Ed. Whilney, p
serait seul noté, dans les manuscrits du nord de l'Inde habituellement par la lettre ra « ^ », dans ceux du sud par le signe « o ».
Diversité des modes de notation en usage pour les sâmans. — Nombreux, en effut, sont les procédés de notation du chant des sdmans. A vrai dire, chaque école, on pourrait dire chaque prêtre, a le sien. La notalion varie dans les manuscrits, suivant qu'ils proviennent de telle ou telle région de l'Inde; et il n'est pas exagéré de dire qu'il serait absolument impossible de trouver deux exemplaires présentant, à cet égard, une concordance parfaite'-. Les manuscrits des gdnns sont uniquement copiés par les prêtres professionnels du Sàma-Véda pour leur usage personnel; et, comme ils ne sont pas destinés au public, chaque copiste suit une méthode dilférente, du moins dans les détails, et ajoute, de-ci, de-là, tel signe qui lui est propre, dans le but de fixer sa mémoire et de faciliter sa lecture musicale.
A ne considérer que l'ensemble, on peut distinguer deux systèmes principaux de notation, l'un particulier aux manuscrits du Sud, qui se servent de lettres, tandis que l'autre, habituel aux manuscrits du Nord, emploie surtout des chiffres pour désigner les notes différentes.
Notation par lettres, du Sud. — La notation par lettres esl, sans doute, la plus ancienne, elle est aussi la plus imparfaite; car, les lettres n'indiquant pas d'une façon suflîsammenl exacte les syllabes du lexte auxquelles elles s'appliquent, ce procédé n'était pas de nature à préserver les chants des sdmans des altéralions inévitables. Il y a, de plus, prés de 300 groupes de lettres destinés à ce genre de notation, et s'intercalant dans le texte au détiiment de la clarté. Aussi est-il impossible d'entrer dans les détails et d'exposer un système aussi compliqué; quelques indications suffiront à en donner une idée ".
Les chants, dans cette notalion, comme dans les autres du resle, sont divisés par des barres ou mesures (parvans). Après la première syllabe de la mesure, rarement en son milieu, on insère des groupes syllabiques ayant une signification particulière, c'està-dire désignant chacun une note ou un ensemble de notes. •
Prenons pour exemple le commencement du 1"' sdman des recueils de gdnas, tel qu'il est noté dans les manuscrits du Sud, et où les lettres de notation sont en italique :
0 ta gni i | à chn va hi na vi ilo yù i | etc.
Dans ce système, ta désigne la 4= note (marquée par le chiffre 4 dans la notation du Nord), c'esl-àilire, comme l'indique le tableau de concordance de la page 265, la note caturtha; cho désigne les notes 2, 3, 1 ; na, les notes t et 2 et le signe prenkha^'-. — De la même façon, ka désigne une noie, Ae un groupe de 7 notes...
Les adeptes de l'école Jaiminiya emploient, paraitil, un système analogue ; mais alors chaque lettre représente une note distincte'^.
bcr,
Voir notamment le Cftandah-sûtra du métrtcien Pingaîa (A. We- Indisdie Studien, t. VIII, p. 230, 236, 2591. liurnell, The Arsheya-br., p. xliv, note. Burnell, The Samhito-'panishad-br.. p. xix. . Voir chap. IV, p. 297 et 300.
Hurnell. ('/., p, xx.
liurnell. The Arsheya-br., p. xli.
. Hurnoll, The Arsheya-br„ p. xxvi.
liont nous donnons plus loin la signification.
Id., p. xxvii.
insTOinE DE LA MUSIQUE
Notation par chiffres, du Nord. — La mélliode de nolalioii à l'aide de cliillVes, (|iii, orifiinaire du Nord, a liiii par se généraliser, mais plus récemment, dans l'Inde eiilière, est beaucoup plus simple ; mais là encore il existe des dillérences de détail 1res grandes d'une école {çiikM) et d'une époque à l'autre'. Le système qu'expose Rurnell, dans Vlnlrodiiction de son édition de yAnhci/a-bnilimana (p. xli-xlvii), pour donner une idée de la faeon dont les prêtres actuels chantent le Sàma-Véda, est celui de la Katitlnimiçâkhil : c'est celui suivi dans la plupart des éditions modernes des siimans. Les six premières notes y sont désignées par les chitlres 1, 2, 3, 4, .'i, 6; la dernière, peu usitée en fait, par le cliill're 7 ou le signe » " ». Ils corresponilenl, ainsi que nous l'avons déjà dit 2, aux notes fa mi ré do si la sol, et se placent au-dessus de la ligne, sur la syllabe correspondante du texte du sâman.
Outre ces signes, alTectés aux 7 notes simples {prakrilis'^, il y a 7 autres signes ou termes techniques', indiquant certaines modifications de mesure, d'octave, ou bien des groupes de notes: 1° le prenkha « 2 « (dans le sud « piv »] augmente de deux temps {mntrds) la durée de la syllabe précédente et prend fin avec la seconde note; -2° le namana représente les 3 premières notes de l'échelle ,1, 2 et 3} ; 3° et 4'> les deux
Notatira du 1*^ Sâman
^ izrr 1 g-|i -.1
Ogtidyl I âyâni 3 voito ya 2t|loyà 2 i| («) (♦)
karshanas marquent l'octave supérieure " /^ », ou l'octave inférieure « '•/ » et leur signe all'ecle toutes les notes intermédiaires; S° le vinata « s » (ou « vi ») sert à représenter les notes 1 et 2; 6° et "'> les deux autres signes rikiilis sont des fioritures ou petites notes : l'ati/ittkrdma tenant lieu du f,'roupe de notes 4, .'), 6, o, et le samprasdrand , du groupe -J, 3, 4, a.
Parmi les nombreux termes techniques que renferme encore le vocabulaire propre aux prêtres du Sàma-Véda, nous nous bornerons à citer ['uhhhjnla, qui augmente d'un temps imiUrà) la durée de la note précédente, el est indiqué ordinairement (dans l'édition de la Bitiliolhf'ca liuticti notamment) par le chiffre « 7 ». Quand chacune des notes d'un groupe,
exprimées déjà par des chiffres, est surmontée d'un
I I I I nouveau chiffre (2 3 4 5), ce dernier indique la valeur
de durée de la note. Les barres de mesures (parvan) ne servent qu'à indiquer que les notes intermédiaires se chantent d'une seule baleine, et la dernière note de la barre est toujours iT((W/ia''.
Spécimen de la notation des sâmans avec traduction en plain-chant. — Nous pouvons ilhistn-r ces explications en donnant, comme spécimen, dans leur notation chiffrée-', les deux premiers siimans du recueil des chants védiques, avec leur transcription en notation du plain-chant empruntée à BuineH" :
Gaulamasya parkafl,l,l)
Praslàva Udgllha
!ZÏS
O-giicLi â.yôJiî - vo-i.lo.ja . . i lo.yô,. .1
grin noHa I vyoxiàioyô, 2 i | toyâ 2 i I
gn.Tiàjio.havya.dâ.lo.yà. - i ÎO-JÀ - - i , Pratihàra Upadrava ffidfiana
nayi Ko- ta sâ23]tsâ2tlva2S» CMTw\dllù.23»shî|p|i" ♦ ^■■♦»|,*« |»»4>^ , ,1-*^
'** iiâ.'t.ho.tâ..sâ . tsô . i và..aiuh«-\ôrhî...shî
Notation du 2? Sâman Kaçyapasya barhishyam (1,1,2)
Praslâva Udgîtlia
Agna âyoKi vi I tayot | grincuuj Kaïj'odSia- ^|!^ ^
2 S yai 1 mholô&abwarWl 23 isHi varhâf^^
A.gua-ô.^-Q-ht.'vl ta.yâ.i gji.nô-no'ha-vj'ajlâ-ttL Pratihàra Upadrava
2 sKaZSifcaaliovâ IvartuSsW 23U
i sliâ aiulu3--vâ vot-Ih- slit
Les sâmans, tels qu'ils sont donnés dans les publi- I cations de détail. Dans son Introduction au Samhitocations indigènes, servaient de base à des composi- ponishad-bnikmana (1877), lîurnell émettait l'espoir lions plus étendues et comportaient certaines niodifî- : p. xs] de pouvoir donner un jour un de ces morceaux
1. Sâyana, dans son commenlaîre de ÏAfsher/a-br., n'adopte aucun syslème de notation; lorsqu'il cite un sdman, il désigne toujours îes notes par leur nom.