‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 645 sur 1158 · III. — L.V DORISTI II [DORISTI-LA · texte numérisé non relu

III. — L.V DORISTI II [DORISTI-LA

22. L'organisme interne change. On peut considi-rer le hx comme la nouvelle pseudo-tonique. Le mi (pseudo-dominante) reste la finale, c'est-à-dire sinon le son coordinateur (Kondamenlale) auquel tous sont subordonnés, du moins un des signes extérieurs les plus clairs de la construction modale. Et c'est la meilleure preuve que les fonctions « tonales » ne peuvent être évoquées, lorsqu'il s'agit de l'art antique, qu'avec prudence : une dominante qui porte le repos principal aux lieu et place do la tonique, est à coup sûr d'une autre essence que la dominante moderne. Toutefois les analogies sont suffisantes pour tolérer d'utiles rapprochements. ^

On ne s'étonnera pas de retrouver parfois, dans les monuments qui suivent, des traces de la structure modale précédente, de sorte que la Doristi I y voisine avec la Doristi II. Il semble que ce contact qui crée, en quelques régions du discours musical, quelque ambiguïté, soit un des caractères du mode national hellénique : la Fondamentale [pseudo-tonique] y est instable. Rarement une pièce en Doristi, pour peu qu'elle fût étendue, devait garder, d'un bout à l'autre de la mélopée, la même structure interne. C'est ainsi que l'hymne à Hélios parait débuter en Doristi II. La

distinction entre les deux formes n'est donc ni permanente, ni absolue. Ces flottements, assez singuliers pour nous, devaient être un agrément pour l'oreille des Grecs, qui n'avait pas les mêmes exigences que la nôtre, et exerçait autrement son contrôle. L'attention de l'auditeur dans les deux arts, antique et moderne, — homophone et polyphone, — n'est pas sollicitée par les mêmes objets. L'ambiguïté qui heurte notre conception moderne des cadres musicaux, est peutêtre de règle dans la Doristi des Grecs. Aussi devonsnous non seulement écouter leur musique sans lui prêter notre coloration harmonique, qui repose sur la Tonalité'; mais il faut réduire notre entendement et notre oreille, en face de ces vieux monuments, aux intuitions élémentaires, incomplètes, que les Hellènes pouvaient avoir de la Résonance.

Lyre (fruste?) dont les cordes n'ont pas été figurées ou peutêtre ont disparu. Lojoug et le sommet des hras sont effacés sur ce bas-relief funéraire ; mais il est facile d'interpréter la scène : le mort, en l'honneur de qui elle a été composée, est le personnage principal, un maitre de musique, représenté dans l'exercice de ses fonctions. Il enseigne à un garçonnet, — qui suit attentivement sur

I. Le sens de ce mot est, par suite de l'usage ol de l'abus qu'on en fait, d'une d^-tcrniination assez compliquée. Le lecteur trouver.-» dans l'Uistuire de la L. M., citée déjà, les discussions que cela comporte.

IIISTDIRR DE LA MVSIQVE

un toxk' il lU'iiii déroulé !a tiéiimuslraliuiidu iiiaitre, — !a théorie -m l;i |irali{iuf musicale, l.a niaiu droite est active, mais le /j/('(7/'(' est invisible. La main pauche -» acroînpafjne » par pincement .le eoriU's. — SIéle funéraire, de la lin du v" siècle avant J.-C. Appartient ."i M'"'' Honoré l.uce, à lieanne iCote-d'Or).

23. Les llvmiies en l'Iioniiour d'Apollon (ii" siècle avant J.-C), glorieuse trouvaille laite à Delplios en iS'.li par l'Krole franeaise tl'Atlièiies, sons la hante ilireolion d'Honiolle, vont montrer la IJoristi sous trois formes : enharmonique, chromatique et néochromatique.

Les exemples |81] [87] présentent les mélodies dans la région de l'octave mi-Mi. Les modulations d'une section à l'autre sont supprimées; le lecteur est supposé ne pas connaître eneore la graphie des tons autres que le ton-lype. La transcription exacte, en vraie hauteur, avec ses « métaboles » organiques, sera donnée plus loin [a\i] et î5i-7] .Ceci encore n'est qu'une leçon de solfège élémentaire.

Dans le premier hymne, les sons employés appartiennent aux seuls diagrammes de rEnharmonit|iie vocal et du Chromatique. L'étendue mélodique, ramenée au Ion de l'oclave type, est égale à la longueur totale du Système Parfait [2i] :

Elle est autre — plus restreinte — si l'on n'opère pas la transposition à la quarte inférieure (elTectuée pour les ramener au ton-type) des sections A, Go, E, V i, G. Aussi le texte original [oii] est-il moins monotone que celui-ci, en raison de la variété de tons qu'il installe entre les sections diverses.

Si l'on place, au-dessus des notes du diagramme général, les signes graphiques représentant les sons employés, on constate que, par exclusion systématique,

le signe F, correspondant au sol des Moyennes, fait défaut, dans toutes les sections, c'est-à-dire dans celles-là

même qui, n'étant point chromati(|ues, sembleraient diatoniqueniont aptes à employer ce snl : A, li. G,, G.,, I), K, ('.. De même le signe '/., corres|)ondant au s(A des Suraiguis, manque à leur tétracoide, là oi'i celuici est employé (section C,) jusqu'à la nète. Et cela est rigoureux : le létracorde des Moyennes et celui des Suraigués doivent être alfectés des mêmes modifications, pendant que ceux des Graves et des Disjointes conservent le Diatonique normal fl4J. Cette exclusion réduit l'oclave lype à la forme défeclive annoncée plus haut, dans laquelle le létracorde des Moyennes

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est transmué eu tricorde. II va de soi que si le létracorde des Conjointes intervient, et aussi longtemps que dure son intervention, Vut en est proscrit. De sorte que l'on a alors l'échelle partielle suivante :

L'ut ne reparait que' lorsque le si 'p est de nouveau exprimé ou sous-entendu.

Ce sont là des traces probables d'un Enharmonique ancien, et celle persistance est remarquable. Dans les hymnes gréco-romains, postérieurs de trois ou quatre siècles aux hymnes Delphiques, l'antique tradition est perdue, et le Diatonique intégral règne exclesivement

L'exclusion du sol — dontla répercussion en l'hymne à Ilélios était presque abusive — entraine l'abolition de la triade modale m-sol-si. En revanche, il convient de remarquer que l'ut des Disjointes est employé ici avec insistance. Or Vut est la médiante de la considéré comme tonique, de même que sol (hymne de Mésomède) est la médiante de mi. De sorte que la quinte modale l.^ m est subdivisée par la tierce et fournit la triade :

Hymne Delphique I.

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502 ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAinE DU CONSERVATOIRE

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