Priyadarçikd p. 27, et Irad., p
3. Pour la règle des 4 dhdtus de Tes^cution instrumentale, voir Adlya-çàstra, XXIX, 84, 9T-104; Samg.-ratn., VI, li<16i.
4. Ces 3 modes d'ex(^culion, particuliers au jeu du luth, sont définis dans le A'.-ç., XXIX, 109-113, et le Samij.-i-ntn., VI, 168-174.— Voir, plus loin, le chap. IV, pour le sons des autres termes tec)inii[ues. La stance ci-dessus est reproduite mut pour mot dans une autre pièce attribuée au même auteur, le iVài/àtianda, u la Joie des Serpents » (acte I, 14, p. 17 de l'éd. de Calcutta, 1880, et p. 18 de la Irad. de liergaigne, 1879). Le A'àgdnanda montre, à l'acte I, l'héroïne procédant à une courte exécution musicale.
5. Le livre V du Ndtya-çàstra est tout entier consacré à une première exposition des règles du pùrvarauga, complétée dans la suite de l'ouvrage.
0. S. Lévi, Théâtre indien, p. 181. On peut voir dans \e Kultani-mata « les Leçons do l'EntremeUeuse », de Dàmodara-gupta ^viii's. ap. J.-C), la description d'une rcpréscnt.ition de la Itatnàvali de Ilarsha (comp. S. Lévi, oirer. cit.. p. 389).
7. Plusieurs des œuvres de la littérature lyrique semUenl également avoir été composées pour être mimiquées et chantées. Le poème de
et berce l'imagination ». Ces chants sont, dans la recension dravidienne, accompagnés des e.'spressions techniques de la danse et de la musique qui servaient à désigner chacun d'eux'. La théorie et la pratique de leur art devaient être également familières aux musiciens-poètes'.
La Mricchahalihd, « Chariot de terre cuite », attribuée au roi (.^ûdraka (vii'-viii" s. apr. J.-C), dénote une compétence musicale aussi approfondie. Au troisième acte, le héros Càrudaltaet le bouffon Mailreya, qui étaient allés entendre un concert (gAndharxu) où chantait le musicien habile Rebhila, reviennent au logis en devisant sur celte magnifique soirée. « Ah! Hebhilaa parfaitement chanté! A bien dire, la vind, sans sortir du sein de la mer, n'en est pas moins une véritable perle. Car — cet instrument est un ami qui sympathise avec le cœur de celui qui est séparé de sa bien-aimée, un charmant passe-temps dans une réunion, la meilleure des distractions pour l'homme qu'afflige l'éloignement (de personnes chères), enfin un délicieux stimulant de la passion d'un amoureux'.
— Il y a deux choses qui me font toujours rire, repartit leboulfon : c'est une femme qui parle sanscrit, et un homme qui vocalise le kâkalV' (intervalle de ton minuscule)... un homme qui fait des roulades (kdka- /impflyy/J) me rappelle un vieux chapelain murmurant ses prières, avec des guirlandes de fleurs sèches autour de sa personne, et (tout) cela ne me plait pas beaucoup'". » Mais Càrudatta, sans l'entendre, poursuit : n Sa voi.x était" remplie de passion et de douceur; elle était coulante et nette, voluptueuse, gracieuse et ravissante. Mais à quoi bon tant d'éloges? Il suffira de dire que je me suis demandé si ce n'était pas une femme que j'entendais sans la voir... Quoique le concert soit terminé, je crois toujours, chemin faisant, en saisir [les détails] : la douce voix [de Rebhila] parcourant toutes les intonations de la gamme; la vind y mariant ses accords, et [tantûl] embrassant la série complète des notes, [tantôt passant] aux tons élevés, [tantôt] s'adoucissant aux pauses; la mélodie fondant [harmonieusement] les nuances et, i^enfin], la répétition des passages goûtés'-. » — Puis, la tête encore bercée parla musique, ils se mettent au Itt et s'endorment bientôt profondément. Un voleur profite de leur sommeil pour s'introduire dans la maison. «Tiens! s'exclame-t-il, [des tambours], un mridanga, un dardura, un pamna.' un luth {vind), des flûtes (vamça), des livres! Serais -je tombé [par hasard] chez un maître de musique {ndtyâ-'cdrya)'^2 »
A l'acte suivant, le bouffon Àlaitreya est allé porter un collier chez la riche courtisane Vasantasenà; il traverse les huit cours du palais, qu'il décrit lon-
Jayadeva (xii« s. ap. J.-C), Gita-ijovinda, « le Berger lyrique, ou le Cliant de Govinda ", se compose de 15 sections {sargas), divisées en 24 cantilènes (prabandhas) sur des airs ou rdgas différents, dont le texte donne les noms, et dans des mètres variés. Ces cantilènes dépei- ^'nent les diverses émotions qui étrcignent le cœur de l'amante, et emploient l'artifice du refraiu, dont la poésie faisait rarement usage, bien qu'il ne fût pas inconnu du Véda lui-môme.
8. Mricchakttlikd, éd. Ad. Fr. Stcnzier, Bonn, 1847, acte lit. p. 43;
— et trad. Paul Rcgnand, Paris. 1877, t. Il, p. 2.
9. Voir plus loin le ch. IV, p. 2SS. Comp. ch. VIII, p. 368, note 10.
10. Mricchnkatikd, id., p. 44. Comp. iSàgdnanda, acte I, p. 16 : « kdkatî-pradlidnant ijiyata. >»
il. Id., et trad. Il, p. 3. Le sens donné dans cette traduction, excellente d'ailleurs, aux épithètes techniques appliquées au chant de Rebhila, est douteux.
12. Id., ibid. Cette stance est également remplie de termes techniques [varna, mùrcitnnd, antnraijuta, tara, virdma, rdga), que la traduction reproduite ici ne rend qu'imparfaitement. Voir, à leur sujet, lech. IV.
13. Id., p. 49; trad. Il, p. 12. Voir, au sujet de ces instruments de musique, le cli. VI.
HISTOIIIE DE LA MUSIQUE
guemeiit. Dans la quatrième cour, il lenconlre des courtisanes occupées à jouer des cviiibalcs, de la viiid, à chanter... « Ah! ah! dans cette quatrième cour, des tambours (mwaja), que frappe la main des jeunes lilles, retentissent aussi bruvamnient que [le tonnerre au sein] des nuages; les cymbales (kilinçf/atdlas) retombent en traçant un sillon pareil à la traînée lumineuse] des étoiles qui descendenl du ciel quand leurs mérites sont épuisés; la tlftte {vamça] rend des accords aussi doux que le murmure agréable des abeilles. Ailleurs, une vlnd, pareille k une amante que la jalousie et la fureur ont exaspérée, résonne isdn/ute) sous les doigts [d'une exécutante], qui la tient sur son giron. Voici d'autres courtisanes qui cliantent mélodieusement, semblables à des abeilles enivrées du suc des fleurs; celles-ci jouent des pièces de Ihàiilre (nrili/aleniili/am), celles-là lisent à haute voix, en exprimant les senliments amoureux qu'elles éprouvent'... »
Plus loin lacte V), un des personnages s'écrie plaisamment : « Je joue de la llùle à sept trous [lamçu sapta-clii'tia) aux sons harmonieux, je touche du luth à sept cordes {vind sapta-lantri) aux notes retentissantes, je chante aussi bien qu'un âne; en matière de chant igdna), Tumburu et Nàrada ne sont rien auprès de moi". ■> Citons encore, pour terminer, ces paroles échappées au cours d'une dispute (acte VI) : « Ton extraction est très brillante : ta mère est une timbale bheri), ton père est un tambour (patiiha), ton frère est un corbeau, et te voilà devenu général^l »
Cette rapide revue de quelques-unes des œuvres, choisies parmi les plus importantes, de la littérature de l'Inde suffit amplement à montrer la passion qu'eurent toujours et dès l'origine les Hiudous pour le chant et la musique.
La religion et les arts de la scène. — Ce n'est pas que le théâtre et les arts qui s'y rattachent n'aient eu, dans l'Inde comme ailleurs, à subir de rudes assauts au nom de la religion et de la morale; mais leui attrait fut toujours trop grand pour céder devant les anathéraes répétés des diverses sectes et des nombreux réformateurs religieux.
Les codes brahmaniques. — Déjà le code brahmanique par excellence, le Mdnava-dharma-çdstra, ou <' Lois de Manu », proscrit, et classe parmi les dix sortes de vices qui naissent de l'amour du plaisir, « le chant, la danse, la musique instrumentale » (VII, 47) ; et le novice (dvija) doit s'en abstenir (II, 178). Ue même, le brahmane ne doit ni chanter ni jouer d'aucun instrument de musique, excepté dans les cas prévus par les traités (IV, 64). Le son du luth, comme le chant des sdmans. a quelque chose d'impur'; et. quand on les entend, on doit cesser d'étudier les livres saints (IV, 113, 123-1:24).
Les acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens, forment, en théorie du moins, dans l'organisation so-