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venons de donner de la littérature védique proprement dite et des manuels postérieurs, (|u'une élude complète de la musi(iue dans l'Inde, a l'époque védique, doit iHre fondée sur ces trois sortes de documents, d'une importance décroissante : 1» ceux qu'on peut tirer du texte même des hymnes; 2" ceux qu" fourMssent les prescriptions liturgiques des liràhmanas: .i" enWw ceux que présentent les nombreux sûtras ou vedi'inijas, plus ou moins digues de confiance relativement au caractère de la science musicale, on à la pratique de cet art, dans la péiiode qui nous occupe.
Une pareille étude serait peu de mise ici. Nous nous bornerons donc aux quelques indications intéressantes que nous pouvons facilement relever, en les résumant dans le petit nombre de pages dont nous disposons pour ce simple aperçu de la musique védique.
Il est certain que les hymnes doivent refléter exactement quelques-unes des idées, des croyances, des mœurs et des connaissances des Hindous, à ré[ioque de leur premier établissement dans les contrées du nord-ouest de l'Inde. Mais n'oublions pas que les Védas ne sont qu'un recueil de chants et de litanies, et que les renseignements qu'ils donnent sur l'état de* culture intellectuelle et surtout artistique de leurs auteurs seront incomplets. Ils ne racontent pas à l'homme, ils glorifient la divinité. On peut espérer glaner de-ci de-la dans leurs textes quelques allusions précieuses; elles sont insuflisautes à permettre de reconstituer dans son ensemble l'état d'une civilisation. Combien de traits doivent forcément manquer au tableau!
La littérature postérieure des Brdhmanns, née des besoins d'un enseignement exclusivement sacerdotal, et dont l'objet unique est le culte, ne pourra que dans une très faible mesure suppléer à ces lacunes. Ici, la prose naissante a succédé au vers; la pensée s'essaye maladroitement à se débarrasser des entraves qui l'enlisaient et à faire ses premiers pas dans le domaine des spéculations théologiques; mais ces écrits nous donnent l'image fidèle de l'esprit formaliste et discuteur qui régnait dans les nombreuses écoles religieuses, uniquement occupées des minuties et d^^s subtilités d'un rite terre à terre*, plutôt que le tableau de la vie d'un peuple. Sans doute ils prétendent à l'explication des diverses parties de lu tâche incombant à chacun des officiants du culte; ils s'ingénient à faire coraprendie à ïhotar le sens intime des vers qu'il récite, à Vudijdtar les caractères de la mélodie qu'il chante, à ïadhvaryu les diverses phases de sa complexe besogne de manipulation; « mais, ces détails matériels, ils ne les exposent point, ils les suppo-enl connus, comme ils l'étaient en effet do tout prêtre digne de ce nom : ils se bornent à en dégager l'esprit à gi'and renfort de commentaires verbeux, de jeux de mots étymologiques et de subtilités qui confinent à l'extravagance -•.
Il faut descendre jusqu'aux manuels concis, sortes d'aide-mémoire rédigés en versets aphoristiques par chaque école, sur les confins de l'époque védique, pour trouver, formulé en rè;;les précises, l'ensemble des prescriptions compliquées du culte, pour avoir un aperçu des pratiques religieuses et des devoirs moraux incombant au chef de famille, pour sortir enfin du domaine liturgique et sacré avec les précis consacrés aux sciences et aux arts prétendument