V. p. 41, col. i
EXCrCLOPÉDIE DE LA Mt'SlQiE ET nfCTfOWAIRE DE C.OSSERVATOIHE
sur le sort des peuples insoumis à ses décrets étaient semblables aux sons de la harpe ou de la flûte'.
Quand le puissant roi d'Elam Tiouniman déclara la puerre à Assourbanipal, le roi ninivite n'était pas sans inquiétudes; il alla prier Ishtar de l'aider de ses conseils : « Ne crains point, dit la déesse, demeure ici, en cet endroit où Nébo réside ; mange ta nourriture, bois du vin, fais de la musique-! »
Le roi obéit à la déesse et s'en trouva bien; tandis qu'il vivait au milieu des plaisirs, ses généraux remportaient des victoires décisives; Tioumraan fut tué, et un courrier partit aussitôt pour apporter sa tête à Ninive. Assourbanipal, tout joyeux, la fit suspendre à un des arbres de son parc; assis sur un lit richement décoré, à l'ombre d'une tieille, il pouvait à son aise narguer son terrible ennemi de la voix et du geste, en buvant sans soucis avec la reine; ses esclaves agitaient autour de lui de longs éventails, et, pour ajouter à cette douceur de vivre, un orchestre dissimulé derrière les arbres faisait résonner harpes et timbales, tandis que sur les plus hautes branches de petits oiseaux rivalisaient avec eux de leurs trilles les plus étincelants^.
Les grands ne manquaient pas de suivre un exemple venu de si haut, el n'y trouvaient pas, comme Salomon, « vanité et affliction d'esprit' «. On les voit assis sur des tabourets finement sculptés, deviser joyeusement la coupe en main; ils parlent des affaires courantes, de l'Elam qui se révolte, de l'Egypte qui donne des inquiétudes, des embellissements de iXinive, et à voix basse des affaires du palais; les serviteurs courent affairés de l'un à l'autre, et dans un coin des joueurs de cithare exécutent leurs plus brillants morceaux sous la direction de leur chef d'orchestre-'.
Le lieutenant du Grand Hoi en Babylonie, Nannaros, raconte l'historien grec Ctésias, possédait un orchestre de cent cinquante femmes; elles chantaient en s'accompagnant sur les instruments, tandis qu'il était à table'.
Les troupes en campagne se délassaient du combat ou de la corvée en faisant ou en écoutant de la musique. Sur un bas-relief du Musée du Louvre", on voit ainsi, près d'un écuyer qui fait trotter deux vigoureux étalons, un orchestre, de prêtres vraisemblablement, faisant résonner harpe, cithare, cymbales et tympanon. Au British Muséum*, tandis que des palefreniers pansent et font boire les chevaux de l'écurie royale, un musicien joue d'un instrument à manche (fig. 78), prés de deux personnages déguisés, semble-l-il, en dragons fantastiques, et paraissant se livrer à une danse sacrée.
Mais les Assyriens ne semblent pas avoir eu l'équivalent de nos musiques militaires, ou du moins les textes et les monuments sont muets à cet égard; il n'est même pas parlé de sonneur de trompette.
En revanche, ce derjiier instrument était employé dans d'autres circonstances. Quand il s'agissait d'amener à leur place définitive les gigantesques monolithes que les .sculpteurs transformaient en taureaux