‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 48 sur 1158 · ReisNER, Sumeriscit Babylonische liijmnen, p. 109, I · texte numérisé non relu

ReisNER, Sumeriscit Babylonische liijmnen, p. 109, I

Celait de la même manière que l'on hnuoiait le roi ou ses représentai! ts;unlias-r(lier du Uritish Muséum '" nous en oiïre un exemple. L'armée du roi Assourbanipal vient de mettre en déroute les soldats du roi d'Elam, 'l'ioumman; tandis que les Assyriens vainqueurs achèvent les blessés et font le dénombrement des morts, tandis qu'un courrier se hâte de porter la nouvelle à Ninive, le général en chef présente aux Elamites leur nouveau roi. La population de Suse sort au-devant de lui en habits de fête et se prosterne à ses pieds; la chapelle du roi mort, tout entière, hommes, femmes et enfants, danse et chante aux sons des harpes, des tlûtes et des tambours.

Quand Holopherne , général de Nahuchodonosor, descendit en Syrie avec une grande armée, << une si grande terreur se répandit sur toutes les provinces, que les habitants de toutes les villes, les rois et les peuples sortaient au-devant de lui lorsqu'il arrivait, le recevant avec des couronnes et des illuminations et dansant au son des tambours et des llùtes" ».

La llûle était regardée dans l'Orient ancien comme l'instrument sacré par excellence; c'était surtoutpendant les fêtes de Tammouz, l'Adonis des Grecs, que résonnait son chant aigu et plaintif; aussi le mois où elles étaient célébrées, le quatrième de l'année, en portait le nom de arn/t uHanati, mois des joueuses de fiûle.

Un vieux poème chaldéen, la Descente d'hhtar aux enfers, nous raconte qu'en cette période sainte, des chants funèbresjoués sur une flûte de lapis-lazuli par des pleureurs et des pleureuses avaient la propriété d'arracher pour un instant les morts à la domination des puissances infernales; à ces accents lugubres, pensait-ou, « ils se lèvent et hument les fumées de l'encens'^ ».

La musique tenait aussi une large place dans des cérémonies d'un caractère religieux moins accentué, par exemple dans les réjouissances publiques qui célébraient l'achèvement d'un de ces palais qui remplissaient de fierté les rois d'Assyrie ''. De même, quand l'armée assyrienne, de retour d'une expédition lointaine, faisait son entrée dans Ninive, chargée des dépouilles des vaincus, au milieu des cris de joie du peuple, des musiciens précédaient le cortège ''". Les annales des rois font soigneusement mention de ce détail : « Avec des musiciens jouant du zay-fal, nous dit Asarhaddon au retour de sa première campagne, j'atteignis l'enceinte de Ninive'^. » Dans un autre récit il précise davantage : « Avec le butin d'Elam et de Gamboulou, dont mes mains, par l'ordre d'Assour, s'étaient emparées, avec des musiciens faisant de la musique j'entrais dans Ninive au milieu des cris de joie'°. »

Les dieux d'Assour aimaient beaucoup la musique, et il leur était agréable de s'entendre comparer aux instruments. Un des surnoms préférés d'Ishtar était « flûte harmonieuse aux doux sons''' », et la voix de Ramman, le dieu du vent, ressemblait, parait-il, aux sons du halhntiitriu^^. De même en Israël, le Seigneur lahveh disait à ses prophètes que ses gémissements

iO. Il est reproduit dans ilxspe.Ru, op. cit., t. III, p. 41t. Les musiciens et les chanteurs sont figurés dans cet exposé, p. 47, fig. 80 et 90.

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