S. Lêïi, TMdIre indien, p
4. Priyadarçikd, édit. Bombay, Nirnaya-Sàgara Press, 18S4, p. 7 (trad. G. Strebly, 1888, p. SO.)
Ei\CyCLOPÉDrE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIRE DU COXSERVATOIRE
vadaltâ eux-mêmes. Par un subterfuge fréquent dans cette littératuie, Je roi jouera lui-même, à l'insu de la reine, son propre personnage, ce qui lui permet d'exprimer ouvertement à la jeune captive la passion qu'elle lui inspire. Musicien habile, il est, du leste, très bien préparé à ce rôle d'acteur; car, détenu prisonnier chez son vainqueur et futur beau-père Candamahàsena, il avait reçu la promesse de sa liberté, à la condition d'enseigner la musique {yandlianavidyâ) à la princesse, et c'est en lui donnant des leçons de luth (lim?, ghosliavati) qu'il a conquis son cœur'. On se dirige vers le théâtre; la salle {prekslut-grilia, gandhana-çdlâj est magnifique. « Il resplendit, ce théâtre, que décorent des chapelets de grosses perles suspendus aux colonnes d'or enrichies de mille pierreries; il est garni de jeunes filles plus belles que les njmphes célestes : on dirait le palais aérien des dieux-. » Arauvakà a garni son luth de cordes neuves (nava-tantri), elle l'appuie sur son sein et l'accorde iutsange vînâm liritvd sdniyati), puis chante en s'accompagnant (gf'njanti vndayali], et reçoit les compliments de la reine (aho gtlam, uho vdddram, bravo pour le chant et pour l'accompagnement!). « Ici même, vous venez d'appliquer les dix façons de toucher du luth dans le moWi [dluUu) appelé vyanjana^; vous avez joué dans les trois mouvements {layas), le rapide, le mo3'en et le lent; vous avez fait sentir dans l'ordre les trois allures du jeu {yalis), gopucclia, etc.; vous avez enfin pratiqué convenablement les Irois modes successifs de l'exécution instrumentale [vddyavidhij, le tatlva, Vugha et V anugata'' . »
On voit que la plupart des pièces de théâtre sont remplies d'expressions empruntées à la technique musicale. Il n'j- a là, du reste, rien qui puisse nous surprendre : les œuvres du théâlre, dans l'Inde, tiennent plus de notre drame lyrique que de la comédie, et leurs auleurs devaient être, par suite, aussi bons musiciens que poètes habiles. L'action était précédée d'un préambule (pùrvaranga)'', sorte de préliminaires du spectacle, comprenant une série d'actes et de rites religieux destinés à écarter tous les obstacles démoniaques, où la musique, le chant et la danse tenaient la première place. Dans le cours même de la représentation, l'orchestre, accompagnant des chants divers réglés par la technique, marquait l'entrée ou la sortie des personnages (dliruids}. Des stances en musique coupaient fréquemment la prose du dialogue. Le IV° acte de la dernière pièce de Kâlidàsa, Viknimu et Vrvaç't, est presque tout entier composé de ces stances lyriques, w où une poésie éclatante se combine avec les modes variés de la musique », et qui « chantent une symphonie merveilleuse qui caresse les sens