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au bourdonnement d'une mouchée Les hymnes II, 42 et II, 43 du Rig-Véda sont adressés à un oiseau (geai ou corbeau?), le kapinjala, décoré du nom de poète, de chantre; il est comparé à \'uili/iîlin\ qui chante le si'iman; on le prie de cbantiT suivant la règle établie par les pères, et l'hymne se termine par la mention du nom d'une sorte de luth, le karkari (fi. V., II, XLiii, 3), que nous trouvons également dans l'Atharva-Véda (IV, 37, 4; comp. XX, 132, 3, 8).
Quant au tambour, il sert non seulement dans les combats, où il fait fuir d'épouvante l'ennemi (fi. V., VI, 47, 29-31 ; comp. I, 28, 5) ; mais il accompagne la plupart des cérémonies religieuses, où son bruit a pour but de chasser les esprits malins, comme le gong, qu'on frappe pour l'exorcisme du démon-chien*. — C'est ainsi que, d'après Çànkhàyana (Çraida-sntras, .XY'II, 14, 10 et suiv.), à la fête du solstice d'hiver''. Il on bat les tambours; le prêtre frappe le tambour de terre; les faiseurs de bruit font du bruit ». Ce tambour de terre se compose de la peau d'un animal du sacrifice, tendue sur un trou de résonance creusé en terre; on en bat avec la queue de l'animal. Au cours de cette même cérémonie, des jeunes filles dansent autour du feu, portant sur leurs épaules des urnes pleines d'eau, qu'elles finissent par y répandre, en chantant des refrains :
Bon sentent les vaches. Voici le doux suc!
Bon parfum sentent les vaches. Le doux suc!
Les vaches sont mères du beurre. Le doux suc!
Qu'eHes se multiplient chez nous. Le doux suc !
Les petites vaches, nous allons les baigner. Le doux suc^!
Le tambour ou timbale védique est le dundiibhi; l'Atharva- Véda consacre un hymne entier (V, 20) à cet instrument, <c issu du roi de la forêt et tendu de vache », c'est-à-dire fait de bois et recouvert de cuir.
Le même recueil décrit en ces termes (IV, 37, 4) les endroits hantés par les Apsaras, ou nymphes, qui présideront plus tard aux amusements des dieux : <i Là où croissent les açvatlhas [Ficus reliijiosa) et les nyagrodhas (Ficus Iiidica), les grands arbres à la chevelure de feuillage, où pendent leurs escarpolettes d'or et d'argent, où sonnent leurs luths et leurs cymbales... »
Résumé des données musicales du Rig-Véda et de l'Atharva-Véda. — Nous sommes obligés d'écourter cette revue du texte des hymnes; contentons-nous donc de résumer les quelques données musicales que fournissent le Rig et l'Atharva, c'est-à-dire d'y relever les expressions relatives au chant ou à l'exécution instrumentale'.
Parmi les termes employés pour désigner la musique et le chant, indépendamment du mot siiman, dont il sera question ultérieurement^ et de la famille de mots groupés autour des racines gd, rji. gir, chanter, etc. {gir, udgdtar, gni/atri, etc.), on trouve les expressions vâna {R. V., Vlil, 20, 8 ; IX, 97, 8 ; X, 32, 4) et vàni {II. V., I, 88, 6; VI, 63, 6; VIU, 9, 9), certainement apparentées à la racine va, souffler. Vânî, au pluriel, peut être rendu par chœur, musiciens (fi. y., I, 7, 1;I1I, 30, 10; VIII, 9, 19; VIII, 12, 22; IX, 104, 4); et il est question quelque part (fi. V., 1, 164, 241 de 7 vâiils, qui sont soit autant d'espèces de tons, de chants, soit des formes métriques".
7. Comp. H. Grassmann, Whrterbuch zum Rig-Veda, aux mots cités; et H. Zimmer, Altindischea Leben..., p. 289-291.
S. Voir p. 277.
9. De la raciue va on peut rapproclier encore les formes vàna, flageolet, et vàntci, harpe, citées plus bas.
HlSTOinE HE LA MUSIQUE
Jouer d'un insli-umeiit se disait vnd , ou encore dham. souiller [H. V.. I, 8;;, 10; I, 1 17, -H ; IX, 1, 8; X, 13a, 7). On a relové certains noms irinstrtiMients de miisli|ue, qu'il n'est pas toujours [lossible d'identifier d'une façon si^re. Ce sont : nu laniliour ou timbale, ilwulubld (/i. r.. I, -28, .'i; VI, 47, 29-31 ; .1. V., V, 20; XII, J), des cymbales, ou crotales, d;//i(/<( (R. F.. X, 146, 2i et (i(jli<ilii [A. V.. IV, 37, 4); puis, divers instruments à veut : V(hw, llilte ou flageolet (/{. V., I, 8a, 10), nndi, niOine sens (1!. V.. X, 13o, 7), hakura, espèce île cor ou de trompette guerrière (R. V., I, 117, 21), bdkwa ou balniia-drili, cornemuse ('?) (/I. V.. IX, 1, 8) et S(isnr/)(in', dont le sens est également douteux, mais qu'on traduit parfois par trompette de guerre; enlin deux instruments à cordes (en dehors de vdnki, à la signification indécise, R. V., V, 75, 4), et qu'on identifie d'ordinaire à la harpe ou au luth : karkari {II. V.. II, 43, 3; A. V., IV, 37, 4) et gargara (R. V., VIII, 09, 9).
Le Yajur-Véda et le Taittirîya-Bràhmana. — Un autre Véda, qu'on peut appeler le lirri' îles /'oemw/es, le Yajur-Vi'da, nous fournit le moyen d'augmenter cette liste. Dans un passage curieux de l'une de ses Samhilâs [Vâjasaneyi-S., XXX, 6, 19, 20), où il est question de sacrifices humains, il fait une énumération de 179 divinités secondaires, parmi lesquelles la divinité du chant (Gità), de la danse (Niittà), de différentes espèces de sons musicaux, de bruits ou de cris (Çabda, Mahas, Kroça, Akranda, Avarasvara, etc.). A ces divinités on offre des victimes, et parmi elles nous voyons : un joueur de vlnd ou luth; de tibiava ou flûte; d'ddambava ou tambour; de çamkha ou conque; un talava, instrument du genre tambour, ou simplement un musicien; \m pihiighna ou batteur de mesure; un çailuaha ou acteur.
Le même développement se retrouve dans un des Brdhmanas d'une autre recension du Yajus (Vajus noir\ le Taitdriya-Rr., avec quelques variantes; et, d'après l'interprétation qu'en donne Uàjendralàla Mitra', nous devrions ajouter à notre liste : un joueur de dundubhi [(\u'i\ traduit par trompette! — aux lieu et place du joueur d'(Z(/aHi6ara); un chanteur(3(i»((Aa); un chanteur à l'octave dans un chœur (? grdmanyu) : un ^musicienj qui invite les gens à la danse {anukroçaka)-; un préparateur d'instruments de musique en peau (carmamyâ^), etc.
Tels sont, à peu près, les seuls renseignements directs que fournissent les anciens textes purement védiques. Ils sont muets — et cela ne saurait nous surprendre, si nous nous rappelons leur nature spéciale et leur objet — sur tout ce qui concerne la technique des arts de la musique et de la danse; et nous ne pourrons suppléer à ce silence forcé, qu'en ayant recours, comme nous l'avons dit, aux divers traités d'exégèse ou aux précis didactiques.
Premiers renseignements empruntés à l'exégèse et aux traités didactiques. — u Composés à une époque plus tardive, où peut-être la mémoire était devenue plus rebelle, où en tout cas la complexité croissante et véritablement terrifiante du rituel risquait de la trop surcharger, ils suivent pas à pas les lents méandres de l'office divin : selon qu'ils appartiennent