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5. D.ins Il's nuirclianàs et les lànas dont il vient d'èlre question, les séries ascendantes ou descendantes présentent les notes dans leur ordre naturel. Les techniciens ne s'en sont pas tenus à cataloguer ainsi
des échelles incomplètes (a-sampiimas), b. 6 on ?i !> notes, c'est-à-dire auxquelles il mnn(|uc uni' ou deux des 7 noies (jue nous eonnaissons. Nous avons é;;aloment vu (|iie, dans la gamme, certaines notes pouvaient être alli'n'cs, par suite d'un changement dans la disposilion des nulis intercalaires. Il en résulte qu'il peut y avoir 4 espèces de Marchands : 1° purnd^ ii'omplètes), quand la série des notes est au complet; 2° shddavds (à 6 notes), cjuand une note de la série a été supprimée; 3" auddvds (à ;i notes), quand il manipie deux notes à la série; 4° sddhdrana-hrilds (avec sddhdrana\, dans les échelles à notes altérées, celles, par exemple, oi'i ni devient kdkali ou ga aritara.
Les mdrrhands naturelles des gammes à C notes ou à ;> notes reçoivent le nom de tdnas (extension); il y a 84 tdnas naturels en tout, 49 pour les échelles à 0 notes, et Xi pour les échelles à b notes.
2° Séries à 6 notes naturelles. — Dans hs tdnash
6 notes, du modv shadja, les notes suscefilibles d'être supprimées sont sa, ri, pa et ni. On peut donc avoir
7 séries dilTérentes avec suppression de sa d» X, ri, ya, ma, pa, dha, ni; 2° ni, X, ri, ga, )?îa. pa, dha, etc.), et trois fois 7 séries différentes par la suppression répétée de chacune des trois autres notes ri, pa et ni, soit 28 lii.nas en shadja.
En madhyama, 3 notes sont susceptibles de suppression, su. ri et (ja, ce qui donne, dans les mêmes cDndilions, 21 tdiins.
3° Séries à 5 notes naturelles. — Les 3o tdnas des échelles pures, à ii notes, se décomposent de la manière suivante :
21 en mode shadja, où l'on peut supprimer un des trois couples sa-pa, ri-pa, ga-ni (d'où 7 séries successives différentes par suppression de chacun des trois couples :
X )■( ga ma x dha ni, ni X ri ga ma X dlia ni, etc., etc.) ; 14 en mode madhyama, par suppression de ga-ni, ou de ri-(Uta.
4" Séries à notes altérées, complètes ou incomplètes. — Nous avons exposé assez complètement la théorie des notes altérées *•, sur lesquelles peuvent êlre fondées les nombreuses variétés de modes, pour n'avoir pas besoin de définir en quoi consistent les marchands ou les tdnas altérés. Ce que nous venons de dire de ces séries ascendantes ou descendantes, dans lesquelles les notes se présentent naturelles, suffi t amplement pour que l'on conçoive la façon de les exécuter, au cas où un changement dans la nature des intervalles les aurait transformées en séries à notes altérées".
Exécution des mùrchanàs, etc. — Les marchands elles fanus n'elaient pas considères comme desimpies exercices d'école, mais constituaient, comme les ulamkd.ras que nous étudions ci-après, de véritables agréments que l'artiste pouvait introduire à son gré au milieu d'un motif. D'autre part, avant de procéder à l'exécution proprement dite de la mélodie, il se familiarisait avec le genre, l'échelle, le mouvement du morceau, par des gammes et des vocalises, — sorte de prélude du rdga, appelé aussi dldpa, karana, etc. ^; il se livrait à cette pratique devant son auditoire
les îiG sortes de mùrchanàs et les 84 tdnas, ils ont dressé la liste de toutes l'S combinaisons que peuvent ofirir les séries dans les diverses échelles de 2 ù 7 noies, en les disposant de toutes les manières imaginables. Le total de ces combinaisons ou kuta-tànas s'élève, paraît-il, a 3 17.030. L'édition de Poona du Samgîta-ratnàkara en donne, en .Appendice, le tableau (t. Il, p. 868-992). 0. Voir plus loin, p. 314.
EXCVCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOSNAIRE DU CO.\SERVATOIRE
même, qui prenaildéjà un premier plaisir à entendre ces préparalil's de mise au point'.
L'exécution vocale de la mùrchand est facilement compréhensible d'après sa définition. Dans le chant, l'artiste prolongeait le son voyelle de la syllabe, depuis la première note jusqu'à la note terminale de la vocalise.
Pour exécuter une mr'irchanâ sur le luth, on pressail la corde sur la touche correspondant à la note initiale, en la distendant graduellement, soit avec l'index, soit avec le médius de la main gauche, de façon à produire la série des notes sur la même touche-.
Considérées comme fioritures, les mùrchanàs se combinaient avec les ornements proprement dits, appelés alamkdras.
Les varnas et les alanikàras^
Les 4 varnas ou dispositions-types des notes. — Dans la mélodie, les noies peuvent procéder de quatre manières différentes : 1" elles peuvent présenter, en tout ou en partie, l'échelle ascendante : sn ri ga ma pa dha ni. ou 2° l'échelle descendante : ni dha pa ma ga l'i sa; 3° il peut y avoir répétition d'une seule et même note fixe : sd sa sa, ri ri ri, etc. ; 4° enfin les notes peuvent changer dans un même membre de phrase musical, et présenter une série résultant du mélange des trois types précédents; elles peuvent monter, descendre, alterner ou se répéter sans ordre apparent : sd ri sd ri gd, sd ni dhd sd ri gd, etc. Ces quatre arrangements ont reçu le nom de wo-jin (forme).
Il y a donc quatre dispositions-types des notes, que nous énumérons dans l'oîdre des définitions précédentes : 1° drohin. gradation ascendante ; 2° avdrohin, gradation descendante; 3° sthdyin, fixité, répétilioft ; 4° samcdrin, succession variable.
Les ornements de la mélodie ou alamkàras. — C'est sur ces quatre types que sont fondés les divers agréments ou fioritures [alamkdras] qui servent à l'ornement de la mélodie et peuvent être intercalés au cours du développement musical et'> à l'intérieur des mûrchands. La stance suivante, tirée du Xdlya-ràstra (xxix, 781, en fait ressortir l'importance aux yeux des techniciens hindous : » Un chant sans agréments {alamkdras\, c'est comme une nuit privée de lune, une rivière privée d'eau, une liane sans tleurs, une femme aimée sans bijoux. » Aussi les artistes ne se faisaient-ils pas faute d'en user et d'en abuser, au détriment de la simplicité et du charme de la mélodie, pour étaler leur virtuosité.
On comprend que les combinaisons particulières des notes, dans chacun des quatre types ou varnas, puissent être infinies. Les techniciens hindous ont cependant tenté de les cataloguer, et, tout en déclarant qu'ils n'en épuisaient pas la liste, ont défini soigneusement, les uns» 33, les autres^ 34, d'autres' 63 ou encore' 68 espèces i'ulamkdras.
1. N.-ç., XXVIll, p. 32, 1. 17 et 61 de notre édition. — Comp. S. M, Tagore, Six Pi'incipcd lUujas. Introduclion, p. 38-39,
2. Voir plus loin. p. 324, les IraUs et a;;rénjenls analogues définis par Soma dans le livre V dn Bdya-vib. — Comp. S. M. Tagore, ouvr. cité, p. 30. Four la double manière ipraveça et nit/raha} d'exécuter les tànas, voir N.-ç., XXVIll, p. 32 et Cl, et Samg.-ratn., I, p. 49, Comment.
3. y.-ç., XXIX, 21-78; Samg.-ratn., 1, vi, 1-64; Samg.-darp., 149- 155; Hnga-vib., I, 55-81 ; Samg.-pàrij., Îl9-i^i.