A. Weber, Indische Sludien, IV, p. 140, note
10. Le Uhàshika-sùCra, notamment; \ . Indische-Studien, X, p. 421.
de la lète; ga, des narines; ma, de la poitrine; pa, à la fois de la poitrine, de la tète et de la gorge; dha, du front; et ni, de tous les organes.
Faut-il, comme le veut S. M. Tagore', accorder plus de conllance et d'autoiité à la théorie hindoue d'après laquelle les notes proviendraient de l'imitation du cri des animaux et du cliant des oiseaux? Pour lui, « la musique doit son origine aux expressions simples et immuables de la nature animée... »; l'homme, znoins bien doué à cet égard que les autres animaux, n'aurait pas trouvé dans son propre fonds les idées premières de l'art du chant : la musique ne serait pas innée en lui, ni instinctive; il la devrait à une copie de la voix de la nature. S. M. Tagore s'essaye longuement à soutenir cette thèse. Rien dans la nature n'attire notre attention et n'éveille nos sentiments aussi rapidement que le son. Dans le premier état de la société, l'homme, placé par son genre de vie au milieu des sons de la nature, aurait reçu inconsciemment une éducation musicale dans les champs et les forêts, et aurait bientôt appris à discerner dans le cri des animaux les menus intervalles musicaux, qui sont les germes de la mélodie et dont sortit, avec le temps, la gamme naturelle. C'est ainsi que les intervalles de l'octave n'ont pas été trouvés par une chance heureuse, ni choisis arbitrairement, mais sont le résultai d'une observation minutieuse, qui classa les sons de la nature dans les sept degrés de l'échelle musicale, et sut, dès l'époque védique, reconnaître que le 8" degré répète avec plus de force le 1'"' de la série. Grâce à leur sens artistique et à une science de l'acoustique suffisant aux besoins de leur musique, les Hmdous sont ainsi arrivés, dès une haute antiquité, sans calculs mathématiques, à découvrir une vérité à laquelle les Européens n'ont atteint qu'à une époque récente et après de longues recherches scientiliques.
Et, à l'appui de sa thèse, S. M. Tagore reproduit les attributions suivantes aux sept notes du cri des animaux, qu'on retrouve dans la technique hindoue-. La note sa aurait été empruntée à l'appel du paon, ri au beuglement du bœuf, ga au bêlement de la chèvre, ma au hurlement du chacal ou au cri de la grue, pa au cri de l'oiseau noir appelé kohila (le coucou indien)', dlia au cri de la grenouille ou au hennissement du cheval, ni au barrit de l'éléphant.
Les noms que les anciens auteurs sanscrits avaient donnés aux notes, il y a deux mille ans et plus, sont restés tels dans l'Inde jusqu'à nos jours, mais ont subi certaines déformations du fait de la prononciation ou de leur transcription dans les différents idiomes et dialectes de la péninsule. C'est ainsi que S. M. Tagore écrit s/iar/a. rishava, etc.; — que le cap. A. Willard*, suivant l'orthographe et la prononciation de l'hindoustani, les donne sous la forme corrompue hhuruj, rikhub, gimdhur, muddhum, punchum, dhyvut, nikhad; — que, selon sir \V. Jones ■", shadja doit se prononcer shai-ja, selon J.-D. Paterson' sarja ou kharjn, tandis que rishabha se prononcerait rikhabh, et nishàda nikhad.