J Chron., XV, 16. Voir Hébreux
9. Voir aussi fig. 93, 104, 108, 113, et Perrot-Cbipiez, Histoire de lArt, t. III, p. 388.
10. 'îAkSi-i.no, Histoire ancienne, I, p. 469. Voir fig. 101. It. Athénée, Deipnosoph., IV, 182 b, III K., p. 39S.
ii. Philémon, Comte. Grxc. fragm. IV, 14.
E.XCVCLOPÊDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIRE DU cn.XSEnVATOinE
Nous savons par Suidas que la plupart des esclaves musiciens en Grèce étaient d'origine barbare', et il ajoute que les hommes libres n'apprenaient pas à jouer de la tlûte, par mépris pour cet art. En effet, Plutarque disail bien baut : « On ne peut être tout à la fois bon joueur de fliUe et bon citoyen; un boinme qui se respecte doit même éviter de chanter avec art; » et il rapportait avec éloges ce mot de Philippe de Macédoine â son fils Alexandre : « Ne rougis-tu pas de chanter avec tant d'expression^? »
A liome, malgré les protestations des gens austères, les riches oisifs aimaient fort se sentir bercer par les sons de la cithare, quand la grosse chaleur leur faisait rechercher les frais omlirages de leurs vilIas''. Dès l'époque de Piaule, ils faisaient venir à grands frais d'Asie des joueuses de lyre, de flûte et de sambuque qui joignaient à leur talent musical une rare beauté'. Le grand empereur Hadrien aimait avoir des joueuses de sambuque pendant ses repas", et le collègue de Marc-Aurùle, Lucius Vérus, chargé d'organiser la défense des provinces d'Orient contre les Marcomans, les Vandales, les Sarmates et une foule d'autres Ijarbares, s'était laissé distraire de celle mission de confiance par les plaisirs qu'il trouvait, à Antioche, au milieu de joueuses de flûte et de lyre, d'histrions, de bouffons et de sorciers*^.
Ce goût n'était pas particulier aux classes élevées; si le fermier d'Horace regrettait Rome, c'était moins pour ses tavernes où l'on buvait frais que pour ses joueuses de flûte, aux airs desquelles il sautait lourdement'. Pour lui et ses congénères il y avait les umbubairc, femmes d'origine syrienne, qui vivaient de leur corps plus que de leur talent musical*. Elles habitaient au Cirque, pêle-mêle avec les mimes, les charlatans, les mendiants et les mauvais sujets'. Elles eurent cependant des protecteurs haut placés : le joueur de flûte Herraogéne Tigellius, dont la générosité exagérée était bien connue à Home et qui fut pleuré par tous les pauvres diables'", et l'erapeieur .Néron lui-même, qui, au dire de Suétone, se faisait fréquemment servir à table par des courtisanes de bas étage et des joueuses à'amhouh^^.
En Crèce, les aulètes arabes n'eurent jamais, eux non plus, une excellente réputation. On disait d'eux qu'il fallait une drachme pour les faire jouer, mais qu'une fois lancés ils ne s'arrêtaient pas pour moins de quatre '2. On avait fait de là une expression pioverbiale, aulètes d'Arabie, qui désignait les bavards que rien ne peut faire taire, et qui se trouve déjà dans Cantliaros et dans Ménandre'^(v<^ et iv= siècles av. J.-C).
Les Grecs et les liomains n'étaient pas les seuls à avoir le goût des artistes exotiques; Polybe raconte qu'un roi d'Egypte, Ploléniée Philopator, avait une vérilable passion pour les joueuses de sambuque : on lui faisait infiniment mieux sa cour en lui en procurant qu'en lui amenant les chevaux les plus beaux du monde'*.
Mais les musiciens de Syro-Phénicie purent constater la véracité du proverbe : Nul n'est prophète en son pays. In roi de Sidon, qui avait, disait-on, sur-