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Chapitre 111, verset

Le premier mot, qui se trouve en hébreu sous la forme qéren, a le sens de corne, et désignait primitivement une sorte de cor taillé dans la corne d'un animal; mais très vite on ne distingua plus entre le qi'ren et le shofar, trompette droite. Aussi les Septante ont-ils traduit ici salpinx, nom grec de la trompette droite.

Le mot mnshroqitah ne se retrouve pas en hébreu ; il vient de la racine sharaq, sifller; c'est le sens du sijrinx des Septante, qui désigne en grec la lli'ite de Pan ou chalumeau à plusieurs tuyaux. L'instrument ne peut du reste être quecela ou qu'une tlûte traversière, puisque ce sont là les seuls instrumenls à vent où l'on siftle.

Le mot soumponiah désignerait, d'après la tradition, une sorte de cornemuse; la sampogna des Italiens, la cliifonie du moyen âge, seraient des souvenirs de cette sijmphônia qui, au dire de l'historien grec Polybe, faisait les délices des Syriens un siècle avant notre ère.

Instruments à cordes. — Le livre de Daniel donne aussi trois noms d'instruments à cordes : qilaros, sabqah, psanterin.

Le mot qitaros n'est pas sémitique; c'est la transcription du grec kilharis qui désigne la cithare.

L'instrument appelé sabqah était très répandu en Syrie; c'était une harpe de forme analogue Ma grande harpe assyrienne que nous avons nommée nebel. Les Grecs et les Romains la connurent sous le nom de sambuque".

Le psanterin n'est aulre que le psalléiion des Grecs et du moyen âge, le sanfour des Arabes; il se compose d'une caisse de résonnance sur laquelle sont tendues un grand nombre de cordes. Encore très répandu en Allemagne sous le nom de cithare, c'est l'ancêtre des instruments à clavier; on le trouve figuré sur un basrelief assyrien, entre les mains d'Klamites*.

Documents grecs. — Dans le chapitre qu'il a consacré à la musique, le grammairien grec Pollux (v. 180 apr. J.-C.) attribue aux Assyriens l'invention de \a. pand'in:'^. Quelle valeur faut-il attribuer à ce document? Il est bien difficile de le dire, sans connaître la source à laquelle il a été puisé.

La pandore, instrument à cordes tendues, d'après le polygraphe grec Athénée"'(v. 21oapr. J.-C), h trois cordes suivant Pollux, élait connue eu Grèce depuis le v° siècle avant notre ère". D'après Athénée, les Troglodytes, peuple d'Ethiopie, en construisaient en bois de laurier. Nous ne savons d'ailleurs quelle était sa forme précise ; au vi= siècle de notre ère, l'évéque de Séville, Isidore, expliquait ce mot par o don de Pan » et en faisait un chalumeau champêtre'-.

La musique. — Nous ne pouvons nous faire aucune idée, même approximative, de la musique assyrohabylonienne. On n'a pas retrouvé, comme en Egypte, des instruments dont on puisse encore tirer des sons, et, parmi les nombreux vestiges de la littérature chaldéenne, il ne reste rien qui ressemble, même de loin, à un traité sur la musique, et encore moins à un morceau noté. Il est à peu près certain d'ailleurs que les peuples de l'Orient ancien n'ont pas eu de

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