venis feront parler en sons mélodieux les roseaux emplis de leur souffle; les Kiimarls, ses dévoles suivantes, chanteront les louanges du vainqueur de Tripura (Çiva); loi, si tu fais de ton cAté résonner la foudre au sein des cavernes à l'instar du tambourin, le dieu aux trois yeux (Çiva) ne va-l-il pas trouver là réunis tous les instruments de sa musique? » (/(/., 57.) — Voici (63) des femmes « ballant les tambourins en des concerts sans fin... », et cette autre, qui exécute une de ses compositions (84) : <• Ou bien elle voudrait chanter une cantate, dont la gloire de ma race a prêté le sujet au poète; et, posant la vind sur sa cuisse revêtue d'une robe souillée, elle touche avec peine les cordes mouillées des larmes de ses yeux, oubliant à chaque moment le ton, quoiqu'elle ait elle-même composé la musique... »

De pareilles femmes, artistes et auteurs, ne devaient pas être rares dans l'Inde. Le chant, la danse et la musique y faisaient, en elfet, partie intégrante de l'éducation des personnes de haute condition, hommes et femmes, aussi bien que des acteurs, des actrices et des courtisanes. Ils viennent en télé des 6i arts ou sciences énumérés dans \e Kdma-sùtrd de Vàlsyàyana, VAfs amtitciria de l'Inde, livre certainement antérieur à l'ère chrétienne, el très intéressant en ce qu'il nous présente un tableau fidèle de la société mondaine et galante, à l'époque où la civilisation hindoue parvenait à son apogée"-.

La littérature dramatique. — Les maîtres de musique y étaient, comme nous l'avons dit, très nombreux el très appréciés; la littérature dramatique les met fréquemment en scène. Dans sa première œuvre, Mdlavi/;d-'gnimitra, le grand auteur dramatique Kâlidâsa met aux prises les deux maîtres es arts scéniques du sérail (inilijil-'ciînjas, abhinayà-'câryax), également épris de leur enseignement {snmf/Uako-'padeça) el jaloux de la faveur royale, Ganadâsaet Haradatta: ils ont recours au roi Agnimitra, pour qu'il décide de la supériorité de l'un d'eux dans la théorie (cistra) el la pratique {praijogti) de leur art. Il est entendu qu'ils produiront chacun leur meilleure élève, en costume de théâtre, dans une sorte de concours qui aura lieu dans la salle de concert (saingila-çàld). « Ganadàsa fait paraître Mâlavikâ, dont le chant, la danse el la mimique emportent tous les sulfrages, tandis que sa beauté ravit le cœur du roi^. »

L'héroine d'une des œuvres dramatiques du poète royal Harsha, seigneur suzerain de l'Inde septentrionale au vil" siècle de l'ère chrétienne, est une jeune captive, Priyadarçikà, présumée orpheline, et que le vainqueur, Vatsa, fait entrer dans son harem comme lille d'honneur de la reine Vàsavadatlà. On lui fait Cl enseigner le chant {gîta), la danse ()»'i//a) et la musique [vddiju), ainsi que tous les arts qui conviennent à une jeune personne bien née* », sous le nom d'Aranyakâ. La pièce renferme, comme la précédente, une représentation intercalaire, organisée à l'occasion de la grande fête de Kaumudi, pour laquelle Aranyakà se prépare, car elle doit y jouer un rôle. La vieille confidente de la reine est l'auteur de ce drame en plusieurs parties, dont le sujet a été emprunté à l'histoire des amours de Valsa et de Vàsa-

rila de Dandin (vu» s. ap. J.-C), édit. Bombay, 1SS3, II, p. 39 et suiv,: et â. Lévi. Théâtre Indien, p. 383.

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