CHAPITRE III PÉRIODE VÉDIQUE
Les commencements de l'art musical dans l'Inde.
— Ce serait exprimer une véiité banale que de dire que, dans l'Inde comme ailleurs, les commencements de l'art musical échappent à notre inveslij.'alion.
Goût de l'Arya pour la musique, la danse et les spectacles. — Tout ce que nous pouvons affirmer de façon certaine, c'est que, aux temps où les premiers représentants de la race hindoue, venus du Nord- Ouest, se trouvaient groupés sur les rives de l'Indus et dans le Penjab actuel en une multitude de petits clans, gouvernés par des rAjas qu'assistaient une noblesse guerrière et une caste sacerdotale héréditaires, le chant, la musique, la danse et les spectacles éclatants étaient déjà les plaisirs favoris de l'Arya. « Le culte, sans adopter ouvertement ces amusements, les avait détournés à son profit'. » On psalmodiait les hymnes védiques, on chantait les cantilènes du Sàma-Veda, « simple adaptation musicale des vers du Rig-Veda, et qui suppose une étude savante el même raffinée de la musique liturgique^ ». On marchait au combat au son des tambours, des trompettes et des conques ; on connaissait déjà le jeu de quelques autres instruments, tels que les luths, , les flûtes et les cymbales.
Date des premiers témoignages védiques. — En l'absence d'une chronologie sérieuse, — que llnde ne verra débuter qu'à l'apparition de son Bouddha, c'està-dire au VI' siècle avant Jésus-Christ, — nous en sommes réduits aux conjectures pour fixer l'époque précise à laquelle nous pouvons placer les premières manifestations de la civilisation védique, dont les recueils du Véda sont les plus antiques témoins. .Mais la méthode inductive peut nous permetire de reporter, sans encourir le reproche d'exagération, jusqu'en l'an 2000 avant noire ère le plein épanouissement de la littérature des Hymnes'.
Classification de la littérature du Véda. — Ces textes liturgiques, ou mantras, se divisaient, d'après la nature de leur contenu : 1° en )-ic, « vers d'invo-