Ibid
passé tous les hommes par sa mollesse et sa vie de jouissances, faisait venir du Péloponnèse, d'Ionie et de toute la Grèce une foule de jeunes tilles, musiciennes, chanteuses et danseuses, pour animer les festins qu'il donnait à ses amis'''.
Que savaienl-ils, ces musiciens célèbres dans tout le monde connu des anciens? Par quels airs charmaientils les dilettantes de Grèce et d'Italie? Nous ne le savons pas, et probablement nous l'ignorerons toujours. Quant au rôle de la musique dans cette brillante civilisation, il ne diU^ère guère de celui que lui font jouer les autres peuples de la terre. Eux aussi, les Syriens croyaient se l'endre leurs dieux favorables en accompagnant leurs pi'ièies du son des instruments; eux aussi donnaient plus d'éclat à leurs cérémonies religieuses et à leurs fêtes en y faisant figurer des musiciens; eux aussi, enfin, trouvaient dans la musique le plus agréable des délassements.
Ainsi voit-on, sur une coupe chypriote, quatre femmes richement parées faire résonner flûte, cithare, sistre et tynipanon, tandis qu'une prêtresse fait monter vers la déesse les fumées de l'encens'^.
La mort d'Adonis, ce jeune dieu si beau, cruellement ravi à l'amour d'Astarlé, donnait lieu chaque année, dans tout l'Orient ancien, à de grandes fêtes. Les femmes promenaient dans les villes des simulacres en terre cuite ou en cire, pleurant et gémissant : >< Hélas! Adonis! » accompagnées par des musiciens, qui tiraient de leurs gingras des accents aigus, plaintifs et déchirants'". Cette coutume est restée si vivace qu'aujourd'hui encore, en Sardaigne, les fêtes de la Saint-Jean, qui se sont substituées à celles d'Adonis, sont célébrées au son des flûtes '".
Parfois aussi la musique se faisait complice de pratiques atroces. Tandis que les victimes lirûlaient vives sur les genoux ou devant la statue du dieu, le chant des flûtes ou l'éclat des trompettes couvraient leurs cris de douleur".
Après s'être entretenu seul à seul avec son Dieu au sein d'une nuée épaisse, au milieu des éclairs et des tonnerres, Moïse redescendit du mont Sinaï pour porter à Israël les tables de la loi. En approchant du camp, un bruyant tumulte frappa ses oreilles; son fidèle Josué s'écria, fort inquiet : « Le bruit d'un combat emplit le camp! — Ce n'est point, répondit Moïse irrité, un bruit de cris de victoire, ce n'est point un bruit de cris de défaite; c'est un bruit de cris de joie que j'entends ! «
En efl'et, pendant l'absence de leur ch'ef, les Hébreux avaient obtenu de la faiblesse d'Aaron qu'il leur laissât adorer un veau d'or; poussant des cris de joie, ils dansaient autour de l'idole-". Cette coutume se retrouve en Svro-Phénicie; on voit souvent des scènes