II. — Les inslmnicnls à vent
La seconde classe des instruments hindous est appelée rtisUira (rac. çmli, rvas, souftler, d'où rmhila. vent?), qui signifie, entre autres acceptions, Irou, — ou sushira ipercé, creux, trou). Ce sont évidemment deux doublets d'un même mot. Suivant l'clymologie adoptée, ce terme technique désignera soit une classe d'instruments à souffle humain, soit des instruments à tubes ou à trous.
4. Day. oiwr. cité, p. lOi el 133; Maliillon (id.), n' 97, p. 150; yantra-li-osha, p. 41-49.
5, Day, nuir. cité, p. 133.
ti. Maliillon, 0UV7'. cité, n" 9S, p, 157.
7. Day, mwr. cité, p. 104 ; Mahillon (id.), n» U, p. lOî, et t. II, n» 608, p. 13; Yantra-koslia. p. 53.
* Exlrail de l'ouvrage du cap, C-R. Day, avec l'autorisation spéciale de la maisou Nuvello et C*.
insToinK DE LA nrusiouF
INDE •ir,3
Uion que leur antiquité soit au moins aussi jjrande i|iie celle lies instruments à cordes, leur importance est il(^venLie moindre ilans l'Inde, et leur usa^'e y est anjourd'liiii plus restreint. Cela tient, peut-<^tre, aux sévérili^s des lois relif,'ieuses, qui, exception faite pour la llille nasale et pour deux ou trois types de l'esiu-ce du cor et de la trompette, en interdisiiil l'emploi aux castes supérieures.
Renseignements fournis par les textes sanscrits. — I.e iSiili/'i' lislr'i III' i'il(» que deux varii'li-s d'instruments à vent : la lliMe de lianilion (i'""i'."l et la conque marine {rnnlilan, et n'étudie que le fienre lliMe; ce qui s'explii]ue, sans doute, par le t'ait que, relif,'ion à pai't, le son lialiituelleinent strident ou rauqne de la plupart des types du ntsliira les faisait reléguer dans les exécutions en plein air et proscrire de l'orchestre scénique. Aussi l'absence de désignation des autres espèces d'instruments à souflle humain, dans un traité relatif aux arts du théâtre, ne peut-elle aucunemejit être interprétée comme un argument contre leur antiquité.
A côté de la conque marine, encoie usitée par toute l'Inde dans le rituel Journalier des temples, le cor tirinijdi, de corne ou de métal, les ti'ompelles, et surtout la llilte, sont ligures dans les peintures et les sculptures anciennes, et mentionnés aussi bien dans les ouvrages les plus anciens' que dans les grandes épopées hindoues. La flûte du dieu Krishna tient, dans la littérature de l'Inde, la même place et est entourée de la même vénération que la lyre d'Apollon dans la Grèce ancienne. Les brahmanes s'en servent encore à l'occasion, mais en jouent avec les narines, conformément à la loi religieuse. Bien qu'ils soient réservés aujourd'hui aux Hindous des classes inférieures ou aux mahométans, les chalumeaux à un ou deux tuyaux, les diverses variétés de cornemuses, les cors et les trompettes droites, recourbées
ou contournées une et deux l'ois, sont tous des instruments en usage depuis la plus liaule aidiqiiité.
Il est vrai d'ajouter, pour expliipier leur (ii'favcur évidente, que leur fahiicatiou est loin il'avoir réalisé dans l'Inde les progrès auxquels les instruments de ce type — dont (|uel(pies-urrs semblent bien avoir été indirecti'inent empiirrrtés aux Hindous — sont arrivés en Europe; et d'aulre part que, en l'absence de méthodes aussi savanti's et aussi complètes que celles <iui existent pour les iiivis, les timbales, etc., l'ignorance actuelle des exécutarrts ne tii-e pas torri le par'li possible d'irislrurrrents dont ils vont jirsqu'à méconnailrT la vi-ritabif capacité.
Le Samgita-ratnàkara. — Le Sum'jila-rulniihnra nous oll'r'e les plus anciennes descriptions et définitions qui soient parvenues jusqu'à nous, de la classe nishii-d. Il traite successivement (livre VI, vers U-12 et 424-801 ) du vamça et de ses variétés, du pava (longueur 9 nnçjulns — 0™,17t), de la pâvikâ (à .'i Irons; long. 12 ang. = 0°',228[, de la murali là 4 trous; long. 2 luislas = O^.gil, sortes de tlrUes en bambou ou roseau; puis de la madhukarî, en corne ou en bois (à 7 trous; long. 28 'iiii/. = 0'",:i33i; de la kâhalâ, en cuivre, en ari;eiit ou en or ilong. 3 husliis =i I™,371; de la tundakinî, appelée encore Ittruturi ou litlii-i, et qui ne diffère de la précédente que par les dimensions (long. 2 hnslas = O^.OIr de la cukkà ou bukkâ, double en grandeur de la précédente (l"',82); enlîri du çringa, ou cor recourbé, et du çankha, ou conque nrarine.
Les variétés du genre flûte (vamça) d'après Çârngadeva. — Le genre llrlte proprement dit {vamça) présente, d'après le même traité, de nombreuses variétés, qui, suivant les dimensions du bambou et la perce, c'est-à-dire l'écartement des trous, ont une tonalité dilïéiente. Nous résumons sa théorie dans le tableau ci-dessous.