Eui'HuinoN, loco cit
La sanibuipie était aussi une machine de guerre, ainsi appelée, d'après Athénée, « parce que, quand elle se dressait, elle oITrait l'aspect d'un bateau et d'une échelle, ce qui est semblable à celui de la sambuque"" ».
Cette description pourrait s'appliquer à la rigueur à la harpe syrienne de la figure 91'°. Mais c'est un instrument d'assez grande taille, ce qui concorde mal avec les renseignements (|uo nous avons sur la sambuque.
Presque tous les auteurs, en effet, sont d'accord pour dire qu'elle était d'une acuité considérabli», résultant de la petitesse des cordes. Aussi les théoriciens la faisaient-ils correspondre au caractère féminin, et les chefs d'orchestre l'unissaient-ils aux voix de femmes-".
La sambuque était fort goûtée en Grèce, malgré les observations des graves philosophes, qui trouvaient qu'elle manquait de noblesse, qu'elle n'excitait que des idées de volupté et conduisait au relâchement-'. Déjà, au iv= siècle, un personnage du théâtre de Philémon reprochait en termes très vifs à son esclave d'ignorer quel était cet instrument--.
Les Romains du 11° siècle faisaient venir à grands frais de Syrie des joueurs de sambuque", et des jeunes gens des plus nobles familles allaient danser aux sons de cet instrument, à la grande indignation du sévère censeur Scipion Kmilien-'-. Quatre siècles plus tard, un des plus grands empereurs romains, Hadrien, le propre neveu de Trajan, aimait avoir pendant ses repas des joueurs de sambuque--'. L'historien grec Polybe prèle le même goiit au roi d'Egypte Ptoléraée Philopator^'"'.
Cette recherche de joueurs de sambuque s'explique par les difficultés qu'offrait l'instrument. Elles avaient donné lieu à un proverbe, rappelé par un vers du poète Perse-" : « Tu apprendrais plus vite la sambuque à un parfait imbécile! »
Le trigone. — L'historien Juba attribuait aux Syriens l'invention du trigone, connu en Grèce dès une haute antiquité-'. D'autres le disaient originaire de Phrygie.
Cet instrument ne différait guère du nable et de la sambuque que par l'adjonction d'un montant remplissant le même rôle que la colonne de nos harpes (Voir fig. 9o et 90). 11 était très répandu en Grèce et en Italie, où l'on désignait par son nom les instruments du même type.
Le kinnor. — Les habitants de la Syrie du Nord faisaient usage, à l'époque d'Abraham, d'instruments à cordes appelés kinnor-'-'. La Hible en faisait remonter la création à Juhal, cinquième descendant d'E- [ noch, fils de Caïn^». Ils paraissent avoir été très répan- ! dus en Syrie; quand l'Egypte, au xvin" siècle avant notre ère, s'imprégna de sémitisme, le mot passa
17. Atbesée, Deipnosopn., XIV. 635, III K.. p. 401. Scidas, 5ii4 voce 'ICuxo; et ïïaëùxT,. Porphyre, in Ploient. Harm., III.