Transposition d'une octave à l'aigu
ENCYCLOPÉDIE DE LA MCSIÇCE ET DICTIONSAIRE DU COXSERVATniTIE
13. Mais la Mèse n'est pas seulement la corde directrice de l'accord des l3Tes et des cithares, « l'élément connectif des sons successifs' », « l'agent connectif de toutes les formes mélodiques de l'octave ^ » ; elle est, en tant que degré moyen de l'échelle type, un son fréquent dans toute mélodie « bien faite », dit Aristote^.
L'une des raisons de cet usage tient à la place que la Mèse occupe, absolument, au centre du parcours de la voix d'homme. Kn effet, si l'on ramène au diapason moderne ce point central, en baissant d'un ton et demi tout le diagramme des sons, on obtiendra, pour le parcours du registre masculin, depuis le grave de la Basse jusqu'à l'aigu du Ténor, le schème :
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L'octave commune aux trois voix est ré, — ré-i, et le fa^ti centre de la double octave, Mèse au sens antique, occupe la place équivalente à celle du /(!■> dans les diagrammes [15], [29], etc. La théorie des tons (27) oblige à installer sur fait le son le plus grave de la voix de basse chorale chez les Anciens, et l'on est amené à admettre que la Mèse << sonnait en réalité comme notre faiit », seule condition qui permette à l'octave moyenne, commune aux trois vois d'hommes, de coïncider avec » une octave accessible à nos barytons, à nos ténors et à nos basses*^ ». Donc
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vent ce schème, fondement de leur musique, sous le revêtement sonore le plus riche, tous les Hellènes, depuis les confins de la Macédoine jusqu'aux extrémités de la Laconie, savaient chanter mi ré ut si la sol fa mi. La suite de cette étude montrera les virtuoses de l'Antiquité acharnés, d'accord avec les théoriciens, à coupei' leurs tons en quatre, voire en un plus grand nombre de fort vilains petits morceaux; mais ces subtilités, réservées aux initiés, n'ont jamais fait oublier l'origine consonante de la langue musicale. En dépit de la notation, qui les consacrait, elles sont restées lettre morte au plus grand nombre.
Provisoirement, il faut faire abstraction de cette science artificielle, et s'en tenir à la pratique courante, en indiquant, indépendamment de toute théorie, les transformations que certains tétracordes pouvaient subir. Le musicien, en effet, même lorsqu'il s'adressait à la foule illettrée, à celle qui chantait mi ré ul si la sol fa mi, avait le droit d'apporter à cetle formule des changements de diverse nature. Ils n'étaient point tels d'ailleurs que la formule fût abolie, puisque dans tous les cas subsistaient intacts les sept sons :
De là, nécessité d'une transposition à la tierce mineure grave, permanente, pour toute transcription de musique hellénique dans notre écriture moderne. C'est contre cette transposition que s'insurge M. Francisque Greil', mais la correction qu'il propose (transposition d'une tierce majeure] ne donne pas la solution rigoureuse du problème, si l'on se réfère au diapason normal des voix.
14. Avant de mettre le lecteur en contact avec les monuments musicaux conservés, il importe de l'avertir des modifications subies, dans certains cas, par la formule essentielle, représentative du Mode Dorien :
Cela revient à dire que, pratiquement, le tétracorde des Moyennes seul était modifié. Ses modifications étaient de deux sortes : par « enharmonie » et par » chromatisme ».
L'Enharmonique et le Chromatique sont, avec le Diatonique, les trois « genres » de gammes employés par les Grecs.
Dans le (genre) Diatonique, la succession des sons se fait, d'un bout à l'autre de l'échelle, à travers tous les tétracordes, par Ions et demi-tons :
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Construite par le moyen des consonances parfaites (quinte, quarte et accessoirement octave), cette gamme indigène est empruntée au Diatonique vulgaire, universel. Elle reste seule en usage dans l'art public. C'est elle que les Athéniens entendaient au théâtre, au temple, dans les chants processionnels, dans les cantates lyriques. De même que tous les Occidentaux fredonnent ut ré mi fa sol la si ut, et retrou-
i. Gevaert, ProbI^;nies d'Aristole, p. 104.
2. Ibid., p. 196. L'explication de cette formule est donnée par le tableau qui se trouve à la même page. ^»