‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 470 sur 1158 · Ou carmamna ( Vdjasaneyi-SX · texte numérisé non relu

Ou carmamna ( Vdjasaneyi-SX

4. V. Henry. Préface à sa traduction de l'ouvrage de H. Oldenberg, La Religion du Vf't/n, p. i, xi.

5. Les prières liturgiques, soit de louange, soit de supplication, revêtent habituellement la forme poétique, tandis que les formules dont

au cycle du Uig-Véda, du Yajur-Véda ou du Sàma- Véda, ils prescrivent, à l'usage de chacune des catégories de prêtres oflicianls, les récitations, les manipulations et les chants qui s'y succèdent et s'y entrelacent; et, grâce à eux, le culte de l'Inde antique nous est sans comparaison jilus accessible, jusque dans ses plus minutieux détails, que relui d'aucune autre nation de l'antiquité, sans en excepter le peuple d'isiai'l '. »

Psalmodies et chants véritables. — Les hymnes du Uig-Véda, dont nous venons, par de courtes citations, de donner une idée, n'étaient pas chantés; mais certaines stances appropriées, extraites du recueil, étaient, à l'occasion de l'olfrande et de la libation de la liqueur enivrante appelée Soma, récitées par le principal officiant, le hotar, ou un de ses compagnons, sur le ton solennel et élevé de la psalmodie, avec exacte observation de l'accent et de la quantité des syllabes; pendant ce temps Vadhvaryu et ses aides, employés à la besogne matérielle du culte, accompagnaient de formules brèves chacun des actes de leur minutieux ministère^. La métrique védique, par la variété et la souplesse de ses stances et de son rythme, donnait à ces récitations un caractère éminemment lyrique et solennel.

Mais ces psalmodies étaient entremêlées de chants véritables, dont l'exécution était confiée à ïndgdtar et à son quatuor de prêtres-chanteurs. Dans l'ordre rituel, le chant précédait même la récitation. Les chantres, d'abord, semble-t-il, au nombre de trois seulement, puis, par la suite, formant quatre chœurs de quatre prêtres chacun, exécutaient, tantôt ensemble, tantôt en alternant, des morceaux coupés d'exclamations, décris d'allégresse et de syllabes magiques.

Le Sâma-Véda. — Ces hymnes, variant suivant les dieux à qui était adressé le sacrifice, sont tirés d'un recueil dont il nous faut parler maintenant, le Sdma- Véda. Ce répertoire des mélodies {sâimms) est une sorte de livret de plain-chant, extrait du Rig-Véda, accompagné de chants en notation musicale [gdnas), k l'usage des chantres.

Les cantilènes ou sâmans. — Avec quelques-unes de ces vieilles cantilènes, nous touchons aux plus lointains souvenirs musicaux de l'Inde aryenne. Dans les hymnes mêmes du Rig-Véda, la prière chantée [sdman) est souvent mentionnée à côté de la prière récitée ou rie. Au vers X, 114, 6, elles sont considérées comme deux chevaux (ou deux roues) faisant rouler le char du sacrifice. Ce sont les dieux (X, 1 14, 1) qui ont découvert l'hymne [arka] et le sdman. Les vers V, 44, 14 et V, 44, 15 présentent la même distinction entre la rie et le sdmnn: de même encore le vers X, 90, 9, où les trois védas sont donnés comme produits par la victime mystique purusha : « De ce sacrifice sont nés les j-ics et les sâmans; de lui sont nés les mètres [chanMmsi), de lui est né le Yajus. » Brihaspati, le chanteur, chante des sdmans (X, 36, o); enfin un texte va jusqu'à déclarer qu' « il n'y a rien au-dessus du sdman » (II, 23, 16).

Nature des sàmans et composition du Sâma-Véda. — Le Sàma-Véda venu jusqu'à nous est, d'après BurnellS une collection de vers ou de phrases sans hai-

s" accompagnent le maniement des vases sacrés et les autres manipulations matérielles sont en simple prose et Urées du Yajur-Véda. {H. Oldenberg, ouvr, cite. p. 370.)

6. The Arslieya-Brdhmana. Introduction, p. li. xii. — Pour tout !o développement qui suit, nous nous sommes surtout aidé des remarquables travaux de .\.-C. Burnell (oult. cite) et de M. Wang (Aitareija- Brâlimana, t. II), ainsi que des savants articles de M. A. I>arth daus la Reçue critique (21 juillet 1877, etc.).

EXr.yCLOPÉDIE DE LA MUSIQVE ET niCTIONNAlRE DU CONSERVATOIRE

son, presque lous tirés du Biir-Véda, qui, avec quelques modifications de forme (allongement, répétition des syllabes, intercalatiou de syllabes nouvelles), se chantaient dans certaines occasions, et surtout aux sacrifices de Soma. Ce sont ces paroles, c'est ce texte qui, revêtu de musique, constituerait pour nous un sdman. En fait, c'est le résultat d'une erreur en laquelle nous ont induits la littérature technique du Sàma-Véda et les spéculations de la Miniâmsà : le siîman était une mélodie pure, une cantilene tout à fait indépendante du texte auquel on pouvait l'appliquer. L'origine de cette musique est probablement fondée sur la récitation des paroles liturgiques; mais les lémoifinages les plus anciens que nous possédions font une distinction entre le chant et les paroles et accordent la plus grande importance au chant. Comme l'indique, entre autres textes, le commentaire de .Sàyana, un sâman est une giti, une façon de chanter; il est synonyme de g(hui, chant. Ce n'est pas une rie revêtue d'un air, c'est l'air seul, une sorte de sainskara ou de complément tout extérieur, lequel peut (■•tre ou ne pas être conféré à une vie. 11 n'y a aucun lien nécessaire de l'un à l'autre, et un siUnan sera toujours un sàman, à quelque rie qu'on l'applique. Aussi les sdmans n'ont-ils par eux-mêmes aucun sens; ils ne consistent qu'en notes musicales et en syllabes exclamalives ou stoilms, et Sàyana convient qu'à strictement parler il ne saurait être question de les expliquer.

Bien que le doute subsiste en présence de l'incohérence des textes, cette théorie peut être vraie, du moins pour les temps anciens. Mais, comme le remarque justement M. A. Barth', « pour tous ceux qui n'étaient pas des sâmagas, des chanteurs de profession, les recueils du Sàma-Véda, qui contiennent les ri'cs, c'est-à-dire des textes intelligibles, ont dû l'emporter en intérêt dans l'Inde, tout comme chez nous, sur les collections à peu prés inintelligibles des gdnas. » Aussi, « bien que la notion de la nature toute musicale du sùman ne se soit jamais obscurcie, » le siiintm est devenu un texte chanté. " Au lieu de dire qu'il se chante sur telle rie len sanscrit on dit chanter un air sur des mots), ou qu'il y a pris pied, on a dit qu'il avait telle rie pour matrice, ou qu'il en était issu ».

Mode de formation de ses recueils. — Cela nous amène à examiner le mode de formation des divers recueils du Sàma-Véda. Les ries, ou texte proprement dit extrait en très grande partie du Uig-Véda, sont renfermées dans deux recueils, à chacun desquels correspondent deux collections de sitmans ou grfnas, c'est-à-dire de paroles notées, disposées sous forme de cantilènes, sortes d'appendices aux Saiiihitds propres. C'est ainsi qu'au premier recueil, pûrvàrcika, correspondent le grtinwgeya-gdna et Vàramja-gdna; au deuxième, utlardrcika, correspondent Yùha-gdna et ïùhya-gdna. Enfin il est plusieurs sdmims qui ne correspondent pas à des ries; et, dans ce cas, la tradition les rapporte à des textes appelés stobhns, syllabes exclamatives, n'offrant la plupart aucun sens, du moins dans l'état délabré dans lequel le recueil nous en est parvenu'-.

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