Origines, III, cap. xx
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ASSYRIE-CHAI.DÉE 'i3
système de notation; on tout cas, on no voit janinis sur le bas-relief le plus détailli'; un |iu|iilie devant l'exécutanl.
Fétis a cru pouvoir « ressaisir les formules principales du système tonal de la musique assyrienne dans les chants qui résonnent aujoui'd'liui sur les rives du Ti(,'re et de l'iMiplirate ' ». C'est luie conjecture purement gratuite; on sait trop peu de chose sur les Kurdes et les Yézidis pour en faire les descendants plus ou moins indirecls des Assyriens. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils habitent le même pays; mais ils ne soeiI pas de la même rare, ne parlent pas la mOine langue, n'ont pas, à beaucoup près, nue civilisation aussi brillante et ont profondément ressenti l'inllui'uce du christianisme et de l'islamisme-.
D'après l'iularqne, les Chaldéens pensaient que le prinlemiis èlait à l'automne dans le rapportde quarle, ^ l'hiver dans le rapport de quinte, à l'été dans le raptiiirt d'octave'. Mais il ne connaît, en fait de Chaldéens, i]ue les quelipies charlatans qui parcourent la Grèce en vivant de la crédulité du peuple; il vit huit cents ans après la chute de Ninive; il serait bien surprenant qu'il eût des notions exactes sur les théories musicales des Assyriens. En tout cas, si, comme le veut Ambros'*, leur système tonal était fondé sur leurs théories astrologiques, les nombreux traités d'astrologie qu'ils ont laissés sont muets sur cette question.
Mais s'il nous paraît singulièrement téméraire de vouloir afiirmer quoi que ce soit sur la musique assyrienne, nous pouvons du moins constater la grande place qu'elle tient dans cette civilisation lointaine.
Dès la plus haute antiquité, les premiers liabitants de la Chaldée pensaient s'attirer la faveur de leurs dieux en chantant des hymnes sacrés et en jouant de la cithare, de la tUlte ou des cymbales. Ces idées, communes à presque tous les peuples, se retrouvent aussi en Assyrie; dans toutes les scènes de sacrifice représentées sur les bas-reliefs, on voit toujours dans un coin plusieurs musiciens ou chanteurs '.
Quand le puissant roi d'Assour avait réussi, au cours de ses grandes chasses, à tuer des lions ou des aurochs, son premier soin était d'en faire hommage à Ishtar, sa souveraine : entouré de ses favoris et des grands de l'Etat, il faisait sur les cadavres étendus à ses pieds une libation de vin; sa prière montait vers la déesse au son des harpes et des chants sacrés ^.
Les prescriptions rituelles contiennent fréquemment la mention que dans telle occasion il faut faire de la musique", et les psaumes de la pénitence sont appelés parfois ihhjou halhalatou, psaumes avec accompagnement de flûte.
Aussi l'auteur du livre de Daniel a-t-il eu soin de faire figurer un orchestre assez varié dans la célébration du culte de la statue d'or de Nabuchodonosor', et d'ailleurs les dieux d'Assyrie regardaient comme un grand honneur d'avoir des musiciens dans leur sacerdoce; c'est ainsi qu'Ishtar déclare fièrement: " Les prêtres assemblés se tiennent autour de moi en jouant delatlûte'. »